NICE. — COMMERCE. — PORT
ger par an), l'ébénisterie et la marqueterie, une usine à vapeur pour la fabrication des fruits confits, une savonnerie, des tanneries, une manufacture des tabacs. •
Le commerce, presque uniquement maritime, se borne à l'exportation des denrées agricoles du pays et à l'importation des marchandises nécessaires à la consommation locale.
Des services réguliers de bateaux à vapeur mettent Nice en communication directe avec les ports principaux de la Provence, de l'Italie et de la Corse.
Nice avait autrefois deux ports : le port Limpia, à PE. du château et de la pointe des Poncliettes ; le port Saint- Lambert, formé
Port de Nice.
par l'anse occidentale de la môme pointe et par un môle qui a disparu. Ce dernier port n'existe plus. Le port Limpia, qui doit son nom à la pureté des sources basses qui y tombent, est en ce moment l'objet de travaux d'agrandissement. Il avait déjà été agrandi en 1750 et ses deux bassins avaient une superficie totale de 4 à 5 hect.; il est abrité contre tous les vents, mais il ne peut recevoir des navires tirant plus de k mèt. d'eau. Le môle du midi porte à son extrémité un phare élevé de 25 mèt. au-dessus du niveau de la mer, et dont le feu fixe à éclats rouges de 30 en 30 secondes, a 12 milles de portée.
Villas et jardins.
La plaine, les petites valtëes, les collines qui entourent Nice sont parsemées, à plusieurs lieues à la ronde, de villas moins splendides mais plus nombreuses que les châteaux et les palais de Cannes. La plupart des jardins sont gracieusement ouverts au public, et quelques formalités de politesse suffisent pour forcer les portes de ceux dont l'entrée n'est pas absolument libre. Les kiosques élégants, les terrasses pavées de marbre, les pièces d'eau, les grands arbres, les massifs de fleurs, et, par-dessus tout, la vue soudaine de la ville, des promontoires et de la Méditerranée, forment, dans la plupart de ces jardins, un tableau des plus saisissants. Nous ne pouvons énumérer ici toutes les villas des environs de Nice remarquables, soit par quelques détails d'architecture, soit par la beauté de leurs jardins ou la splendeur de leurs points de vue. Il nous suffira de citer : la villa du colonel Smith (édifice bizarre de tous les styles; jardins suspendus, vue magnifique), à l'extrémité méridionale du Mont-Boron; — la villa Clary (riches bosquets d'orangers), sur le revers oriental de la colline de Cimiès; — les villas Pierlas, de Césolles. de Châteauneuf, éparses sur les hauteurs, au milieu de forêts d'oliviers; — dans la plaine, près du chemin de fer, la villa Bermond, où mourut le grand-duc de Russie en 1865, et autour de laquelle croissent en forêt plus de 10 000 orangers productifs et 10 000 arbres fruitiers d'autres espèces, sans compter plusieurs centaines de mille pieds d'arbres en pépinière; — à l'O. la villa Peillon (jets d'eau, cascades, grottes, ruines artificielles, belle serre); — au N. du chemin de fer, la villa Gastaud (terrasses flanquées de hautes murailles semblables à des bastions); — enfin la villa d'Alphonse Karr, à côté des villas Bermond et Peillon.
Environs de Nice.
Villefranche (4 kil. par l'ancienne route; 6 kil. environ par la nouvelle; omnibus 40 c, 4 départs par jour de la place de la Mairie; 1 h. par mer). L'ancienne route, bien que carrossable, est très-escarpée ; la nouvelle, ouverte en 1860, contourne par des pentes très-douces le promontoire du Mont-Boron. Du point
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culminant, on embrasse de magnifiques panoramas : c'est d'abord, derrière soi, Nice et ses environs, les lies de Lerins et l'Estérel ; puis, quand celui-là disparaît, c'est, devant soi, l'admirable péninsule de Saint-Jean, l'isthme de Beaulreu et le pittoresque emphithéâtre des constructions de Villefranche. On passe avant d'y arriver devant la batterie des Sabatiers.
Villefranche (hôt.-restaurant du Limon), l'ancienne Olivula, place militaire des plus importantes au moyen âge, aujourd'hui
Villefranche.
ch.-l. de c. de 2911 hab., est située au N. 0. d'un petit golfe que les anciens appelaient portus Herculis. Sa position au pied des montagnes élevées qui se dressent au N. et à l'O. la met à l'abri du mistral et des âpres vents des Alpes; sa température hivernale est supérieure à celle de Nice.
L'aspect de cette ville, resserrée entre la mer et la montagne, est sombre et triste, comme celui d'une ville ancienne; ses rues ne sont, pour ainsi dire, que des escaliers; elle manque de monu-
DE TOULON A NICE
ments; son église, dans le style italien, est décorée avec mauvais goût; mais la darse peut recevoir trois ou quatre frégates, et la rade est la meilleure qui se rencontre de Toulon à Gônes. Il faut signaler encore à Ville franche : l'ancien bagne, Y arsenal maritime et le lazaret. Du fort de Villefranche qui couvre à l'O. toute la base de la colline, on découvre une vue très-étendue.
Les péninsules de Saint-Jean et de Saint-Hospice. (Pour bien voir cette région une journée est nécessaire; l'itinéraire est variable à l'infini). Située à TE. de Villefranche, la péninsule de Saint-Jean se rattache à la côte par l'isthme étroit et peu élevé de Beaulieu, et se termine par les falaises escarpées du cap de Fer et du cap Mala-Lingua. La presqu'île en miniature de Saint- Hospice se détache à angle droit du flanc oriental de la première. On se rend de Villefranche à Beaulieu en moins d'une heure. Beaulieu est situé à l'extrémité d'un petit promontoire que défend une redoute (Découverte de vestiges romains et de plus de 500 squelettes; église romane). Un chemin très-agréable, qui longe le bord de la mer, conduit en 20 min. de Beaulieu à Saint- Jean (hôt. Victoria). Ce village occupe la partie septentrionale de l'isthme qui réunit la petite presqu'île de Saint-Hospice à la grande péninsule ; 15 min. de marche suffisent pour atteindre l'extrémité du cap Saint-Hospice, appelé aussi San-Souspir par les marins (ruines d'un fort; chapelle; petite tour; quelques remparts). De là on aperçoit au N. et à l'fi., le Baous-Rous, la montagne d'Éza, le rocher de Monaco, la Tête-de-Chien et le Mont-Agel.
Le Mont-Gros (1 h. 15 min.; 366 mèt.), le Vinaigrier (1 h. 30 min. par l'ancienne route ; 2 h. 30 à 3 h. par la nouvelle ; 370 mèt.), Mont-Alban (330 mèt.) et Mont-Boron. — Ces divers sommets sont les points culminants de la chaîne de hauteurs qui se dressent à 1E. de Nice et de la vallée inférieure du Paillon. On y jouit de points de vue admirables.
Saint-Pons (5 kil.). — Le célèbre monastère de Saint-Pons, fondé en 775, saccagé par les Maures en 890, et par les Turcs en 1543, restauré en 1835, est occupé aujourd'hui par des Oblats. Il est situé sur une éminence d'où la vue est fort belle.
Château et grotte de Saint-André (1 h. 30 min.).— Le château date de 1687. Une belle allée de cyprès conduit à (1 kil. du châ-
NICE. — EXCURSIONS
teau) la grotte décorée d'une foule de stalactites aux formes variées; Peau de Saint-André est pétrifiante.
Cimiès (4 kil. parla montée; 5 kil. par Brancolar). - Cornenelum, fondée par les Grecs vers l'an 650 avant Jésus-Christ, fut détruite en 572 par les Lombards. On y a découvert de nombreuses antiquités ; Ruines de Vamphithéâtre (65 mèt. de longueur, 54 mèt.
de largeur; gradins pouvant contenir 6000 à 7000 spectateurs), appelées par les paysans la tina de H fada ou la cuve des Fées; petit édifice qui passe pour un ancien temple d'Apollon ; restes d'un édifice de bains; d4bris de deux aqueducs; ruines d'un ancien palais préfectoral. Le couvent des Récollets (1543) possède de beaux manuscrits du xviie s.; son église est décorée de trois tableaux de Ludovico Brea, le condisciple de Raphaël, et de fresques modernes (à la voûte) par le Vénitien Giacomelli. Sur une place, s'élèvent deux magnifiques chênes verts (près du monastère ï et une
Grotte de Saint-André.
belle croix de marbre (1447) fixée sur une colonne torse d'origine romaine, et représentant le séraphin crucifié que saint François d'Assise vit en extase.
Les Sources du Ray. — La fontaine de Mouraille (1 h. 15 min.), sourd en deux filets d'eau à l'extrémité d'une combe sauvage, au N. du hameau du Ray. — En continuant de remonter la combe
DE TOULON A KICK
au N. on arrive au pied d'un rocher dont les cavernes recèlent les eaux de la fontaine Saifl/e, source intermittente qui jaillit à des intervalles de 6 mois à 3 ans. La fontaine du Temple (15 min. de l'église du Ray), jaillit dans un charmant vallon boisé qui se prolonge du N. au SM parallèlement à celui de Mouraille.
Le mont Cau (3 h. ou 3 h. 15 min.). — Le sommet du mont Cau (854 mèt. d'altit.) est une plate-forme presque horizontale dont le reboisement est commencé, sur laquelle ont été découverts des vestiges d'anciennes murailles cyclopéennes, et d'où l'on découvre un admirable panorama.
Saint-Barthélémy et le vallon obscur (7 kil. env.), dont les parois sont tapissées d'arbres et de plantes qui interceptent les rayons du soleil.
Vallon du Magnan; embouchure du Var. — Le Magnan est le ruisseau qui se jette dans la mer à 2 kil. à l'O. du Paillon. La promenade des Anglais, bordée de riches villas, aboutit au vallon de ce ruisseau, l'un des plus jolis des environs de Nice.
Près de Sainte-Hélène, un chemin se détache de la grande route de Marseille et longe à distance le bord de la mer, pour traverser ensuite, en plusieurs sentiers, des prairies marécageuses et atteindre, sur la grève, Pembouchure du Var (8 kil. de Nice). La construction d'un hippodrome et l'établissement d'un jardin zoologique, en voie d'exécution, sur remplacement des bosquets de la Californie, vont transformer en promenades d'agrément ces terres humides, aujourd'hui parcourues uniquement par les chasseurs '.