RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
Sainte-Dévote, descend par une suite de lacets sur le rivage môme du golfe ou port d'Hercule, On passe devant le nouvel établissement des bains, et, gravissant une rampe à gradins, audessous d'une belle tour ronde, on franchit trois ou quatre poternes avant de déboucher sur la place de Monaco.
Monaco (hôt. : des Bain*, de Russie, avec café-restaurant, sur la place du Palais; — de Paris, tenu avec un grand luxe, à côté du Casino; cercle des Etrangers, en face de la caserne
Roquebrune.
de la Visitation), V. de 1200 hab., bâtie sur un rocher long de 300 met., haut de 50 à 60 met., uni dans sa partie supérieure et coupé à pic sur toute sa circonférence : c Qu'on s'imagine, a dit Jean Reynaud, qu'on s'imagine trois étroites ruelles courant depuis la place jusqu'à l'autre extrémité du plateau : à l'E. un chemin de ronde, à l'O. une terrasse accidentée agréablement, plantée de pins, de cyprès et d'une multitude d'aloès, de cactus io autres plantes qui y pullulent comme chez nous la mauvaise
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herbe; de distance en distance, des plates-formes saillantes pour l'artillerie et des guérites en poivrières, pittoresquement suspendues sur l'abîme : vous avez une idée de Monaco. »
Une tradition mythologique fait du territoire actuel de Monaco le théâtre de la victoire d'Hercule sur le brigand Géryon; d'où le nom de porlus Herculis, sous lequel ce port et la colonie étaient connus 500 ans avant notre ère. Son isolement lui fit donner bientôt le surnom de Monoikos (habitation isolée), dont les Romains firent Munœchus (Portas Herculis Afonœci). Au moyen âge, de Monœchus on lit Monachus, et, à l idée d'Hercule, on substitua celle d'un moine d'une force herculéenne; de là les deux religieux qui supportent les armes de Monaco.
Après la mort de Gharlemagne, les Sarrasins s'établirent à Monaco et dans les montagnes voisines. Pendant les luttes des Guelfes et des Gibelins, cette ville appartint successivement aux Grimaldi et aux Spinola. Au xvne s., les Espagnols, puis les Français exercèrent le protectorat de la principauté.
En 1792, les trois communes de Monaco, Menton et Roquebrune se donnèrent à la République française et firent partie du département des Alpes-Maritimes. Les traités de 1815 reconstituèrent la principauté en faveur de son ancien souverain, mais ils en attribuèrent le protectorat au Piémont, avec charge pour lui d'entretenir une garnison à Monaco et à Menton. La tyrannie fiscale du prince Honoré V, puis de son successeur Florestan, détermina Menton et Roquebrune à se déclarer villes libres en 18^8; elles demeurèrent, en effet, indépendante % jusqu'à ce qu'elles fussent incorporées à la France, en 1861, à la suite d'un vote des habitants. Le gouvernement français a néanmoins payé une indemnité de 4 millions au prince Charles III de Monaco pour le rachat du titre féodal de ces deux anciens fiefs. Monaco seule forme donc aujourd'hui le territoire de la principauté. L'enclave, comprise tout entière dans le canton français de Menton , a une longueur de 3 kil. 1/2 et une largeur variable de 1 kil. à 150 mèt.
Le château de Monaco , situé entre la place de Bellevue et l'isthme de la Péninsule, à PO. de la ville, est un édifice carré d'ancienne date, agrandi par des constructions modernes. Le prince actuel consacre chaque année 20 à 30 000 fr. aux répara-
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tions du palais dont les portes ne sont pas encore ouvertes aux visiteurs. A dr. de la cour d'honneur règne une galerie ornée de fresques qui ont été attribuées au Caravage, mais qui sont en réalité d'un peintre moderne, la peinture primitive étant presque partout effacée. A g., uu escalier de marbre blanc, à double rampe, rappelant celui de Fontainebleau, mais dans des dimensions trop vastes relativement aux constructions environnantes, conduit à une autre galerie dont les fresques, attribuées à Garlone, ont été récemment réparées par M. Murât. Dans le salon d'honneur ou salle Grimaldi, on remarque une cheminée de la Renaissance ornée de médaillons et de cariatides finement sculptés. La chapelle Saint-Jean-Baptiste est décorée avec splendeur de marbres, de dorures et de mosaïques, a Derrière, a dit Jean Reynaud , se heurtent les uns contre les autres , forts et bastions avec souterrains et oubliettes. » Enfin, les jardins, dessinés en 1848 et étagés en terrasses, sur remplacement d'anciens bastions , sont plantés de pins, de lauriers-roses et de plantes grasses. On y voit un tombeau romain et une borne milliaire.
La principale église, dédiée à saint Nicolas, offre peu d'intérêt. Elle se compose de trois nefs du style roman, datant probable*ment du xne ou du xme s. On y remarque seulement de vieilles peintures sur bois. Véglite des Pénitents renferme un assez joli groupe en marbre blanc représentant la Vierge et des anges. Les antres édifices de Monaco n'ont aucune importance au point de vue architectural. Le plus vaste est le couvent des Jésuites, qui servit de caserne aux troupes piémontaises de 1816 à 1860. Quelques maisons particulières offrent de jolis détails ; on remarque surtout dans la rue de Lorraine deux charmantes petites portes de la Renaissance. — La promenade Saint-Martin, beau jardin de plantes tropicales, mal entretenu et d'où l'on domine la mer de 60 mèt. environ, a remplacé les terre-pleins et les chemins couverts des anciens remparts, au S. et à PE. de la ville. De vieux débris de murs hérissent les saillies de la falaise.
Le port, autrefois si célèbre sous le nom de portus Herculis, n'est plus aujourd'hui qu'une anse de pêcheurs (environ 25 hect. de superficie), où les navires d'un fort tirant d'eau ne peuvent pénétrer; très-étroit d'ailleurs, il est graduellement envahi par