HYÈRES. — DESCRIPTION
Poste aux lettres. — Bureau principal, route Impériale (Noviciat); boîtes supplémentaires, place Massillon, 38, et place de la Rade, 1.
Télégraphie électrique. — Rue de la Sauvette.
Libraires. — Cruvès, place du Jeu-de- Ballon , éditeur du Journal VAvenir d'Hyères; Fabre, rue Massillon; Mlle Hébrard, place des Palmiers.
La ville d'Hyères occupe le versant méridional d'une colline escarpée dont le sommet (20k mèt. d'altit.) est couronné d'une enceinte de murailles en ruine, garnies de tours et de créneaux. Au pied de la colline coule le Béai, dérivation du Gapeau, qui se jette dans le Roubeau, après avoir reçu la Sauvette. Du point culminant, on découvre parfaitement Hyères, toute la campagne environnante et la rade voisine. La ville haute est généralement assez mal bâtie; le faubourg est le quartier le plus propre et celui que préfèrent les étrangers. On y remarque de beaux hôtels et de charmantes maisons, presque toutes terminées en terrasses et entourées de vastes jardins plantés d'orangers, de vignes, d'oliviers, de chêues-liéges, de pins, de palmiers et de lauriers-roses. Au S., la vue s'étend sur le val enchanteur de Gostebelle, les Salins, la presqu'île de Giens, la Méditerranée, distante à peine de 5 ou 6 kil.,etle groupe d'Iles auxquelles Hyères a donné son nom. A l'E., s'étend une plaine fertile, traversée du N. au S. par le Gapeau. Vers le N. E., la chaîne de collines des Maures préserve la ville des courants d'air froid venus des sommités neigeuses des Alpes. Au N. et à l'O., les montagnes de Fourches, de Fenouillet, du Coudon, de Faron et des environs de Toulon l'abritent contre les vents les plus violents, mais non tout à fait contre le mistral, dont les effets sont cependant moins sensibles à Hyères qu'à Toulon. Enfin, les montagnes de la Monières et les collines boisées de l'Almanarre protègent Hyères contre les brises de mer, soufflant du S. 0.
Cette situation privilégiée explique la douceur exceptionnelle du climat pendant les mois les plus froids de l'année. La température moyenne en hiver et au milieu du jour est, en effet à l'ombre, de 10 à 15° au-dessus de zéro, et, au soleil, de 25 à 30°. Il n'est pas vrai cependant que la vallée d'Hyères jouisse d'un printemps perpétuel, c L'hiver, dit M. Denis, ancien maire de la ville (Promenades pittoresques à llyère*), l'hiver y est marqué par
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quelques journées froides ou pluvieuses; les vents y arrivent parfois dévastateurs ; les chaleurs de l'été, sans être insupportables, sont longues et continues; des orages inattendus viennent y fondre en torrents de pluie » Enfin, les inégalités de température qui se manifestent quelquefois dans Je cours d'une môme journée, font une obligation à tout le monde, et surtout aux malades et aux convalescents qui passent à Hyères la saison d'hiver, de conserver toujours des vêtements de laine.
On manque de renseignements précis sur l'origine d'Hyères. A l'époque de la domination romaine, il existait déjà sur la montagne une forteresse appelée Castrum Arœarum. Au xm* s., Charles d'Anjou disputa cette seigneurie aux comtes de Fos, qui en tenaient la propriété de Guillaume Boson, roi d'Arles. Ils durent consentir à un échange. En 1481 , Hyères, comme tout le reste de la Provence, fut définitivement réunie à la couronne de France. Pendant les guerres de religion et de la Ligue, les catholiques et les protestants y dominèrent tour à tour. En 1596, les habitants firent leur soumission à Henri IV ; mais la garnison se défendit pendant cinq mois dans le château. La ville entière n'étant plus qu'un monceau de ruines, le roi offrit aux habitants de la reconstruire, au bord de la mer, sur la plage actuelle du Ceinturon où l'on commença même les travaux de création d'un port; mais ce projet fut bientôt abandonné, et les maisons se relevèrent peu à peu sur leur ancien emplacement. A partir de cette époque, l'histoire d'Hyères n'offre aucun fait intéressant.
La patrie de Massillon est aujourd'hui un chef-lieu de canton de 10 360 hab., en y comprenant la population des hameaux ou villapes de la Bayore, l'Estagnol, Carqueranne, Sainl-Pierre-d'Almanarre, Costebelle, Doulioule, les vieux Salins, la Londe, les nouveaux Salins et le Pesquier, Giens et les îles. Son territoire est en effet si étendu, qu'il forme à lui seul tout le canton dont la ville est le chef-lieu; la commune rurale de la Crau n'est elle-même qu'une partie de ce territoire, distraite il y a peu d'années.
Les monuments publics d'Hyères sont peu nombreux; mais la ville a conservé des restes importants de ses fortifications. Des rues montueuses et accidentées conduisent au sommet de la colline où se trouvent les remparts de la forteresse (mon. hist.), dont les parties les plus anciennes ne paraissent pas remonter au delà du x» ou du xie s. Les murailles d'enceinte et dix ou douze tours rondes ou carrées subsistent presque intactes depuis la rue du Trou de la Ser, à l'E., jusqu'à la place Cafabre, à 1*0.; mais • le
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donjon, les défenses intérieures et les aménagements de la place ne sont plus que des ruines en partie rasées à fleur du sol. »
Sur les pentes septentrionales de la colline, et sur remplacement même de l'ancien château, s'étend une propriété particulière, concédée autrefois par la. ville à M. Valeran, pour la somme
1800 fr., et appartenant aujourd'hui à M. le colonel Voutier, qui en a fait une charmante résidence. M. Valeran avait fait élever, au sommet de la colline, un tombeau où il repose avec sa femme. Vers l'E., on peut visiter les ruines d'un ancien couvent de dames Bernardines (xv« s.). A côté de la porte Portalet, au S. de la ville, s'élèvent encore quelques tours des anciennes fortifications.
Depuis la porte de Baîue ou Barhuc jusqu'à l'église Saint-Paul, le long de la rue de la Barbacane, on distingue parfaitement les assises inférieures d'un ancien ouvrage avancé. La porte de Balue est restée presque intacte au rez-de-chaussée, où se montrent à la fois le style roman et le style ogival. Dans les constructions attenantes à l'église Saint-Paul, on remarque surtout une tourelle en encorbellement, quelques sculptures et une voûte du xvie s.
Véglise Saint-Paul, dont les parties les plus anciennes datent du xn* s., est un édifice irrégulier, souvent remanié. Le portail principal, du style roman, a été presque entièrement muré. Il est surmonté d'une tour carrée sans aucun ornement. A l'intérieur, l'édifice, composé d'une nef et de deux bas côtés d'inégale largeur, se termine par une abside à trois pans. Nous y signalerons seulement: un retable de la Renaissance, provenant de l'ancienne église Saint-Pierre ; une cuve baptismale, qui servait autrefois aux baptêmes par immersion ; et une Vierge qui attire de nombreux pèlerins. De la terrasse on jouit d'une vue magnifique.
L'église Saint-Louis (mon. hist.), ancienne église conventuelle des Cordeliers, fut construite au xnr3 s. et restaurée vers 1840. Un grand mur plat, percé dans sa partie inférieure de trois portes cintrées, décorées de colonnettes et de moulures, forme la façade que termine un pignon à ligne brisée ; dans la partie supérieure s'ouvrent deux fenêtres en lancette, au-dessus des portes latérales, et une rose à meneaux en ogive, au-dessus de la porte centrale. L'intérieur, dont le sol est plus bas que celui des rues