NICE. — RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
Bateaux a voiles et a la rame. — Dans le port : passage d'un petit môle à l'autre, 5 c. ; sur tout autre point, 10 c; du quai au vapeur, pour un marin, un soldat ou un sous-officier, avec son sac, 10 c. ; pour un voyageur sans bagage, 30 c; chaque colis, autre que canne, parapluie ou couverture, 10 c.
Le prix des promenades hors du port et des courses en mer doit être débattu à l'amiable entre les amateurs et les bateliers. — Pour les courses entreprises depuis Villefranche , il existe uu tarif spécial et très-déiailié, dont les promeneurs feront bien de demander communication aux bateliers avant leurs excursions.
Voitures, chevaux de selle et anes. — La poste aux chevaux (rue du Paillon) est ouverte le jour et la nuit. L'administration calcule le nombre des chevaux d'après le nombre des personnes et le poids des bagages. Elle prélève : pour la voiture (quand elle la fournit) 15 c. par kil. ; pour chaque cheval, 20 c. par kil. de Nice à Menton, et 25 c. par kil. de Menton à Gênes; pour le postillon , 25 c. par kil. — Les loueurs de voitures sont nombreux à Nice, ainsi que les loueurs de chevaux et d'ânes.
Hôtels : — Chauvain, quai Saint-Jean-Baptiste, 55 (600 lits); — des Anglais, à l'angle du Jardin public et de la promenade des Anglais; — de Nice, du Prince-de-Galles, de Paris, boulevard de Carabacel; — des Étrangers, rue du Pont-Neuf, 6, avec table d'hôte à 3 fr. ; — d'Europe, rue de France, 40; — de France, quai Masséna, 11; — de la Méditerranée, promenide des Anglais; — Helvétique, iue de France; — du Louvre, rue Saint-Étienne ; — de V Univers, place Saint-Dominique, 2; — des Princes, rue des Ponchettes, 13; — Paradis, boulevard du Midi, 11 ; — des Colonies, place Charles- Albert; — pension Suisse, rue des Ponchettes, à la tour Bellanda; — pension Anglaise, à Cimiès, villa Garin ; — pension Russe, rue Chauvain. — Les hôtels Victoria, sur la promenade des Anglais; de la Grande-Bretagne, sur la place du Jardin- Public; d'Angleterre, sur la même place; Yhôtel Royal, rue Saint- Étienne, sont fréquentés principalement par des Anglais. — Citons aussi les pensions Rivoir et Villa-Marine, sur la promenade des Auglais; la pension Milliet, rue Saint-Êtienne.
Appartements meublés. — Les appartements se louent ordinairement pour la saison d'hiver, qui est de six mois, d'octobre en mai. Un petit logement, dans le quartier de la Marine et aux Ponchettes, peut coûter 400 à 500 fr. ; un appartement, pour une famille nombreuse, y coûterait 1000 à 1800 fr. ; dans la ville neuve, les prix sont beaucoup plus élevés. — On trouve aussi à louer de petites maisons de campagne à Saint-Étienne, àLongchamp, à Carabacel, à Cimiès, à Saint-Barthélemy, etc. — M. Ch. Jougla, libraire, place du Jardin-Public, fournit aux étrangers la nomenclature exacte des villas et appartements à louer.
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Restaurants : — des Alpes, rue Saint-François de Paule ; de Lyon, descente Crotti; Augier, des Deux-Mondes, des hôtels de la Méditerranée et des Dames, ces deux derniers sur le Cours, et, enfin, dans la plupart des hôtels.
Casino (le). — Magnifique établissement, sur la promenade des Anglais.
Cafés. — Grand café de la Victoire et café des Alpes- Maritimes, place Masséna; café Américain (confiserie et pâtisserie) , rue Saint-François de Paule, 2; café Impérial, à l'extrémité occidentale du Cours, etc.
Cercles. — Nouveau cercle Masséna, où les étrangers sont accueillis sur la présentation d'un membre (salle de bal splendide, bibliothèque, salon de lecture et de conversation, estaminet, billards, table d'hôte spéciale pour les membres du cercle) ; cercle des Alpes-Maritimes, etc.
Bains. — Polythermes, boulevard du Midi et rue Saint-François de Paule : bains ordinaires, bains russes et de vapeur, douches d'eau douce et d'eau de mer; un tunnel pavé en marbre conduit de la rue Saint- François de Paule jusque sur le bord de la mer; bains de la Préfecture, place de la Préfecture; bains des Quatre-Saisons (Jardin public).
Poste aux lettres. — Bureaux et boîte principale , place Napoléon (sous les arcades, au N.). Les bureaux sont ouverts, en toute saison, de 7 h. du matin à 6 h. du soir.
Télégraphe électrique. — A l'extrémité orientale du Cours; bureau ouvert le jour et la nuit.
Bureau des passe-ports. — Hôtel de la Préfecture, rue de la Préfecture, de 9 h. du matin à 4 h. du soir.
Théâtres. — Le théâtre impérial des Italiens, situé près du Cours, à l'extrémité orientale de la rue Saint-François de Paule, joue tous les jours pendant l'hiver des opéras italiens. Entrée : 1 fr. 25 c; le prix des loges varie suivant les représentations. — Le théâtre Français, ouvert les mardis, jeudis, samedis et dimanches, joue des drames et des vaudevilles. Il est situé derrière la place Masséna, du côté de l'O.
Journaux. — Les Échos de Nice; le Phare du Littoral; le Journal des Étrangers; le Journal de Nice. Ce dernier est le seul journal quotidien et politique que possède cette ville de 50 000 âmes !
Libraires. — Benoit Visconti, rue du Cours (vaste établissement; salons de lecture avec jardin; bibliothèque circulante de 12 000 volumes; abonnement aux livres et aux journaux, 5 fr. par mois); Ch. Giraud, place du Jardin-Public, 7 (librairie étrangère) ; Bouilhat, librairie protestante, hôtel Chauvain; Bruyat, boulevard du Pont-Neuf, 4; Delbecchi; Jougla, Jardin public, etc.
Situation. — Climat.
Nice est une ville de 48 273 hab., située à l'extrémité d'un golfe semi- circulaire, laôaie des Anges, que bordent à l'E. un promontoire
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rocheux, au S. la pointe marécageuse de l'embouchure du Var. Le large lit du torrent du Paillon, et, plus à TE., un monticule rocheux, partagent Nice en trois villes distinctes. La vieille ville, appuyée sur le monticule que couronnait jadis un château fort, occupe une péninsule de forme triangulaire, inclinée en pente douce vers l'embouchure du Paillon. La ville du port, qu'on n'aperçoit même pas du vieux Nice, est construite autour des deux bassins du port de Limpia, creusé à la base orientale de la colline du Château. Enfin, la ville moderne forme une zone de maisons longue de 3 kil. environ, qui s:étend à l'O. du Paillon, sur la dr. du torrent et sur le bord de la Méditerranée. C'est vers ce quartier, qui sera bientôt la partie la plus considérable de Nice, que se portent surtout les étrangers.
Pour se former une idée parfaite de la magnifique situation de Nice, il suffit de gravir la colline du Château, d'où Ton découvre une très-belle vue sur la ville et sur ses environs (V. ci-dessous).
Le sol sur lequel la ville est bâtie se compose en grande partie de pierres et de sable charriés par le Paillon autour du rocher du Château. A l'E. se prolonge le chaînon escarpé du Mont-Boron, du Mont-Alban, du Mont- Vinaigrier, du Mont-Gros. Au N. et à l'O. s'élèvent les premiers renflements des chaînons projetés directement par les Alpes ; derrière se dressent de véritables montagnes, entre lesquelles on remarque la pyramide nue du Mont- Cau, et qui s'étagent en amphithéâtre jusqu'à la principale crête des Alpes. C'est aux multiples étages des sommets environnants que Nice doit principalement la douceur et l'épralité de son climat. La température moyenne de cette ville oscille entre 15° 5 et 15° 9 centigrades. Pour chaque saison les températures moyennes sont, de 6° 3 l'hiver, de 17° à 18° le printemps et l'automne, de 23° l'été ; l'écart entre la température de l'hiver et celle de l'été comprend donc plus de 13°. Les froids de l'hiver sont peu sensibles et de courte durée; les chaleurs de l'été ne sont pas accablantes. La neige tombe rarement; les jours de pluie sont, en moyenne, de 72 par année. Souvent les averses sont d'une violence extrême, mais les pluies durent peu. On compte 55 à 65 jours parfaitement beaux dans chaque saison. Des brises, qui soufflent alternativement de la terre et de la mer, exercent une
influence des plus bienfaisantes sur l'atmosphère, en purifiant constamment l'air vicié de la ville et des marécages du Var. Malheureusement des vents plus violents, quelquefois môme le mistral et la tramontane, ne sont pas tout à fait inconnus à Nice. Un des inconvénients les plus graves du climat est l'inconstance extrême des vents qui occasionne fréquemment de brusques changements dans la température.
Avec tous ses privilèges et tous ses inconvénients, le climat de Nice est certainement un des plus agréables du littoral de la Méditerranée. Dès le temps des Romains, ce climat était salutaire aux phthisiques. Parmi les malades auxquels le séjour de Nice fait incontestablement du bien, on doit citer ceux qui souffrent de calculs urinaires, les goutteux, les scrofuleux, les rachitiques, les asthmatiques, les personnes attaquées de toux, de catarrhes, les gens affaiblis par excès de travaux intellectuels. En revanche, on ne saurait conseiller Nice aux malades sujets à des inflammations aiguës, qui ont le pouls fréquent, ou chez lesquels les centres nerveux sont trop excitables. Les maladies du cœur peuvent s'y aggraver; les ophthalmies s'y guérissent difficilement. Il faut remarquer cependant que les divers quartiers de la ville offrent des différences de climat assez sensibles pour mériter l'attention des malades et des médecins.
Histoire.
S'il faut en croire les historiens, Nice fut fondée sur la colline de l'an» cien château, vers le iv* s. avant l'ère chrétienne, par les Phocéens de Marseille, qui la fortifièrent et y remportèrent sur les Saliens et les Ligures du littoral une victoire consacrée par le nom grec de la ville, N(x7j. Plus tard, cependant, la cité naissante changea momentanément ce nom contre celui de Bellanda. Alliée de Rome, vers l'an 160 avant Jésus- Christ, elle fit partie sous Auguste de la province romaine, et fut successivement occupée, pendant les invasions, par les Visigolhs, les Burgundes, les Lombards et les Francs. Soumise un instant à la république de Gênes, puis à des comtes particuliers, elle devint indépendante au xii9 s. et défendit longtemps sa liberté contre les comtes d'Arles, de Provence et d'Anjou. Vers 1229 elle abandonna le sommet de la colline, où le comte de Provence lit élever une forteresse^ pour s'étendre davantage du côté de l'Occident. Le 28 septembre 1388, elle se donna au comte de Savoie, Amédée VII, dit le Roux. En 1467, elle fut déci-
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mée par la peste. Les Français, les Espagnols et les Turcs s'en emparèrent à différentes reprises, mais isans la conserver après la guerre. Incorporé à la France en 1792, le territoire de Nice fut rendu au roi de Piémont en 1814: mais, après les événements qui suivirent la dernière guerre d'Italie (1859), l'empereur Napoléon III , ayant considérablement augmenté le royaume de Piémont, réclama du roi Victor- Emmanuel II la cession de la Savoie et de l'arrondissement de Nice. En vertu d'un traité conclu entre les souverains, les populations intéressées furent appelées à exprimer leur sentiment sur ce changement de domination. Le nombre des votants inscrits dans l'arrondissement de Nice (cincondario di Nizza) était de 30 706; 25 933 votes furent favorables à l'annexion. En conséquence l'ancien comté de Nice, auquel a été réuni l'arrondissement de Grasse, distrait du Var, est devenu le département français des Alpes-Maritimes. Depuis le mois de juillet 1864, Nice en est le chef-lieu en même temps que le siège d'un évêché suffragant de l'archevêché d'Aix.
Nice a vu naître le peintre Cari Vanioo, le maréchal Masséna, le naturaliste Risso et le général J. Garibaldi,
La ville, ses places, ses rues, ses ponts et ses promenades.
Les vieux quartiers de Nice, ont presque entièrement gardé leur aspect d'autrefois. Quelques rues sales et tortueuses escaladent les premiers escarpements de la colline ; d'autres plus régulières, plus propres et pavées en larges dalles, se développent en pentes assez douces; mais elles sont pour la plupart trèsétroites et les voitures s'y engagent rarement.
A l'extrémité septentrionale de la vieille ville se trouve la place Napoléon , vaste carré encadré de grandes maisons à arcades. Trois des principales artères viennent y aboutir : le boulevard du Pont-Vieux, dont les allées d'ormeaux longent la rive g. du Paillon; la rue Séguranc, qui conduit au port de Limpia; et la longue rue Victor, parallèle au Paillon.
Le quartier que l'on pourrait appeler la ville du xvnr» s. occupe, au S. et à l'O. de la vieille ville, l'extrémité de la péninsule allongée qui s'étend entre le Paillon et la grève marine. Une ceinture de boulevards s'élargit à la pointe extrême de celte presqu'île pour former la place des Phocéens qui offre plusieurs allées d'arbres et un parterre.
Trois autres places, de petites dimensions, embellissent aussi