‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 222 sur 360 · D'ARLES A MARSEILLE · texte numérisé non relu

D'ARLES A MARSEILLE

Au sortir de la station d'Arles, au delà des Alyscamps et des beaux ateliers du chemin de fer, on passe sur un remblai long

Le viaduc d'Arles.

de kk mèt. kO cent., qui précède le grand viaduc d'Arles. Jeté sur le canal du Vigueirat et sur les marais voisins, le grand viaduc d'Arles a nécessité de difficiles travaux , à cause de la nature tourbeuse du sol. Sa longueur est de 769 mèt.; il se compose de 31 arches de 21 mèt. de largeur et de 8 mèt. d'élévation, reposant sur des piles de 3 mèt. d'épaisseur. A gauche, est l'ancien pont de Crau, composé de 57 arcades, au-dessus duquel un aqueduc, long de 662 mèt. et soutenu par 94 arcades à plein cintre, reçoit les eaux du canal de Craponne.

Côtoyant à g. le canal, la voie ferrée s'éloigne, à dr., du canal de navigation de Bouc; puis elle entre au sortir d'une tranchée, dans une plaine de cailloux roulés, qu'elle parcourt en droite ligne, sur un remblai. C'est la Crau (campus lapidem des Rq*

mains, et plus tard campus cravensis ou cravus, en provençal craou, champ pierreux).

Cette plaine, ou plutôt cette autre Arabie pétrée, comme l'appelle un Arlésien, est comprise entre les Alpines et la mer, le Rhône et les étangs de Martigues; elle a 200 kil. carrés de superficie. Son niveau s'élève, par une pente uniforme, depuis la mer jusqu'à 30 ou 40 mèt. de hauteur environ.

Hercule revenant de l'Ibérie, où il était allé enlever les génisses de Géryon, fut arrêté dans cette plaine par deux géants, Albion et Belgion ou Bergion, fils de Neptune. Ayant épuisé con-

La Crau, entre Arles et Marseille.

tre eux ses flèches, il invoqua Jupiter qui écrasa ses adversaires sous une grêle de cailloux. Telle serait, suivant la fable racontée par Pomponius Mêla, l'origine des cailloux de la Crau.

D'après la science moderne, « la Crau était originairement un golfe parsemé d'îles, où se rendaient les eaux du Rhône, de la Durance et peut-être aussi celles de la Touloubre. Plus tard, la mer se souleva, envahit toute cette région, étendit les galets charriés par ces rivières et déposa au-dessus le grès calcaire coquillier qui recouvre toutes les collines de la région des étangs. La mer se retira ensuite des parties les plus hautes, mais elle

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