MARSEILLE. — RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
glacier, le café Turc; le café des Mille-Colonnes, orné de belles peintures et fréquenté par les capitaines au long cours; le café des Deux- Mondes; le café de France, l'un des plus grands de Marseille; le café de l'Univers ; le café Bodoul, l'un des mieux fréquentés de la ville ; le café des Quatre-vingt-six Départements; le café du Panthéon; le grand café d'Orient, où l'on voit beaucoup de Grecs; le café de Venise, rendezvous des Italiens, et les deux cafés-concerts de l'Alcazar et du Casino.
Bains : d'Orient, les mieux tenus (place Noailles) ; de la rue du Baignoir, les premiers qui furent établis à Marseille; Poly thermes, rue Paradis, 77 (on y prend des bains de vapeur, des bains de douches et des bains à la manière orientale) ; bains Athéniens, rue de la Palud ; d'Arcole, rue d'Arcole; bains de mer des Catalans, nouvellement établis dans l'anse de ce nom.
Un établissement thalassa-thérapique complet a été édifié, dans les bains des Catalans, pour le traitement des malades par l'eau de mer. Une galerie de cabinets destinés aux bains chauds contient 50 baignoires dans lesquelles l'eau de la mer arrive à tous les degrés de lotion et de concentration exigés par la nature de la maladie. Une machine à vapeur élève dans un grand bassin, au sommet d'un coteau, l'eau de mer qui peut ainsi arriver avec une pression de 14 mètres. L'hydrothérapie contient pour chaque sexe une grande salle de douches en pluie, à colonne, enveloppantes, écossaises, ascendantes, mobiles. A côté de la grande salle ont été installés des cabinets de sudation, à vapeur sèche et à vapeur humide, des vestiaires et une grande piscine. Au devant de l'établissement se trouve réservée une portion de la plage uniquement affectée aux malades.
A côté de l'établissement des bains proprement dit s'élève un vaste hôtel avec logements de familles, tables d'hôte, salons, journaux, ouvert toute l'année.
Bains Phocéens, avec de beaux jardins, à Montredon ; bains de la Méditerranée, à 2 kil. de la ville, en sortant de la porte d'Aix, et dans la direction d'Arenc. Il y a un restaurant et des appartements pour les baigneurs qui voudraient y passer une saison. — Bains d'eaux minérales des Camoins, à 8 kil. de Marseille : ces eaux s'emploient pour les maladies scrofuleuses.
Poste aux lettres : Bureau principal, rue de Grignan, 53; 22 boîtes supplémentaires dans les principaux quartiers. Le bureau de la poste restante est ouvert tous les jours, de 7 h. du matin à 7 h. du soir.
Télégraphie privée : rue Pavé-d'Amour, 10; bureaux annexes : rue Sylvabelle ; nouvelle préfecture ; place de la Joliette.
Poste aux chevaux : rue La Fayette, 8.
Banque de France [succursale) : rue Montgrand, 33.
Journaux politiques et commerciaux : Le Sémaphore de MarseilU
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(paraissant six jours par semaine); la Gazette du Midi (également); le Courrier de Marseille (tous les jours); le Nouvelliste (id.); la Publicité (tous les jeudis); le Messager de Provence (3 fois par semaine); VÉcho de Marseilley littéraire, artistique, théâtral (tous les dimanches); la Semaine liturgique (tous les samedis); la Presse du Midi (id.) ; la Bévue de Marseille (une fois par mois) ; Journal de jurisprudence commerciale et maritime (id.); le Plutarque provençal (une fois par mois); Revue horticole des Bouches-du-Rhône (id.).
Cabinets littéraires : Camoin frères, rue Saint Ferréol, 4; — Meunier, rue de la Darse, 1; — Mme Dutertre, place Royale, 3 ; — Lamorte, quai du Port, 42; — Esparron, rue Jeune-Anacharsis, 5;— Arrau cadet, rue Saint-Ferréol , 1 .
Libraires: Arrau cadet, Bérard, Camoin (Etienne), Ceyras, Mmes Dutertre, Esparron, Lamorte, Mengelle, Rostolan.
Situation. — Aspect général.
Marseille, l'antique cité des Phocéens, la première ville maritime de la France, aujourd'hui le chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône, est située par 3° 2' 3" long. E., et 43° 17' k* latit. N., à 1 mèt. 50 cent, d'altit., au fond d'une baie formée à l'E. parle golfe de Provence. Sa population s'élève à 260 910 habitants.
La forme de Marseille est à peu près celle d'un fer à cheval dont l'échancrure assez restreinte est dessinée par le port, l'un des côtés par la vieille ville, et l'autre côté, ainsi que la section de cercle supérieure, par la nouvelle ville. La création de nouveaux quartiers, le long des bassins de la Joliette, du Lazaret et d'Arenc, modifie sans cesse cette forme générale, en y ajoutant un vaste appendice vers le N. 0.
De larges boulevards, bordés de belles maisons, descendent de la g3re à la Cannebière. Cette rue, que nous décrivons plus bas, conduit à l'ancien port qui, bien qu'il ne soit plus « émaillô comme il y a quelques années par les costumes pittoresques de l'Orient, » n'en a pas moins une physionomie originale, c On se trouve là, a dit Stendhal, au quartier général de plusieurs centaines de portefaix, gens qui se font compter à Marseille ; on les voit occupés à embarquer ou à placer sur des charrettes des marchandises de tous les pays; c'est un spectacle réjouissant. On voit une foule de petites barques élégamment pavoisées en toile de
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coton, avec des ornements rouges, et tous leurs patrons crient à la fois pour vous offrir une promenade sur mer; mais cette mer on ne l'aperçoit point (l'entrée du port s'ouvre à droite), et le port a l'air d'un petit lac encombré de navires. »
A l'extrémité du port, au pied du fort Saint-Jean qui en défend Pentrée, on voit s'ouvrir un magnifique horizon : t c'est la mer ! la mer immense, tachetée de blanc par les voiles des navires et des petites barques qui sautillent légèrement d'une vague à l'autre; c'est le château d'If qui surgit tout à coup sur son roc, impassible au milieu du perpétuel balancement des flots. De l'autre côté, c'est une immense et haute digue, jetée à la mer par la main de Dieu, des rochers arides, les crêtes pelées du Margiou. Ces rochers, dernières exubérances des Gévennes, décrivent une vaste courbe et vont, en s'abaissant graduellement, s'abîmer sous les vagues. Au fond de Panse à laquelle ils servent de limite et de parapet, s'étendent les nouveaux ports de la Joliette »
Bâtie en amphithéâtre sur un terrain pierreux, Marseille se divise ou plutôt se divisait en deux parties distinctes : la vieille et la nouvelle ville.
La vieille ville, enchevêtrement de ruelles sombres, sales, escarpées, tortueuses, mal pavées, aboutissant à des places étroites, et bordées de masures sordides, chancelantes et malsaines, était circonscrite par la Cannebière et l'ancien port au sud, la mer et les nouveaux bassins à Pouest, le boulevard des Dames au nord, la rue d'Aix et le cours Belzunce à Test. Siège de l'industrie mais, en même temps, refuge de la misère et de la débauche, l'antique fille de Phocée ne pouvait être comparée qu'au Ghetto romain. « C'est là, disait alors Méry, qu'habite le Marseillais de pure origine ; c'est là qu'il parle sa belle langue faite de grec et de latin, et qu'il garde les antiques souvenirs, les croyances héréditaires et les chères superstitions. » — En dehors de l'attrait qu'il pouvait trouver à faire des études de mœurs, l'étranger n'était attiré dans ce quartier que par quelques monuments : le Palais de Justice, PHÔtel-Dieu, l'Hôtel de Ville, l'Évêché, l'Observatoire, la Halle aux poissons, bâtie par Puget, quelques maisons