LA CIOTAT
Au premier rang des établissements industriels de la Ciotat sont les ateliers maritimes des messageries impériales, fondés en 1851 par M. Pons-Peyrenc et Cie, de Toulon, pour la construction et la réparation des machines à vapeur et pour la construction des coques de navires soit en bois, soit en fer. C'est dans cette usine, achetée depuis par la Compagnie des Messageries, « qu'ont été construits, dit M. Oct. Teissier (Dictionnaire du Commerce et de la Navigation), un grand nombre de navires pour l'État et pour les diverses compagnies de navigation de Marseille. On y construit les navires à vapeur destinés aux services transatlantiques et du Levant. Elle emploie 1600 à 1800 ouvriers. Elle produit environ 2000 à 2500 chevaux-vapeur par an , coques et machines comprises, d'une valeur de 3000 à 3500 fr. par cheval (constructions commerciales); soit 6 à 9 millions de travaux, sur lesquels la main-d'œuvre entre pour 2 millions environ. »
Jadis la Ciotat fabriquait des vins muscats, vantés par Chapelle et Bachaumont dans leur Voyage. Aujourd'hui, de ses collines, autiefois plantées de vignes, s'extraient des pavés expédiés en grande quantité à Marsoille pour Alger.
A 5 kil. N. E. de la Ciotat, à g. de la station, sur un coteau en partie baigné par le toirent du Caouné, est situé le village de Ceyreste (729 hab.), l'ancienne Cœsansta (Canari* Statio). où César plaça, dit-on , le quartier des soldats malades, pendant la conquête de la Provence. On y voit encore les remparts du village romain et les ruines du castrum qui servit de poste avancé pour surprendre les Liguriens. Au sommet d'un mamelon s'élève un massif de constructions formant un polygone irrégulier. C'était une tour d'observation f démolie par le duc d'Épernon en 1592. Hors du village, se trouve une fontaine d'origine romaine (?); c'est un joli bassin, construit en grandes pierres de taille, et recouvert d'une voûte sur laquelle est établi un toit angulaire en larges dalles. Les restes de l'ancien castrum et la fontaine de Ceyreste sont classés parmi les monuments historiques.
On contourne le golfe des Lecques, en se rapprochant de la mer. Avant d'atteindre le hameau qui donne son nom à ce golfe, la voie ferrée sort du département des Bouches- du-Rhône pour entrer dans celui du Var.
9e STATION. — SAINT-CYR.
7 kiL de la Ciotat. - 44 kil. de Marseille. — 908 kïl. de Paris.
Saint-Cyr, v. de 2003 hab., situé au milieu d'une plaine riche et fertile, doit son origine à une ancienne chapelle de Sanctus Quiricus ou Cyrïcus, San Céris en provençal. On venait autrefois y invoquer ce saint contre le mal de la teigne ou rasquo.
A 2 kil. S. de Saint-Cyr, en face de la Ciotat, à l'embouchure du , ruisseau des Baumelles, aujourd'hui obstruée par le sable, se trouvait autrefois la ville de Tauroentum, fondée par les Pnocéens et dont le port reçut la flotte de Nasidius, lieutenant de Pompée, et celle des Massaliotes, pendant le siège de Marseille par Jules César. Sous la domination romaine, elle s'embellit de nombreux monuments, t De belles mosaïques et de larges quais avec leurs anneaux d'airain, des marbres rares, des thermes et des promenoirs, des peintures à l'encaustique et des ornements nombreux trouvés dans les ruines de Tauroentum attestent, dit M. Meyer, sa grandeur évanouie. » Malheureusement la mer a envahi peu à peu ces débris et les a recouverts do sable.
A k kil. N. E. de Saint-Cyr, s'élève en amphitl) 'âtre, sur un mamelon rocheux, la Cadière, V. de 2246 hab., qui a conservé de ses anciennes fortifications une double muraille formant enceinte continue autour d'un château en ruine (xi8 s.). V église, consacrée à saint André, date du xvie s. Du haut de sa tour massive, on découvre un vaste panorama.
Le chemin de fer décrit une grande courbe vers le S. A. drM on embrasse d'un seul coup d'œil la plaine fertile qui sépare le chemin de fer de la mer, le golfe des Lecques, la Ciotat, son lie et son cap. Au delà d'un remblai de 180 000 mèt. cubes, on passe dans une tranchôé, puis dans le tunnel dt Saint-Cyr (370 mèt.). Au sortir d'autres tranchées, on aperçoit la mer dont on s'est rapproché, Bandols, l'île et la baie du môme nom.
10e STATION. — BANDOLS.
7 kil. de Saint-Cyr. - 51 kil. de* Marseille. — 915 kil. de Paris.
Bandols, v. de 1880 hab., situé au fond d'un golfe, possède : un port, d'un accès facile , mais peu profond ; une consigne ; un
23ft DE MARSEILLE A TOULON
petit chantier de construction ; une place ornée d'une fontaine avec un jet d'eau; un joli quai ombragé de mûriers; et un vieux château, sur les glacis duquel ont été établies des batteries pour la défense du littoral.
Eandols jouit d'un climat fort doux, et se livre à la fabrication des tonneaux et au commerce des vins provenant des vignobles du Buusset, de la Cadière, du Castellet et de Saint-Cyr. Ces vins, qui supportent parfaitement la mer, sont expédiés jusque dans l'Inde, le Brésil et la Californie.
Le chemin de fer n'est séparé de la mer que par une petite route. Décrivant une courbe au S. E., il franchit le ruisseau d'Arenc sur un beau pont-viaduc, long de 180 met., haut de 27 met., et composé de 9 arches à plein cintre, puis, au delà des ravins de la Morvenède et de la Gorguette, il s'éloigne de la mer.
Il* STATION. — OLLIOULES-SAINT-NAZ4IRE.
7 kil. de Bandols. — 58 kil. de Marseille. — 922 kil. de Paris.
La station d' Ollioules-Saint-Nazaire dessert les deux villes dont elle a pris le nom.
Saint-Nazaire (aub. de la mère Courau), V. de 2525 hab., est située à dr. et à 3 kil., au fond d'une petite anse et au pied d'une colline qui porte l'ancienne chapelle de Notre-Dame de Pitié, en grande vénération parmi les marins. Une haute tour carrée domine la ville. Le port, précédé d'une grande rade , présente une superficie de 55 600 met. et peut recevoir des navires de 3 mèt. 50 cent, de tirant d'eau. Ses quais se développent sur une longueur de 560 mèt. Il est question de prolonger le môle, afin de défendre plus efficacement le bassin intérieur contre la houle du large. En 1707, Saint-Nazaire résista à la flotte anglo-sarde et la contraignit a se retirer.
Ollioules (aub. chez Trotebas), ch.-l. de c, V. de 3360 hab., est bâtie à 3 kil. 1/2 env. à g. de la station, dans une cnarmante vallée arrosée parla Reppe, et à la base de rochers abrupts qui la protègent contre le mistral. Environnée de beaux jardins où l'oranger croit en pleine terre, elle cultive aussi l'immortelle et fait un commerce considérable de fruits qu'elle expédie à Paris. On y remarque une jolie place ombragée de grands arbres et