NICE. — DESCRIPTION
ce quartier, et de larges rues le partagent en massifs réguliers. Une de ces rues, la rue Saint François de Paule, qui commence à la place des Phocéens et se prolonge sur une distance de 300 mèt., parallèlement à la mer, est la plus belle de Nice. On y voit une maison (n° 8) où logea Bonaparte , lorsqu'il était général en chef de Tannée d'Italie, et où coucha aussi Pie VII, en août 1809 et en février 1814. Au delà du théâtre, la rue Saint-François de Paule, s'élargissant encore, se continue à TE. sous le nom de Cours (double rangée d'ormes centenaires et de jeunes micocouliers), la promenade la plus animée de Nice (le marché s'y tient le matin jusqu'à 11 h.). Le Cours est séparé de la grève par deux ran-
Nice : Boulevard du Midi et Ponchettes.
gées de maisons très-basses, au-dessus desquelles régnent deux terrasses bitumées, de 250 mèt. de longueur, servant de promenades et commandant une vue admirable sur la baie et sur les monts de l'Estérel et des Maures. Ces terrasses, construites de 1750 à 1840, ont été longtemps considérées comme la merveille de Nice, et les promeneurs s'y rendaient chaque soir pour y jouir de l'aspect de la mer et de la fraîcheur de la brise ; il est aujourd'hui question de les abattre pour les remplacer par un square.
Le quartier des Ponchettes, qui se prolonge à l'E. des terrasses, entre la grève marine et le rocher du Château, assez peu fréquenté par les étrangers, est la partie de Nice la plusjpitto-
DE TOULON A NICE
resque. La grève s'y termine brusquement au pied d'une falaise abrupte, percée de grottes à sa base et dominant une petite crique. Au-dessus se dressent les escarpements à pic que couronne la tour Belîanda.
Le Paillon, dont le lit tortueux sépare la ville moderne des deux villes du moyen âge et du xviii's., est actuellement traversé par deux ponts de pierre : le Pont-Neuf, qui date de 1825 et fait communiquer les deux places Charles- Albert et Masséna ; le Pont- Vieux, construit en 1531, 500 mèt. plus haut. A 400 mèt. au N. de ce dernier, une passerelle en bois, qui sera tôt où tard remplacée par un pont de pierre, réunit la place Napoléon au quai de la place d'Armes. Le pont en fer dufchemin de fer, et le pont Napoléon, près de l'embouchure même du fleuve, entre le boulevard du Midi et la promenade des Anglais réunissent aussi les deux rives du Paillon. Le lit du Paillon n'est d'ordinaire qu'un fossé de 100 mèt. de largeur, rempli de cailloux sur lesquels les blanchisseuses font sécher leur linge, et mouillé de distance en distance par une eau bourbeuse ; mais, après de fortes pluies, c'est à peine si ce lit peut contenir les eaux que lui apportent les ravins des montagnes voisines. En 1530, le pont Saint-Antoine (aujourd'hui Pont-Vieux), fut emporté par une crue soudaine, et, depuis cette époque, les quartiers du N. ont été souvent inondés.
La partie occidentale de la ville occupe un espace de 3 kil. de longueur sur la rive dr. du Paillon et le bord de la Méditerranée. Au N., ce quartier se réduit à une seule rangée de maisons, tournant leur façade vers le torrent. Un beau quai, commençant à la place dy Armes, non loin de la base des collines de Gimiès, longe la rive dr. du Paillon. Du Pont-Vieux au Pont-Neuf, il prend le nom de quai Saint-Jean- Baptiste. Ce quai s'embellit journellement de constructions régulières; c'est la ville nouvelle. En face du Pont-Neuf s'ouvre la place rectangulaire où doit être érigée prochainement une statue en bronze de Masséna, et qui, dans un avenir prochain, sera certainement la plus animée de Nice. C'est là qu'aboutissent Vavenue du Prince- Impérial, conduisant à la gare, et la nouvelle rue Gioffredo; c'est là aussi que débouche, par les deux issues de la rue Masséna et du quai Masséna, la route de France, qui vient de traverser dans foute sa