JOIGNY
signale à l'intérieur une longue corniche richement sculptée, quatre niches élégantes, un saint-sépulcre en marbre blanc (fin du XVe une petite Sainte Famille sur bois, du xvie s., et une copie du portrait (par Goypel) d'Adrienne Lecouvreur dans le rôle de Gornélie de la Mort de Pompée. Cette église vient d'être restaurée et agrandie. — Véglise Saint-Thibault a été rebâtie de
Vieille maison, à Joigny.
1490 à 1530. Les architectes admirent à l'intérieur une grande et magnifique couronne de pierre suspendue à la haute voûte du chœur. Parmi les objets d'art on remarquera : des bas-reliefs représentant des scènes de la vie du Christ, une chaire de la Renaissance, une tourelle d'escalier, etc., etc. Le vieux château de Joigny, bâti vers la fin du xes., a été com-
plétement démoli. Il n'en reste que des pans de murs isolés. Le château actuel, en partie démoli aussi et mutilé, avait été commencé en 1568 par le comte de Joigny, et achevé en 1613 par le père du cardinal de Retz. Il offre actuellement un aspect désolé, mais de ses terrasses on découvre un beau point de vue. — La grosse tour qui domine la cour intérieure de la prison parait dater de la fin du xe s. — Une seule des quatre anciennes portes fortifiées de la ville est encore debout ; c'est la moins intéressante ; on l'appelle la porte Saint- Jean. Les fossés, comblés de 1820 à 1829, servent de promenades.
Le palais de justice (façade de 1817), Y hôtel de ville (1727), le collège, les casernes (1759), les hôpitaux, le théâtre, etc., ne méritent pas une visite.
Joigny possède plusieurs promenades : les quinconces du quai Saint-Florentin; le mail, long de 1300 mèt.; l'Arquebuse, etc.; mais les habitants préfèrent le quai, qui n'a ni arbres ni bancs.
Si l'on devait en croire Lebeuf, Joigny serait la cité gallo-romaine, appelée Branditum, que les tables de Peutinger plaçaient entre Sens et Auxerre. Cette opinion ne repose sur aucune preuve. 11 paraît plus probable que Joigny fut fondée par le capitaine rémois Flavius Jovinus, qui bâtit aussi , dit-on , la ville de Joinville. Elle existait au iv" siècle, car Ammien Marcellin en a parlé. A la fin du x- siècle, Rainard, le vieux comte de Sens , y fit bâtir une forteresse, dont le château actuel paraît occuper l'emplacement. Son histoire devient ensuite fort obscure. Vers 1080, son seigneur Geoffroy y fonda un prieuré de Notre-Dame pour des moines de Cluny. Dès le milieu de ce siècle probablement, la seigneurie avait été érigée en comté et relevait déjà des comtes de Champagne. Ce comté a existé jusqu'à la Révolution. Après avoir passé, en 1409, dans la maison des la Trémouille, il avait été vendu, en 1605, à la maison de Gondi. En 1675, l'héritière de cette famille le transmit par mariage à Emmanuel de Blanchefort-Créqui, dont le fils mourut sans postérité en 1703. Nicolas de Neuville, duc de Villeroy, en hérita de la mère de Jean-François-Paul de Créqui. Enfin, le dernier titulaire, neveu du maréchal de Villeroy, périt, le 28 avril 1794, sur l'échafaud révolutionnaire.
Des marchés de grains considérables se tiennent à Joigny, les mercredi et samedi de chaque semaine ; cette ville fabrique des draps, des toiles, des tuiles, des feuillettes, des armes de chasse, des peau*, etc. Elle vend en outre des grains, des bois, des charbons,