MARSEILLE. — JARDIN ZOOLOGIQUE
conscrivent la banlieue de Marseille, et dont les cimes dentelées se dessinent sur le bleu du ciel. Au N., c'est la chaîne grisâtre et terne de l'Étoile; du côté du levant se dressent les cônes bleuâtres du Saint-Piion et du Baou de Bretagne; au S., les collines de Saint-Cyr présentent leurs masses imposantes, à demi voilées par un sombre manteau de verdure que déchirent les rochers, et revêtues des teintes resplendissantes du soleil couchant. Les cimes abruptes et dépouillées de Marsillo à Y être (V. ci-dessous, prolongent cette chaîne pittoresque, et le pic de Notre-Dame de la Garde, plus rapproché, projette sa silhouette grisâtre sur le fond lumineux de cet immense tableau. Au pied de cette colline apparaît Marseille, avec ses quarante -huit mille maisons agglomérées, et plus loin, vers le couchant, la Méditerranée, avec ses lointains infinis. »
Parmi les curiosités de ce jardin, dont les arbres donnent déjà un ombrage suffisant et dont la flore est des plus riches, nous signalerons : — le bassin de la porte d'entrée, contenant une belle collection de flamants roses ; — plusieurs parcs renfermant des familles d'animaux exotiques (chèvres angoras, cachemires et nubiennes, cerfs, daims, bubales, etc.) ; — une ménagerie d'animaux carnassiers; — une volière, entourée d'un double escalier qui conduit au logement de la girafe, construit dans le style des marabouts algériens, au milieu d'une plantation de palmiers dont le plus remarquable atteint 6 mèt. de hauteur; — un grand bassin, où se trouve réunie une collection complète d'oiseaux aquatiques; — une belle cascade, etc.
Un pont jeté sur le boulevard fait communiquer la première partie du jardin avec l'annexe, où l'on remarque l'aqueduc qui amène à Marseille les eaux de la Durance {V. p. 185).
A l'extrémité de ce pont, un grand parc , orné de constructions rustiques, renferme un troupeau de gazelles et d'antilopes d'Algérie, de mouflons, d'anis, etc. — Deux grandes cages symétriques, formées de blocs de rochers et précédées d'un large préau, sont habitées, l'une, par des panthères, des léopards, des jaguars; l'autre, par des ours. Une fosse, creusée entre ces deux cages, est réservée à un rhinocéros. Plus loin, un éléphant occupe un pavillon représentant une pagode indienne.
DE LYON A MARSEILLE
Tout à côté du Jardin zoologique, dont elle doit reprendre possession, la ville de Marseille a fait récemment établir une nouvelle promenade publique qui s'y relie, et à laquelle on arrive par un bel escalier. Cette promenade, située sur le bassin d'épuration des eaux de l'aqueduc, sera successivement agrandie par des achats de terrains.
Cimetières.
Le principal cimetière de Marseille est celui de Saint-Charles (derrière la gare du chemin de fer). Plusieurs tombeaux s'y font remarquer par leur style à la fois élégant et sévère. Destiné à disparaître prochainement à cause de sa situation trop centrale et de sa proximité de la gare du chemin de fer, il a aujourd'hui un rival sérieux dans le cimetière Saint-Pierre.
Excursions.
La banlieue de Marseille perd chaque jour davantage son ancienne et pittoresque physionomie. Les eaux de la Durance, amenées par l'aqueduc, portent partout la fertilité dans la campagne naguère aride et poudreuse. Les grandes propriétés disparaissent de toutes parts, pour être remplacées par de petits enclos où s'élèvent d'innombrables bastides, « Chaque citoyen, dit Méry, possède son arpent de terre au soleil; l'ouvrier qui n'est pas assez riche pour se donner quatre murailles ornées d'un toit à tuiles rouges et de quatre pins à cigales, se donne le cabanon. » Dans toutes les bastides de Marseille il y a un poste. Un poste est un cabanon recouvert de feuillages et percé de meurtrières, où se cache le chasseur, muni d'appeaux pour attirer les oiseaux et les tirer à son aise. Car tout Marseillais est chasseur, bien que le gibier soit presque aussi rare aux alentours de Marseille que dans la plaine S iint-Denis, le rendez-vous des chasseurs parisiens. De quelque côté que l'on se dirige dans la campagne, on ne voit» sur une grande étendue, que bastides, cabanons et postes, entre les gros villages de 2 à 3000 âmes qui composent la banlieue proprement dite et dont plusieurs sont aujourd'hui réunis à la commune de Marseiue. Nous allons indiquer cependant quelquesunes des excursions les plus intéressantes.