‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 212 sur 360 · ARLES. — ÉDIFICES PUBLICS · texte numérisé non relu

ARLES. — ÉDIFICES PUBLICS

cloître de Saint-Trophime, vrai chef-d'œuvre de l'art chrétien. Sa forme est celle d'un quadrilatère, au milieu duquel se trouve le préau. Il se divise en quatre galeries. Celle du midi, composée de quatorze arcades, date du xvie s. C'est la moins remarquable. A l'entrée s'élève la statue de saint Trophime. Celle de l'ouest est la plus belle. Bâtie ou plutôt reconstruite sous Pépiscopat de François de Conzié, à une époque où l'art chrétien avait atteint son apogée (1389), elle en est la plus poétique expression :

Cloître Saint-Trophime, à Arles.

ogives élancées, nervures éclatantes de vigueur, arêtes, broderies, festons, colonnettes couronnées de chapiteaux variés, voûtes qui, s'entr'ouvrant légèrement, glissent le long des murs et vont se perdre sur les colonnes et les piliers du portique, a tout le goût, dit M. Honoré Clair, tout l'idéal de Part gothique est là. C'est pour cette galerie que devrait être faite la boite d'or dont Mansart voulait protéger la Maison-Carrée de Nimes. » — Celle dePest, construite en 1221, par Hugues BSroard, appartient au

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style romano-byzantin. — Celle du nord, dont les voûtes sont à plein cintre, c plus rapprochée que les autres des temps de la primitive église, ajoute M. Clair, montre la pauvreté d'ornements, l'absence de luxe qui caractérisent les premiers édifices chrétiens. Sa construction parait remonter au ixe s., peut-être môme à une époque antérieure. »

C'est en 1826 seulement que ce beau cloître, enseveli depuis plusieurs années sous des ruines, a été déblayé et restitué à l'admiration des artistes.

Notre-Dame la Major ou Sainte-Marie Majeure est une ancienne et vénérable basilique, bâtie sur les ruines d'un temple deCybèle dont l'autel, découvert en 1758 dans les fondements du nouveau porche, se voit au musée. A l'épaisseur massive des murs, à la force des piliers et au contour cintré de quelques fenêtres murées, on reconnaît une œuvre de l'art roman ; mais elle a subi, à diverses époques, une restauration si complète qu'elle a perdu son caractère primitif. C'est dans cette église que s'est tenu, en 314, le célèbre concile qui condamna les Donatistes. Notre-Dame la Major possède une stitue de la Vierge par le sculpteur romain Monti, une cuve baptismale qui se compose d'une coquille de marbre vert antique, et, entre autres saintes reliques, la tête de sainte Rusticule et les sandales de saint Césaire.

Au sortir de Notre-Dame la Major, en suivant la rue de la Magdeleine, on rencontre une chapelle romane, Sainte- Magdeleine, élevée par saint Césaire à la mémoire de la sainte pénitente de la Baume. C'est aujourd'hui une écurie. L'abside seule a conservé sa forme primitive.

Vancienne abbaye des Dames de Saint-Cèsaire, fondée par saint Césaire en 513, est aujourd'hui desservie par les religieuses dominicaines. 11 ne reste de l'édifice primitif que deux chapelles, l'une dite de Saint- Jean, réduite, comme Sainte-Mogdeleine, à l'hémicycle extérieur de son abside, l'autre dite de Saint- Biaise ou Saint-Césaire , bâtie en 1005, agrandie en 1280 par les Porcelets, noble famille dont les armes sont sculptées dans les murs extérieurs, et restaurée en 1859.

Non loin de l'abbaye, dans la rue de ce nom, à droite, on remarque une maison basse, dont la façade est ornée d'une statue

de la Vierge : c'est la Maison des Saints, où saint Trophime reçut, selon une ancienne tradition, saint Paul et saint Jacques.

L'église de Saint-Antoine , consacrée, en 1119, par le pape Calixte II, rebâtie en 1647, sur un plan gothique, avec une façade grecque, ne doit sa célébrité qu'aux reliques du grand patriarche des anachorètes, saint Antoine.

L'ancienne chapelle de Notre-Dame de l'Assomption est aujourd'hui une maison particulière. On y voit encore une voûte gothique, ou plutôt, suivant l'expression de M. H. Clair, « un ciel d'étoiles, de feuillages et de ciselures, qui font de ce fragment un vrai chef-d'œuvre d'art. »

Toutes les autres églises d'Arles ont été converties depuis 1789 : celles des Prêcheurs , de Saint-Paul et de Saint-Laurent, en greniers à foin; celle de Saint-Isidore , en un cabaret à l'enseigne du Bras d'or; celle de Saint-Claude, en remise; celle de Saint-Martin, en atelier de menuiserie ; et celle de Sainte-Croix, si remarquable par son clocher gothique, en salle de danse.

Le Palais de justice, reconstruit en 1200, n'a conservé de sa reconstruction que les murs de la façade septentrionale. Une porte à plein cintre, une couronne de créneaux, «voilà, dit M. H. Clair, tout ce que le temps a laissé de ce vieux palais, dont les salles ont successivement reçu les serments des rois d'Arles, des consuls et des podestats de la République. »

L'Hôtel de ville a été bâti en 1673-1675, d'après le plan de l'architecte Peytret, corrigé par Mansart. C'est un assez bel édifice, dont les deux façades principales sont décorées de médaillons représentant les six premiers rois d'Arles. Il renferme la bibliothèque publique qui se compose d'environ 9000 volumes, e un riche cabinet d histoire naturelle. Dans le principal corps de bâtiments se trouve engagée la Tour de l'Horloge, bâtie en 1553; elle est surmontée d'une coupole à jour de bon goût, au-dessus de laquelle a été érigée une statue de Mars, appelée YHomme de bronze, et fondue, en 1555, par Laurent Vincent, d'Avignon ; cette statue a 2 mèt. 30 cent, de hauteur au-dessus du piédestal, et pèse 12 quintaux 22 livres; elle fut payée à raison de 8 sous tournois la livre. Pendant la Révolution, les Monnaidiers (démocrate? d'Arles) essayèrent en vain de l'abattre pour la convertir en gros

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sous. Depuis ce temps, elle est légèrement inclinée sur son piédestal.

Parmi les anciennes maisons de la Renaissance, nous signalei ons : l'hôtel Nicolay, l'hôtel Saint-Roman, l'hôtel Datty qui offre de belles sculptures du xvie s., et surtout l'hôtel Artaud, où l'on remarque une belle frise représentant des scènes grotesques.

Musée. — Collections particulières.

Situé à droite de l'hôtel de ville, dans l'ancienne église ogivale de Sainte-Anne, le musée d'Arles est riche en fragments de sculpture de toutes les époques.

A l'entrée s'élève une belle colonne de granit, retirée des ruines de l'abbaye de Saint-Césaire , et dédiée à l'empereur Flavius Valérius Constantin, fils de Constance.

Parmi les tombeaux païens, on remarque celui d'Hydria Tertulia et de sa fille Axia OEliana; mais il n'en reste que la frise et deux bustes de femmes.

D'autres tombeaux sont ornés de bas-reliefs représentant des instruments de musique; — Apollon au milieu des Muses; — une Chasse au cerf et au sanglier; — la Cueillette des olives. Ce dernier surtout est fort curieux. Treize enfants légèrement drapés sont occupés à faire la récolte de ce fruit. — Citons encore le tombeau Ce Messanius, chef des Utriculaires d'Arles; celui de la jeune Chrysogone, qui se compose de deux arcades soutenues par des colonnes corinthiennes à cannelures torses; sous chacunq des arcades est une tôte de Méduse; — celui de Cornelia Jacœa, l'un des plus riches que possède le Musée; celui de la jeune Lusine, etc

Parmi les sarcophages chrétiens, on remarque : 1° celui du prêtre Concorde, portique soutenu par deux colonnes à cannelures en spirales, et couronné aux deux extrémités de frontons représentant Jésus-Christ assis sur un siège, les pieds posés sur un escabeau. Sur le devant sont les douze apôtres, et derrière £ux, dans les entre-colonnements, une foule nombreuse.

2° Celui de saint Hilaire, évôque d'Arles, dont il ne reste que le couvercle ayjec une courte inscription. Autour sont gravés un nœur, une urne, uni croix et deux colombes,

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