‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 34 sur 360 · SAINT-FLORENTIN · texte numérisé non relu

SAINT-FLORENTIN

le titre de vicomte de Saint-Florentin, pour le transmettre à sa fille Marie, épouse de Louis Phelippeaux, seigneur de la Vrillière et de Cbâteauneuf- sur-Loire. Le troisième vicomte de Saint- Florentin fut le secrétaire du Régent. Le quatrième, rougissant de n'être que vicomte, obtint pour sa terre patrimoniale le titre de comté, car il devint, dès l'âge de vingt ans, le favori tout-puissant de Louis XV, le compagnon de ses débauches. En 1765, il perdit la main gauche à lâchasse par accident. Comme

Saint-Florentin.

il était surtout chargé de signer les lettres de cachet, on regrettait que ce ne fût pas la main droite, c Vous n'avez perdu qu'une main, lui écrivit Louis XV, et il en reste toujours deux chez moi à votre service. » Le roi lui concéda en outre, pour le consoler, un terrain situé près de la place de la Concorde, alors place Louis XV, sur lequel il éleva, à l'angle de la rue qui a conservé son nom, le bel hôtel qu'ont occupé tour à tour le duc de Tlnfantado et M. de Talleyrand-Périgord, et que possède aujourd'hui M. de Rothschild. Enfin, en 1770, Louis XV le créa duc de la Vrillière, ce qui

valul au courtisan déjà marquis et comte, mais vieux et sans enfants, cette épitaphe anticipée :

Ci-gît un petit homme à l'air assez commun, Ayant porté trois noms et n'en laissant aucun.

Quand Louis XVI monta sur le trône, le comte de Saint-Florentin dut rentrer dans la vie privée. Le mépris public, faisant explosion, le força de céder sa place à M. de Malesherbes. Il n'était doué d'aucun talent, il n'avait que des vices, et, pendant cinquante-deux ans, il avait satisfait tous les caprices de son ambition : il avait été tour à tour marquis de la Vrilîière, comte de Saint-Florentin, duc de la Vrilîière, ministre de la religion réformée, ministre de la maison du roi, ministre des affaires étrangères, membre honoraire de l'Académie des sciences et de celle des inscriptions et belles-lettres.

Pendant la Révolution, Saint-Florentin s'appela Mont-Ârmance. Elle n'appartint ni à l'une ni à l'autre. La Bourgogne et la Champagne se l'étaient longtemps disputée. Elle devint chef-lieu de district, puis chef-lieu de canton du département de l'Yonne. Elle avait, au commencement du xix° s., repris son nom de Saint- Florentin; mais elle n'a rien conservé de son ancienne physionomie : bastions, remparts, fossés, portes, tours, abbaye, prieuré, maîadrerie, tout a été détruit par le temps ou par les hommes. C'est une ville ouverte qui s'est déjà rebâtie plusieurs fois depuis le moyen âge. Il est difficile d'y trouver quelques fragments de murailles datant du xme s. Une seule tour restée debout, mais défigurée, renferme les cloches de la paroisse. Ses rues sont en général petites, tortueuses etroides. La Gr.mde-Rue, plus large et mieux bâtie, conduit à une petite place irrégulière, au milieu de laquelle s'élève une fontaine, dont le bassin octogonal reçoit l'eau de la gueule de trois dragons de bronze d'une exécution assez soignée.

Véglise de SainUFlorentin (monument historique) ne fut commencée que dans la seconde moitié du xve s., bien que les bourgeois eussent obtenu, dès 1376, non-seulement l'autorisation de la bâtir, mais l'emplacement d'une maison royale appelée le Fief de la tour. Elle n'a jamais été achevée, mais elle vient d'être res-

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