LA CORNICHE. — EZA
le trajet. — Le bateau à vapeur la Palmaria fait la traversée de Nice à Monaco en 1 h. 35 min. Prix : 2 fr. 50 c; aller et retour 4 fr. — Par bateau de plaisance, avec 4 avirons, il faut 2 h. 40 min.; le tarif d'un bateau de cette espèce est de 8 fr. pour t, 2 ou 3 personnes, et de 12 fr. pour 4, 5 ou 6 personnes.
De Nice à Menton (31 kil.), omnibus, place Saint-Dominique et place de la Mairie ; 4 départs par jour. Prix 2 et 3 fr. Trajet en 4 h. env. — Voitures de poste : 20 c. par chaque cheval, 75 c. puur la voiture et 25 c. pour le postillon, par kilomètre parcouru. — Calèches à volonté iprix à débattre). — Chemin de fer concédé de Nice àla frontière d'Italie. Ce ctiemin qui suit le littoral autant que le permettent les dentelures de la côte, et auquel on travaille activement, présente de sérieuses difficultés d'exécution. En plusieurs points, il a été nécessaire d'appuyer la voie sur des murs de soutènement dont le pied plonge dans la mer et dont l'un n'a pas moins de 800 met. de longueur; il a fallu, enfin, percer 10 tunnels d une longueur totale de 4260 mèt. ; élever 4 viaducs de 25 met., 50 mèt. et 75 mèt., et plusieurs ponts; creuser de profondes tranchées, etc.... Le devis approximatif de» dépenses est de 800 000 fr. par kilomètre.
La route do terre de Nice à Gênes s'appelle ordinairement la Corniche, à cause de l'étroitesse de l'ancien chemin (reste d'une voie romaine), tracé sur les crêtes des rochers qui bordent la mer. La vue de la mer et des Alpes, la variété des aspects, la succession de caps, de golfes, de ports, de villes et de villages, la richesse de la végétation tropicale sur quelques points , tout concourt à faire de la Corniche une des routes les plus intéressantes du monde entier.
En sortant de Nice la route se dirige vers la base du Mont- Gros. A 6 kil. env., on laisse à dr. un chemin difficile qui descend à Villefranche ; à g. se dressent le mont Leuze ou Leuza (Léouse, chêne), dont le point culminant la Pacanaglia ou Pacanaille (576 mèt. d'alt.) est surmonté d'une tourelle, puis le mont des Fourches ; la route contourne leurs contre-forts supérieurs et gagne le versant septentrional de l'arête. A un brusque détour de la route, on aperçoit tout à coup le pittoresque rocher et les vieilles constructions d'Èze ou Eza, semblables à des ruines, c La partie de la route de Gênes qui domine Eza, dit Jean Reynaud , est peut-être celle qui présente le plus de grandeur. » Du côté de la France, en effet, le regard embrasse une demi-douzaine de golfes,
340 DE TOULON A NTOE.
la presqu'île de Saint- Hospice, l'embouchure du Vaiyla péninsule de la Garoupe, Antibes et sa forteresse, le golfe Jouan, les lies de Lerins, le golfe de la Napoule, Cannes, l'Estérel, le golfe de Grimaud, Saint-Tropez et la chaîne des Maures. Du côté de l'Italie, au contraire, la vue est immédiatement bornée par la Tôtede-Chien.
£za, v. de 580 h'db^YAvisium ou Visia de l'Itinéraire d'Antonin, est bâti au sommet d'un rocher pyramidal inaccessible de tous côtés, sauf par un chemin carrossable d'un kit. de longueur, qui descend obliquement du flanc de la montagne et suit un isthme
La Turbie.
cultivé où jaillit une fontaine abondante. La cime du rocher est couronnée çà et là de murailles et de tours ruinées, restes d'un château détruit en 1543 (inscriptions romaines et autres antiquités). Un chemin de 4 kil. de longueur monte directement de la fontaine <ÏÈ~e vers le plateau de la Turbie, et rejoint la grande route à 1500 met. en deçà de ce dernier village. On laisse à g., avant, d'entrer à la Turbie, une voie carrossable qui descend au vallon du Laguet (18 kil. de Nice; oratoire très-fréquenté, madone miraculeuse; bornes milliaires).
18 kil. La Turbie (relais), v. de 848 hab., situé à près de 500 mèt. au-dessus de la mer, sur l'arête qui réunit le Mont-Agel
DE TOULON A NICE
au promontoire de la Tète-de-Chien. On y jouit d'une vue magnifique. Les maisons du village et surtout l'église Saint-Michel sont presque entièrement construites avec des marbres provenant du monument dit Tour d'Auguste, élevé à la Turbie par les Romains, 25 ans avant Jésus-Christ, en mémoire des victoires d'Auguste sur les peuplades des Alpes.
Un nouveau chemin, sorte de grand escalier caillouté qui descend en lacets les flancs escarpés de la Tête-de-Chien, conduit en 45 min. env. de la Turbie à Monaco (il faut 1 h. 30 en sens inverse). A mi-côte, on traverse un plateau aride d'où Ton découvre Monaco, semblable à une oasis sur le rivage. A g., sur la hauteur, se dresse une tour appelée dans le pays il Pilastro. On rejoint la route de Roquebrune sur le bord de la mer, à 5 min. env. de Monaco.
En 20 min., on peut se rendre de la Turbie au bord du précipice vertical de la Tète-de-Chien (542 mèt. d'altit.), rocher superbe, au pied duquel se blottit Monaco (belle vue).
L'ascension du Mont-Agel (1149 mèt.), au N. E., demande environ 5 h. (3 h. à la montée, 2 h. à la descente; vue vraiment incomparable sur le littoral de la Provence et de la Ligurie, des lies d'Hyères et de la pointe de Saint-Tropez au promontoire de Bordighera). Pour ne pas courir le risque de s'égarer, il est bon d'avoir un guide.
Au delà de la Turbie, la route décrit de nombreux zigzags. On aperçoit à g., sur un agglomérat de cailloux, Roquebrune, v. de 1825 hab., qui faisait autrefois partie de la principauté de Monaco; il s'en détacha, ainsi que Menton, en 1848, et a été annexé à la France en 1860 (ruines du château des Lascaris et des Grimaldi).
A 800 mèt. environ de Roquebrune, on prend à dr. une route qui descend vers la mer. La vue dont on jouit est à peu près semblable à celle que l'on embrasse du haut de la Corniche. Après avoir franchi, au delà de Cabé, l'ancien poste romain de Yigiliœ (veille), une arête de rochers, on entre sur le territoire de la principauté de Monaco.
La route contourne le petit ravin de Vine, puis, laissant à dr. une chapelle construite sur l'emplacement de l'ancien couvent de