STATION. — LA ROCHE
9 kil. de Joigny. — 155 kil. de Paris. — 357 Ml. de Lyon.
La station de la Roche, où s'arrêtent les trains express, doit son importance à l'embouchure du canal de Bourgogne dans l'Yonne, voisine de celle de l'Armançon, et à l'embranchement d'Auxerre.
Le canal de Bourgogne, destiné à réunir la Seine et le Rhône par la Saône, a son embouchure d'une part à la Roche dans l'Yonne, et d'autre part à Saint-Jean-de-Losne dans la Saône. Commencés en 1775, abandonnés en 1703, repris en 1808, les travaux ne furent terminés qu'en 1832. Les dépenses se sont élevées à 55 533 609 fr. La longueur totale de ce canal est de 242 044 mètres, ainsi divisés: 154 644 mètres dans le bassin de la Seine, 6088 pour le bief de partage, et 81 312 dans le bassin du Rhône. C'est à Pouilly qu'il traverse le faite qui sépare les deux bassins. Le bief de partage se compose de deux parties en tran-
chées et d'un souterrain de 3333 mètres de longueur. Cinq réservoirs — Grosbois, Chazilly, Cercey, Panthiers et du Tillot — dont la capacité totale dépasse 22 000 000 mètres cubes, et vingt prises d'eau naturelle pouvant fournir en moyenne, pendant les mois d'été, 131 450 mètres cubes par 24 beures (14 sur le versant de la Seine et 6 sur le versant du Rhône), alimentent le canal de Bourgogne. Le versant de la Seine a une pente de 300m,033 que rachètent 115 écluses; la pente du versant du Rhône est de 199m,086 ; elle est rachetée par 76 écluses. La charge ordinaire des bateaux varie de 90 à 120 tonnes. La traction se fait soit par des chevaux (16 relais), soit par des hommes.
Le chemin de Lyon, continuant à se diriger à l'est, quitte la vallée de l'Yonne pour remonter celle de l'Armançon, rivière qui prend sa source dans le département de la Côte-d'Or, à 405 mètres, près du village d'Essey, et qui vient, comme nous l'avons dit, se jeter dans l'Yonne à la Roche, après avoir arrosé Semur et les principales localités situées entre le village de Buffon près de Montbard et la Roche.
On longe à g. les bassins du canal, puis le canal lui-même ; et Ton aperçoit le pont sur lequel l'embranchement d'Auxerre franchit l'Yonne. L'Armançon, bordé d'arbres, coule à peu de distance du chemin de fer. En face de Cheny (800 hab.) situé à dr., se montre à g. Migennes (720 hab.); plus loin, à g., on remarque Esnon (491 hab.).
24° STATION. — BRIENON-L'ARCHEVÊQUE.
9 kil. de la Roche. — 164 kil. de Paris. — 348 kil. de Lyon.
Voitures de correspondance pour (16 kil.) Arces (75 c).
Brienon, chef-lieu de canton de 26 011 hab., se trouve situé à peu de distance de la rive dr. de l'Armançon, dans une plaine fertile. La route de terre le traverse. On l'appelle Brienorp-V Archevêque parce que la terre ou seigneurie, qui portait le titre de baronnie, appartint à saint Loup, archevêque de Sens, qui la concéda à son église cathédrale. Cette ville, souvent détruite par des incendies, ne possède aucun monument curieux. L'église date de la Renaissance. Sur la place où elle s'élève, se trouvent groupés la mairie, la halle, le four banal et le château. La fon-
BRIENON. — SAINT-FLORENTIN. 103
taine de Saint-Loup, jadis célèbre, est actuellement délaissée; mais des lavoirs ont été formés avec d'autres sources. L'ancien mur d'enceinte du xvie s. n'existe plus, et les fossés nivelés et plantés forment une promenade peu fréquentée.
Le canal de Bourgogne possède à Brienon un port autrefois animé. Le faubourg, bâti près de ce port, s'appelle Port Saint- Martin. Il a pour habitants des mariniers chargés de conduire à Paris, par l'Armançon ou le canal, et par l'Yonne, des bois provenant de la forêt d'Othe, qui s'étend au nord entre Joigny et Brienon.
Après avoir laissé à dr. la ferme de Crécy, remarquable par son ancienneté, on traverse l'Armançon sur un pont de 9 arches de 10 met, haut de 7 mèt. 60 c, et l'on s'éloigne du canal. A dr. s'étend une vaste plaine sur laquelle on aperçoit quelques villasres.
25e STATION. - SAINT-FLORENTIN.
9 kit. de Brienon. — 173 kil. de Paris. — 339 kil. de Lyon.
Des omnibus, correspondant avec tous les trains, transportent pour 30 cent., le jour, 50 cent, la nuit, les voyageurs de la station à la ville, éloignée de 2 kil.
Voitures de correspondance conduisant à : Chablis (2k kil. pour 3 fr.), par Ligny (14 kil. pour 1 fr.); — Chailley (12 kil. pour 50 cent.). — Saint-Mards-en-Othe (27 kil. pour 2 fr.).
Saint-Florentin (hôtel de la Porte Dtfo), chef-lieu du canton de l'arrondissement d'Auxerre (Yonne), ville de 2589 habitants, se trouve située sur les pentes et sur le sommet d'une colline, au pied de laquelle l'Armance et l'Armançon confondent leurs eaux. Son origine est inconnue; elle existait cependant quand les Romains envahirent la Gaule. On l'appelait alors Château-du-Mont (Castrodonum) ; plus tard, elle prit le nom de Château-Florentin iCastrum Florentini). En 511, les Bourguignons, que Glovis en avait chassés, y rentrèrent, et y construisirent, sur l'une des lies que forme l'Armance avant de se jeter dans l'Armançon, une forteresse destinée à leur assurer la possession de leur conquête. Vers la fin du vie s., Thierry, roi de Bourgogne, permit à Brunehaut de se retirer dans cette forteresse, où Frédégonde la fit vainement attaquer par Landry, qui essuya une défaite com-
plète. Le champ de bataille se nomma d'abord champ Landry; on Pappelle encore aujourd'hui Chalendry. Deux hameaux, le Grand et le Petit-Chalendry, en occupent remplacement. Quant à la forteresse, nommée Brinchefort ou Brunefort, elle fut rasée par Pépin, en 752; c'est actuellement un jardin potager dans lequel ont été trouvées souvent des médailles romaines, et des monnaies des rois de Bourgogne, en or et en argent. A quelques mètres des fossés presque comblés par la bourbe et les roseaux, jaillit une petite source appelée la Fontaine des Pierres.
En 855, Château-Florentin prit le nom de Saint-Florentin, parce que la comtesse de Chartres et sa sœur y fondèrent une abbaye de Bénédictins sous l'invocation de ce saint dont elles possédaient des reliques qui, selon la légende, opéraient un grand nombre de miracles. Cette abbaye, plusieurs fois ruinée, fut, vers 1180, remplacée par un prieuré. Il n'en reste que les débris d'une petite chapelle, quelques pans de murs que soutient un contre-fort enclavé dans une maison particulière. Mais l'éminence sur laquelle s'élevaient les bâtiments a conservé le nom de prieuré. Elle est actuellement transformée en promenade publique , et on y découvre un joli point de vue.
L'histoire de Saint-Florentin, à dater de la fondation de son abbaye, n'offre plus qu'un intérêt local. Après avoir relevé, pendant plusieurs siècles, des comtes de Champagne, qui l'avaient enlevée aux Bourguignons, cette place forte frontière fut réunie, en 1284, à la couronne de France, par le mariage de Jeanne de Navarre, fille et unique héritière de Henri le Gros, roi de Navarre et comte de Champagne, avec Philippe le Bel. Ses seigneurs particuliers portaient le titre de vicomtes. En 1353, Philippe de Valois acheta 3000 livres tournois cette vicomté et ses dépendances, à Marguerite, vicomtesse de Saint-Florentin; et depuis, Saint- Florentin devint souvent la retraite des reines mères. Toutefois, elle fut souvent prise et reprise par les partis qui se disputèrent cette contrée de la France, et, distraite de nouveau du domaine de la couronne, elle changea plus d'une fois de possesseurs, jusqu'au jour où Charles de Mantoue, fils du duc de Nivernais , la vendit à Michel Particelli , seigneur d'Hémery, surintendant des finances (1648), qui, trois ans plus tard, prit