‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 249 sur 360 · MARSEILLE. — ENVIRONS · texte numérisé non relu

MARSEILLE. — ENVIRONS

L'Estaque par les Aygalades (5 à 6 h., aller et retour, V. p. 168 sus pour le trajet en chemin de fer). — Sortant de Marseille par le faubourg Saint-Lazare, on laisse bientôt à g. la route d'Aix pour prendre à dr. un chemin qui conduit à la Belle-de-Mai, hameau où a été récemment construite une vaste caserne. Saint-Barthélémy (3 kil.) possède une maison de santé desservie par les frères de Saint-Jean-de-Dieu. 3 kil. plus loin, après avoir croisé le chemin de fer de Lyon , on prend à g. un chemin de grande communication, près de la magnifique propriété de Sainte-Marthe, appartenant à M. Armand, et du milieu de laquelle s'élève une tour octogone de 35 mèt. de hauteur, surmontée d'une statue colossale de la Vierge. Cette tour sert de signal aux marins qui l'aperçoivent de la pleine mer. A côté a été construite une chapelle romane, qui sera prochainement desservie par des Lazaristes. Au milieu des pins et des rochers qui l'environnent, se trouve un ermitage pittoresque.

En se dirigeant au N. 0. vers les Aygalades, on passe près du château de Saint-Joseph, et l'on entre dans la vallée des Aygalades, qui, du côté de Marseille, offre de fort belles vues et de frais ombrages. On y remarque le château des Aygalades, qui fut longtemps la demeure de Barras et qui appartient aujourd'hui à la famille de Gastellane. Le château de Fontanieu, situé en face sur la hauteur, est ainsi nommé à cause des sources qui l'avoisinent.

Sur la rive dr. du ruisseau des Aygalades, près du village de ce nom (7 kil. 1/2), s'ouvre, dans un rocher à pic, une grotte composée de plusieurs salles creusées, dit-on, par un solitaire qui consacra plusieurs années à ce travail : c'est Yermitage des Aygalades; il mérite une visite, et les environs en sont très-pittoresques.

A TO. de la vallée, sur l'une des plus hautes croupes de la chaîne de TEstaque, au milieu d'un bois de pins, se dresse (9 kil.) le château des Tours, dont les constructions gothiques ont été dénaturées par des restaurations modernes. Des balcons de cette demeure princière (elle appartient aujourd'hui à M. de Foresta), on découvre une vue magnifique.

A k kil. se trouve l'ancien château du roi René, où ce prince se consolait de la perte de ses royaumes en faisant de la musique et

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en entretenant avec soin une magnifique galerie 'de tableaux et d'abondantes réserves de cailles.

Du château des Tours, il faut gagner le vallon de Séon Saint- André, Séon Saint-Henri et l'Estaque, l'un des plus accidentés des environs de Marseille. Ce vallon produit des vins d'une qualité supérieure. La nature du sol y a fait aussi établir de nombreuses tuileries et briqueteries. Chaque année, pendant les mois d'août et de septembre, les pêcheurs se livrent, dans le golfe de l'Estaque, à la pêche du thon, l'une des plus importantes de la Méditerranée. Cette pêche s'exécute au moyen de madragues, grands parcs formés par des filets et câbles disposés en compartiments jusqu'auprès des côtes.

Si l'on revient de Séon Saint-Henri à Marseille le long du rivage, on trouve , entre le monticule Saint-Louis et le hameau nommé Madrague de la Vï//e, de nombreux établissements industriels, parmi lesquels se font remarquer des hauts fourneaux appartenant à M. Mirés.

Saint-Julien (5 kil. N. E.) est le point le plus élevé du territoire marseillais; on y jouit d'une belle vue sur la campagne et sur la mer. Cette excursion mérite d'être particulièrement recommandée.

Les Camoins (9 kil. E.) possèdent des eaux minérales froides très-estimées (bains, douches, boissons, vapeur) et un bel établissement de bains.

Au S. de Marseille, au delà de la riche vallée de l'Huveaune, il faut visiter (4 kil.) la villa Borelly, magnifique propriété appartenant à la ville de Marseille et remarquable surtout par ses richesses artistiques. Elle possède, en effet, entre autres tableaux : les Œuvres de miséricorde, un jeune garçon et une jeune fille, par Murillo; — des paysages de Ruysdaël et de Berghem; — le portrait d'un cardinal, par Paul Véronèse; — une Judith, de Giorgione; — un Fumeur, par David Teniers; — un portrait d'homme, par Rubens; — Jésus-Christ dans le jardin des Oliviers, par Trevisano; — une marine, de Vernet; — une Sainte Famille et un portrait de cardinal, par le Tintoret; — la Prière à la Vierge, du

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