LA CAMARGUE
Des étymologisles hardis font dériver le nom de Camargue des mots latins Caii Marii Ager, champ de Caïus Marius, et en conséquence attribuent au grand général romain la bifurcation du Rhône, œuvre qu'il est plus simple et plus scientifique de laisser au compte de la nature.
A 1500 mèt. environ au-dessus d'Arles, le Rhône se sépare, en effet, en deux bras : le grand Rhône à TE., et le petit Rhône à PO. Le grand Rhône, qui est la seule branche navigable du fleuve, va baigner Arles, et, roulant à l'extrême étiage environ 480 mèt. cubes d'eau par seconde, soit les quatre cinquièmes de la masse totale du fleuve, se dirige vers la Méditerranée par une ligne presque droite, du N. 0. au S. E. D'Arles à la mer, le Rhône coule entre deux régions qui semblent désertes, mais où s'élèvent de grandes fermes qui apparaissent de loin en loin entre les arbres de la rive. Les seuls points où la population se montre plus pressée sont, sur la rive dr., à 32 kil. d'Arles, Chamone, qui contient seulement quelques chétives cabanes, et, sur la rive g., 8 kil. plu» bas, la Tour Saint-Louis ou plutôt le Port Saint-Louis (V. ci-dessous). Dans toute cette partie de son cours, la largeur du Rhône, la lente majesté avec laquelle coulent ses eaux, la sévère beauté de ses rives ombragées de grands arbres qui forment un rideau non interrompu de verdure, l'imposante grandeur des horizons qui s'ouvrent à chaque instant, lui donnent la physionomie des grands cours d'eau de l'Amérique.
Le grand Rhône gagnait primitivement la mer plus à PE., par une route plus directe, en suivant le cours de ce que l'on appelle aujourd'hui le Bras Mort, chenal qui débouche dans Yétang de Galéjon, et avec lequel communiquaient les fosses de Marius. A une époque plus récente, il coulait à PO., puis au S., et venait se