‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 30 sur 360 · STATION- - SAINT-JULIEN-DU-SAULT · texte numérisé non relu

STATION- - SAINT-JULIEN-DU-SAULT

8 kil. de Villeneuve-sur- Yonne. — 135 kil. de Paris. — 377 kJL de Lyon.

Saint- Julien-du-Sault, petite iV. de 2331 hab., est située à la dr. du chemin de fer dans un joli vallon. On y remarque, outre son église, classée parmi les monuments historiques, plusieurs maisons ornées de poutres sculptées, et datant de la fin du xve s. ou des premières années du xvi° s. L'église, dont le grand portail n'a pas été terminé, possède du côté S. un charmant petit porche gothique de la fin du xnr8 s. L'abside et ses cinq chapelles

sont de la môme époque. Les bas côtés S. et N. et le porche septentrional méritent aussi une mention spéciale. A l'intérieur, les archéologues et les artistes remarqueront les vcûtes du chœur, du sanctuaire et des bas côtés (du ira* au xvie s.), et les vitraux décrits par le savant archiviste d'Auxerre, M. Quantin.

Si Pcn s'arrête à Saint-Julien du Sault, on ne devra pas manquer d'aller voir la chapelle qui couronne la colline voisine. Cette chapelle, qui date des premières années duxnies.t est tout ce qui reste d'un ancien château fort, dont on voit encore quelques débris (des fossés et des murs d'enceinte). De la plate-forme, au milieu de laquelle elle s'élève, on découvre une belle vue sur la vallée de l'Yonne.

En face de Saint-.îulien-du-Sault, sur la rive dr. de l'Yonne, se trouve VHlevaïlier (485 hab.), qu'un pont suspendu relie à la rive g. Au S. E. de Villevallier s'étendent des collines dont la hauteur moyenne est de 130 mèt. Les grands bois de la forêt (TOthe recouvrent leurs sommets; leurs pentes sont tapissées de vignes. La vallée devient de plus en plus riante et fertile. Le premier village qui attire les regards sur la rive dr. de l'Yonne se nomme Villecien (443 hab.) ; la route de terre le traverse. Le château de Btaugy se montre, au milieu de beaux massifs d'arbres, sur le sommet de la colline qu'il domine au N. 1 kil. plus loin, on aperçoit Saint-Aubin-Château- Nevf(l 171 hab.), bâti sur le versant d'un étroit vallon. L'église de ce village, lourde et triste à l'extérieur, offre à l'intérieur, dit M. Victor Petit, le type le plus complet et le plus pur, comme construction, d'une église paroissiale au xm« s. Malheureusement, ses anciennes pierres tumulaires ont été remplacées par un horrible dallage moderne , et de l'ocre jaune recouvre ses voûtes, ses colonnes et ses chapiteaux. Elle se compose d'une nef, de deux collatéraux et de deux chapelles formant les branches de la croix.

Il« STATION. - CÉZY.

6 kil. de Saint-Jolien du Sault. — 141 kil. de Paris. — 371 kil. de Lyon.

Cézy (1305 hab.), ancien bourg fortifié, a conservé quelques débris de ses portes et de ses murailles. Un pont suspendu le relie à la rive dr. de l'Yonne.

GÉZY. — JOIGNY.

22» STATION. — JOIQNY.

5 kil. de Cézy. — 146 kil. de Paris. — 366 kil. de Lyon.

Des omnibus, correspondant avec tous les trains, conduisent (pour 30 cent, avec 10 kil. de bagages, la nuit 50 cent, avec 30 kil. de bagages) de la station à la ville éloignée de 2 kil.

Voitures de correspondance pour : — Aillant (13 kil. 1 fr. 50 c.) ; — Charny (27 kil., 2 fr. 50 c, 2 fr. et 1 fr. 50 c. par le

Joigny.

courrier) ; — Saint -Fargeau (51 kil., 5 fr. par Aillant); — Saint- Sauveur (50 kil., 5 fr.) ; — Toucy (3<k kil., 2 fr.).

Joigny (hôt. du Duc-de-Bourgogne), ch.-l. d'arrond. du département de l'Yonne, est une V. de 5971 hab., située au pied et sur les pentes escarpées de la [côte Saint-Jacques, célèbre par ses vignobles, et dont la rive dr. de l'Yonne vient longer la base. Quand on a traversé le faubourg, on franchit la rivière sur un pont en pierre de sept arches, bâti, les quatre arches voisines de la rive g., au xvme s., et les trois autres au xvn° s. Ce pont aboutit à un beau quai, spacieux, élevé, bordé de maisons d'un

aspect agréable. En amont du pont s'étend une esplanade plantée de plusieurs rangées d'arbres. L'accès de la ville proprement dite est assez difficile. On ne gravit pas sans peine ses rues étroites, tortueuses, escarpées, dont quelques-unes seraient presque impraticables, si les habitants n'avaient eu la précaution d'établir * des rampes en fer le long des maisons. Toutefois les artistes feront bien de s'y aventurer; ils y découvriront de jolies maisons en bois des xve et xvie s. Nous recommanderons surtout celles qui sont à l'angle de la rue montant au palais et de la ruelle Saint-Jean, sur la petite place située à l'extrémité supérieure de la Grand'rue et sur la place du Marché. Les amateurs de beaux points de vue devront aller sur la route de Joigny à Cerisiers. L'ancienne route s'élevait en ligne droite dans un vallon sur la montagne. La route neuve contourne la montagne du côté de PO., et de son point culminant (130 mèt. environ au-dessus du cours de l'Yonne) on jouit d'un magnifique panorama.

Véglise Saint-André, à dr., sur le sommet du coteau, possède, à l'extérieur, un joli portail latéral orné d'un charmant bas-relief dans le style de la Renaissance ; à l'intérieur, dans l'embrasure bouchée d'une fenêtre, une belle statue en pierre (une femme couchée), et un tableau sur bois représentant la Cène. Dans Pancien cimetière de la ville, transformé en promenade publique mal entretenue, et voisin de cette église, s'élevait la chapelle des Ferrand, remarquable édifice de forme octogonale, construit sous François 1OT, dans le style de la Renaissance, par Jean Ferrand, grand archidiacre de la cathédrale de Sens, pour servir de caveau sépulcral à sa famille, une des plus anciennes de Joigny. Longtemps abandonnée, après avoir subi de nombreuses mutilations, cette chapelle a été enclavée dans le palais de justice (s'adresser au concierge). Malheureusement on l'a peinte et on en a détruit les dernières sculptures. — Véglise Saint-Jean, qui domine Saint-André, occupait au sommet du coteau le milieu de l'enceinte du vieux château fort , bâti au xe s. ; détruite en ) 396 par le feu du ciel, elle fut rebâtie, c'est-à-dire consacrée en 1504, caries travaux durèrent longtemps et se prolongèrent môme jusqu'en 1596. C'est un monument historique. Le portail en est affreusement mutilé. M. Victor Petit {Annuaire de l'Yonne, 1860)

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