‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 268 sur 360 · TOULON. — LE FORT LAM ALGUE · texte numérisé non relu

TOULON. — LE FORT LAM ALGUE

prend les aspects les plus pittoresques. Au milieu des rochers parsemés de chênes verts et de pins odorants, on suit un sentier tracé au bord des précipices par les douaniers et les gardescôtes, et l'on arrive à une anse retirée, d'une assez grande profondeur, située entre le fort du cap Brun qui la domine et le fort Sainte-Marguerite. Ici le paysage devient magnifique. On entend retentir le bruit des flots qui viennent se briser en écumant sur les rochers, à 50 mèt. environ au-dessous du chemin, et l'on voit se déployer la haute mer avec sa majesté et ses horizons infinis. 1 On peut, si l'on veut, prolonger jusqu'à la pointe

Jardin de Saint-Mandrier.

de Carqueranne cette promenade que Mme Gçorge Sand appelle « une promenade sur les rivages de la Grèce, » et revenir ensuite à Toulon par la route stratégique qui dessert le fort Sainte-Marguerite et le fort Lamalgue.

Le Faron. — Le Faron ou Pharon est cette montagne calcaire qui domine Toulon au N., et sur laquelle sont établis plusieurs forts ou casernes fortifiées pour la défense de la ville du côté de la terre (fort Faron, fort de la Croix-Faron, caserne du Pas de ta Masque , forts du grand et du petit Saint- Antoine), t Vu de face, c'est-à-dire de la mer, dit Mme George Sand (Tamaris), le Pharon

n'est qu'une masse grise absolument nue et aride, qui, par ses formes molles, ressemble à un gigantesque amas de cendres moutonnées par le vent; mais les lignes du profil exposé à TE. sont splendides. » Du sommet du Faron (546 met.), où conduit une route de voitures (1 h. 30 min. à pied), on découvre, quand le temps est clair, les Alpes et la Corse. En descendant par le fort Faron, on peut gagner le village de la Valette (V. ci-dessous).

Le Coudon (une journée suffit pour aller et venir, à cheval ou en voiture). — On suit la route d'Italie jusqu'à (12 kil.) la Valette, v. de 2101 hab., qui produit des fraises excellentes, et d'où Ton voit, en se retournant, le curieux profil du Faron. Prenant alors à g. un chemin de chars, on arrive, après 2 h. de marche, au vieux château de Turris, près duquel on trouve une carrière de sable et une verrerie abandonnée. Là, on s'engage dans une forêt où il est difficile de s'orienter sans guide; puis, au delà des dernières huttes de charbonniers, on commence à gravir, à travers les broussailles, un vaste désert formé par la crête du Coudon, qui s'élève doucement jusqu'à la cime (2 h. env. de marche). Vue d'en bas, cette crête, sorte de terrasse calcaire dont la gangue est blanche comme la neige, parait unie et aride. Il n'en est pas ainsi. Le sentier suit, au contraire , une rainure de forêts et de clairières , que coupent çà et là des ressauts de terrain assez profonds, c tous plus jolis l'un que l'autre, semés de massifs très-frais, percés de roches bien pures, et tapissés tantôt d'un beau gazon, tantôt de grandes plaques de sable fin piétinées par les loups. » On arrive enfin à la cime brusquement coupée en coude (coudon) de la montagne.

Cette montagne du Coudon est très-connue comme point de repère de toute la Provence côtière, mais elle est peu explorée. C'est là cependant qu'il faut aller pour saisir d'un coup d'œil l'admirable découpure de l'extrême pointe méridionale de la France. « La vue embrasse tout le littoral de Marseille à Nice. Les Alpes montrent leurs cimes neigeuses à l'horizon E., et on y distingue à Pœil nu les fortes brisures du col de Tende. » Plus près du Coudon, dans l'intérieur des terres, on ne voit que c chaînes dénudées se perdant à l'horizon en lignes sombres, quelques-unes si droites, qu'on les prendrait pour des murailles

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