‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 306 sur 360 · NICE. — MONUMENTS PUBLICS · texte numérisé non relu

NICE. — MONUMENTS PUBLICS

Des aloès, des cactus, des agaves américaines bordent les allées sinueuses qui ont remplacé les anciens remparts ; ça et là s'élèvent quelques dattiers et des palmiers chamœrops. De la plateforme qui couronne le monticule, à 96 mèt. au-dessus du niveau de la mer, on découvre un panorama d'une indescriptible beauté : la Méditerranée, Nice, ses jardins et ses vergers, les collines qui la dominent, et, par dessus ces collines, le triple amphithéâtre des montagnes. Au S. de la plate-forme, immédiatement au-dessus de la crique des Ponchettes, s'élève la tour Bellanda, dite aussi tour Clérissy du nom d'un propriétaire qui l'a fait badigeonner, et, mieux encore, tour Saint-Lambert. C'est une grosse tour ronde, bâtie, dit-on, pendant le cours du ve s. Derrière cette tour, l'ingénieur André Bergante avait creusé dans le roc, en 1517, un puits profond de 50 mèt., qui a été voûté en 1830, à cause des nombreux infanticides qui s'y commettaient.

Dans ces dernières années, et surtout depuis son annexion à la France, la ville de Nice a entrepris de grands travaux d'utililé générale ou d'embellissements : de nouveaux quartiers, des monuments publics s'élèvent de tous côtés, et la municipalité discute d'importants projets qui se réaliseront sans doute prochainement.

Monuments publics.

L'église Sainte- Réparate (rue du même nom), qui sert actuellement de cathédrale, a été reconstruite en 1650. Elle est surmontée d'une haute coupole qui s'écroula en 1658. L'ancien évéché (1570) s'élève un peu plus loin dans la rue Sainte-Réparate. — Véglise Saint-Martin (avenue Éberlé) a remplacé celle du couvent des Augustins, où Martin Luther, alors catholique fervent, célébra la messe le 20 juin \b3k. Le monastère a été transformé en caserne. — Véglise de Saint-Jacques le Majeur ou du Jésus (rue Droite) a été construite par les jésuites en 1650. La façade, d'ordre composite, en est moderne. — VégHse Saint-François de Paule (rue du môme nom), bâtie par Guarini en 1736, renferme un tableau représentant la Communion de saint Benoit et attribué à Cari Vanloo. — Véglise Notre-Dame du Vœu (place du môme nom, rive dr.) a été élevée à la suite d'un vœu fait par les con-

DE TOULON A NICE

suis de Nice, pour obtenir que la ville fût préservée du choléra, en 1835. Un tableau de M. Hauser rappelle cet événement. Le fronton de cette église porte une inscription qui prête à un singulier équivoque : Gratiarum Matri, A la Mère des Grâces 1 — La chapelle du Saint-Sépulcre ou des Pénitents Meus (place Napoléon), possède un tableau signé Vanloo. — Vèglise de la Croix (au centre de la vieille ville), contient une tête du Père éternel, attribuée au même artiste. — Dans la sacristie de la cltapelle de la Miséricorde (sur le Cours), on voit un beau diptyque du xive s., signé Johannes Miratheti. — Nous signalerons encore, dans la chapelle Sainte-Claire (rue du même nom), une toile de Bis* cara, et nous ne ferons qu'indiquer : Y église de la Conception ou du Port (place Gassini) ; plusieurs chapelles affectées à des confréries ; les temples anglicans ( rues de France et Saint-Barthélemy), vaudois (rue Gioffredo), presbytérien (rue Masséna, 5), russe (rue Longchamp), allemand (rue de la Buffa), et la synagogue (rue du Statut).

Vhôtel de ville (place Saint-François) n'a de remarquable que sa façade, qui date du xvme s. La tour de l'Horloge, qui s'élève à côté, est l'ancien clocher de Saint-François, dont la façade subsiste en partie. On doit construire un nouvel hôtel de ville sur la place Saint-Dominique. — L'hôtel de la Préfecture (place de la Préfecture) est une construction massive, récemment restaurée et précédée d'un charmant jardin.

Nice possède, en outre, trois hôpitaux : celui de la Croix, celui de la Charité, sur l'avenue du Prince-Impérial, et dont le rez-dechaussée est réservé aux enfants trouvés ou orphelins, et celui de Saint-Roch (construction moderne ; hôpital civil et militaire) ; un hospice de la Providence pour les jeunes filles; un tribunal; une prison; un lycée fondé au commencement du xvne s. et récemment agrandi (les botanistes peuvent y voir le plus beau Melaleuca linearifolia de l'Europe) ; une manufacture de tabacs ; deux théâtres : le théâtre Impérial (rue Saint-François de Paule et boulevard du Midi); et le théâtre Tiranty ou théâtre français (derrière la place Masséna).

L'ancien palais des Lascaris, dans la rue Droite, est construit dans le style des grands palais génois, ma*s avec moins de splen-

NICF. — MUSÉES

deur ; on y remarque des plafonds du xv« s., peints par Carlone, et de beaux escaliers de marbre.

Nous signalerons aussi quelques autres maisons particulières :

— le n° 4 du quai Cassini, où est né J. Garibaldi, le 4 juillet 1807 ; — le n° 14 de la rue de la Préfecture, où est mort Paganini;

— et le n° 5 de la rue de France, où est mort Halévy, au mois de mars 1862.

Musées et collections.

Le musée de Nice (place Napoléon, 6) a été formé en 1846 par un legs de M. Vérany, qui donna à la ville sa collection d'ornithologie et de conchyliologie. On y remarque en outre une collection de minéraux de la province, une .collection de céphalopodes et des mollusques de la Méditerranée, et enfin une belle collection géologique (fossiles) donnée par M. Pérez. La collection de champignons, offerte par M. Barla, de Nice, est, dit-on, Tune des plus belles, sinon la plus belle de l'Europe.

La bibliothèque publique (à l'extrémité 0. du Cours) , riche de plus de 40 000 volumes, est ouverte, ainsi que le musée, tous les jours, de 10 à 3 heures.

Nice possède une pépinière et un jardin botanique, situés près de l'hôpital civil ; en outre, des spéculateurs privés avaient fondé, dans le faubourg de la Groix-de-Marbre, un prétendu jardin zoologique, transféré près de l'embouchure du Var.

Nous devons signaler enfin un certain nombre de collections remarquables d'histoire naturelle et d'archéologie appartenant à des particuliers, mais que les étrangers obtiennent facilement la permission de visiter. Les principales sont : la collection de géologie et d'histoire naturelle de M. J.-B. Risso (à Saint-Roch) ; — la collection de minéraux et de fossiles de M. Ph. Gény (à Saint- Roch); — le magnifique herbier de M. Barla (place Napoléon, 6);

— la collection de fossiles de M. Baudouin (rue du Pont-Neuf, 9) ;

— la collection d'insectes et de reptiles du pays, de M. Joanny Bruyat (rue des Ponchettes, 15); — la collection de coquilles et de papillons, de M. Cotonnier (route de Gênes, villa de la Tour) ;

— et enfin les collections d'antiquités de Cimiès (médailles et autres objets), de M. Guilloteau (à Simiès) et de M. Méric

(place Masséna, k). — M. Gény (à Saint-Roch), géologue et botaniste distingué, possède un magnifique plan géologique des Alpes- Maritimes (non compris l'arrond. de Grasse), qu'il a dressé luimême à l'échelle de 1 mèt. pour 75 000 mèt. d'étendue et de 3 cent, pour 1000 mèt. de hauteur.

Agriculture. — Industrie. — Commerce. — Navigation. — Port.

L'olivier forme la principale richesse de Nice et des pays environnants. Les figuiers, hs amandiers, les mûriers, les caroubiers, sont aussi cultivés aux alentours de la ville; mais, après l'olivier, c'est l'oranger (180 variétés ou sous- variétés) qui livre au commerce les produits les plus importants. La vigne , disposée généralement en longues rangées alternant avec des arbres fruitiers ou des plates-bandes de légumes, occupe une grande partie du territoire. Les vins rouges et blancs les plus généreux de la contrée sont ceux qui proviennent des vignobles de Bellet, de Saint-Isidore, d'Aspremont, de Saint-Martin, du Var, etc.

« Le vin de Bellet, dit M. Roubaudi, peut soutenir la comparaison avec les vins les plus estimés ; mais il en est de ce vin comme de ceux d'Alicante, de Malaga, de Bordeaux, de Champagne ; l'espace de terrain qui produit cette excellente qualité de vin est très-limité, et chaque année il se consomme à Nice et à l'étranger mille fois plus de Ballet que le sol n'en pourrait annuellement produire.

« Les vins de Nice contiennent en général très-peu d'alcool ; ils stimulent fortement l'estomac, désaltèrent très-peu et portent à la tête. »

L'agriculture de Nice se distingue par la conservation parfaite des anciens procédés transmis de siècle en siècle et par l'emploi judicieux des engrais qui se recueillent partout avec soin. Dans toute la campagne de Nice, en effet, on remarque au coin des champs ou des jardins, le long des chemins et des sentiers, de petites maisonnettes à l'usage des passants; de môme, les habitants de la ville conservent précieusement les immondices pour les vendre aux paysans.

L'industrie proprement dite comprend les parfumeries et les distilleries (30 000 kil. de violettes, 200 000 kil. de fleurs d'oran-

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