‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 217 sur 360 · LA CAMARGUE · texte numérisé non relu

LA CAMARGUE

perdre dans la Méditerranée au point où s'élève aujourd'hui le phare de Faraman, en visitant dans ses sinuosités Amphoux, Tourvieille et Saint-Genest. Mais en 1712 il abandonna ce lit, qui porte actuellement le nom de canal du Japon, et prit, à l'E., la direction actuelle que des travaux d'endiguement, exécutés depuis, ont rendue définitive.

Le petit Rhône, qui débite environ le cinquième des eaux du Rhône, c'est-à-dire 120 mèt. cubes par seconde, passe au pied de la colline de Saint-Gilles et va se jeter dans la Méditerranée, au Grau d'Orgon, à 3 kil. à l'O. des Saintes -Maries. Il coulait autrefois plus à l'O. et empruntait le lit du Rhône Mort, c'est vers le xvie s. qu'il commença de se jeter dans le canal actuel. Entre le petit Rhône et le canal Sylveréal, qui suit à peu près le Rhône Mort, s'étend le delta de la petite Camargue, autrefois appelée forêt de Sylveréal. et semblable en tout à la grande Camargue.

Comprise dans le départ, des Bouches-du-Rhône, la Camargue offre une superficie d'environ 75 000 hectares, superficie qui s'accroît tous les jours, grâce aux débris que le fleuve arrache incessamment aux puissantes chaînes de montagnes d'un bassin de 10 millions d'hectares. Les alluvions, en s'amoncelant peu à peu autour d'un point d'appui quelconque, et, en particulier, autour des débris de navires naufragés, forment à la longue des lies appelées Theys, qui, elles-mêmes, ne tardent pas à se réunir au continent. C'est surtout vers le S. E. que s'étend le delta. De ce côté, l'empiétement est très-sensible. Depuis 1737, époque où la lour Saint- Louis fut construite sur l'ancien rivage, les atterrissements du Rhône se sont étendus de près de 6 kil. en mer.

La Camargue est entrecoupée par une infinité de marais, de canaux, d'étangs, dont le plus vaste est celui de Vabmpès, long de 12 kil., et offrant une superficie de 12 000 hectares, en y comprenant d'autres étangs plus petits, et de 21 000 hectares, en y ajoutant des marais. L'étang de Valcarès est séparé de la Méditerranée par une digue continue de 2 mèt. de hauteur, coupée de pertuis qui se ferment pour empêcher la mer de refluer dans l'étang et par lesquels aussi celui-ci se dégorge à mer basse.

Le cinquième environ de la Camargue est cultivé. Le sol,

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offrant une profondeur de terre végétale considérable, serait d'une extrême fertilité s'il n'était chargé outre mesure de chlorure de sodium, résultat de son séjour sous les eaux de la mer; aussi, partout où l'irrigation lui a enlevé cet excès de salure, est-il d'une rare fécondité. Il produit, année moyenne, 80 000 hectolitres de blé et pourrait en produire dix fois plus. De gras pâturages y nourrissent 110 000 bêtes à laine, 600 bêtes de trait, 700 taureaux sauvages et 1300 chevaux qui descendent, dit-on, de ceux que les Sarrasins laissèrent dans la contrée. Ces chevaux sont pleins de feu, rapides, hardis; mais, sauf leur petitesse, ils ne paraissent pas avoir beaucoup de rapports avec les chevaux arabes.

On a fait à la Camargue une réputation d'insalubrité exagérée, les causes de cette insalubrité étant tout accidentelles et pouvant disparaître au moyen de travaux intelligents. Ces travaux, qui sont étudiés depuis longtemps , feraient de cette région le jardin de la France.

La Camargue est partagée en deux communes seulement : Arles (57 000 hect. env.) et les Saintes-Mariés de la Mer (18000 hect.).

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