‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 322 sur 360 · AIX. — PROMENADES. — EXCURSIONS · texte numérisé non relu

AIX. — PROMENADES. — EXCURSIONS

coton, plusieurs imprimeries d'indiennes ou de toiles peintes, des huileries, des tanneries, des teintureries, des chapelleries, des minoteries, des savonneries, des fabriques de dragées, de pâtes de Gênes, de nougats, etc.; et, dans les environs, des carrières de plâtre, de pierres de taille et de marbre noir.

Aix possède, outre le Cours, la promenade des Lices, autour de la ville, et un autre cours extérieur, au delà de la porte Saint- Louis.

Les environs d'Aix offrent un grand nombre d'excursions intéressantes. On peut visiter : — au N., au-dessus de l'hôpital, la colline à' Entremont, jonchée des ruines d'un camp salien; c'est là qu'ont été découverts les trois bas-reliefs gaulois, aujourd'hui déposés au musée ; — du môme côté (6 kil.), les ruines du château de Puyricard; — à l'O., de nombreux châteaux et les derniers des chênes druidiques qui composaient le Lucus Nigrinus; — au S., les rives de l'Arc, la bastide du roi René et le pic de Notre- Dame-des-Anges; — à l'E., les sites pittoresques du village du Tholonet , dont le château appartient à M. le marquis de Gallifet.

L'excursion la plus recommandée est celle du château de Vauvenargues et de la montagne de Sainte- Victoire (10 h. environ aller et retour). — On peut aller en voiture jusqu'à (13 kil.) Vauvenargues (Vallis veranica), v. de 429 hab., situé sur le flanc méridional du mont Lubaou que couvrent les bois épais de France et de Concors, et séparé de la montagne de Sainte- Victoire par la rivière de la Cose (cascade) et le val pittoresque des Infernets (cascades). Le château de Vauvenargues, bâti sur une plate-forme soutenue par d'épaisses murailles, au sommet d'un mamelon, est un vaste bâtiment carré, flanqué de grosses tours du xive s. Une salle immense, appelée le Réduit, faisait, dit-on, partie d'un château fort, construit sous la domination ro- • maine. Les autres appartements sont vastes, ornés de cheminées du xvi° s. et de meubles de la même époque. (Armures du xni« s., modèles des premières armes à feu, collection de tableaux de l'école d'Italie, buste de Napoléon par Ganova.) L'une des tours contient un oratoire où est déposé le corps de saint Sé vérin, donné par le pape Pie VII au cardinal d'Isoard. La seigneurie de

LYON A Lk MÉDITERRANÉE. 24

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Vauvenargues appartint jusqu'en 1257 aux comtes de Provence. Elle passa depuis à plusieurs familles. En 1722, elle fut érigée en marquisat, en faveur de Joseph de Clapiers de Vauvenargues, premier consul d'Aix en 1720, pour le récompenser de son dévouement à l'époque de la peste. Son fils aîné, le célèbre morat liste, né à Aix en 1715, Fauteur de V Introduction à la connaissance de l'entendement humain, mourut prématurément, à l'âge de 32 ans, des suites de ses fatigues dans la retraite de Prague (1741) ; le second fils, dernier du nom, mourut en 1801. La famille d'Isoard est aujourd'hui en possession de ce domaine.

A la pointe occidentale de la Montagne de Sainte-Victoire (2 h. 1/2 de marche depuis Vauvenargues) s'ouvre un petit vallon qui renferme une chapelle de Notre-Dame de la Victoire, fondée en 1661, restaurée en 1822, et dévastée par des malfaiteurs en 1860. A côté sont une. citerne et un petit couvent construit à la môme époque et habité successivement par quelques Carmes, puis par des ermites. (Mine d'argent abandonnée.)

Du point culminant de la montagne (967 mèt. d'altit.), où s'élève une énorme croix de bois, on découvre un immense horizon : au S., le plateau mamelonné de la montagne du Cengle (le premier escarpement de la chaîne de Sainte-Victoire), la vallée de l'Arc, la chaîne de l'Étoile et de Notre-Dame-des-Anges ; à l'E., le Baou de Bretagne, le Saint- Pilon où se cache la Sainte-Baume, et la chaîne de PEstérel; au N., les Alpes, le Sambuc, la vallée de la Durance, le Mont-Luberon, le Mont-Ventoux, les plaines du Rhôn2, la Trévaresse et la Camargue. — A quelques mètres à l'E. du plateau de la croix est une grotte renfermant un gouffre, nommé le Garagay, dont la profondeur est inconnue. Walter- Scott a placé une des plus jolies scènes du roman d'Anne de Geierstein au monastère de Sainte-Victoire; il fait une descrip- . tion très- exacte de la montagne et du Garagay.

Pont-viaauc de Beaucaire.

SIXIEME SECTION

DE TARASCON A CETTE1

Au sortir de la station de Tarascon, la voie ferrée, prenant la direction de l'O., et quittant le département desBouches-du-Rhône pour entrer dans celui du Gard, franchit le Rhône sur le magnifique pont-viaduc qui relie l'embranchement de Cette à la grande ligne de Lyon à Marseille. Ce viaduc, long de 596 mèt. 67 cent., se compose de 8 arches, dont 7 de 62 mèt. d'ouverture, et une de 6, reposant sur sept piles colossales établies dans le fleuve avec des blocs énormes, tirés des carrières de Saint-Gabriel. La construction, dirigée par M. l'ingénieur Borel, a présenté de grandes difficultés.

1. Voir , à la lin du volume , le tableau du prix des places*

DE TARASCON A CETTE

A dr., la vue se porte sur le magnifique pont suspendu qui relie Beaucaire à Tarascon. Un peu plus loin, au delà du Rhône, entre le fleuve et une chaîne de rochers que couronnent les ruines d'un vieux château fort, s'élève une petite ville d'un aspect pittoresque : c'est Beaucaire.

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