VauUbelle, Histoire des aeuœ Restaurations
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Monuments antiques.
Nimes est la ville de France la plus riche en antiquités romaines. « Nulle part, disent les auteurs de Y Album archéologique du Gard, les mosaïques, les tombeaux, les inscriptions votives, les pierres gravées, les anneaux, les petites statues en bronze, les médaillons ne se présentent avec tant de profusion aux regards de l'antiquaire. »
Les Arènes ou l'amphithéâtre (mon. hist), l'un des monuments antiques les mieux conservés, ont été attribuées tour à tour à Antonin, à Trajan, à Vespasien, à Titus et à Domitien. Au moyen âge, £lles formaient un quartier à part, renfermant 2000 habitants, dont le langage avait, parait-il, un accent particulier. C'est en 1809 seulement que les Arènes ont été entièrement dégagées de toute construction parasite. L'édifice, construit en pierres de Baruthel (carrière à 7 kil. de Nîmes, sur la route d'Alais), mesurant chacune 2 à 3 mèt. cubes et posées l'une sur l'autre sans ciment, présente la forme d'une ellipse dont le grand axe a 133 mèt. 38 cent, et le petit 101 mèt. 40 cent. L'épaisseur des constructions, de l'extérieur au mur de l'arène en dedans de l'ellipse, est de 33 mèt. 54 cent.; la hauteur, qui mesure 21 mèt. 32 cent., comprend deux rangs de portiques superposés, au nombre de 60. Ceux du premier étage (10 mèt. 8 cent, de hauteur) sont séparés par des pilastres sans base , et ceux du deuxième étage par des pilastres engagés, d'ordre dorique. Au-dessus règne Tattique, supporté par des chapiteaux et portant en saillie 120 consoles percées d'un trou et destinées sans doute à recevoir autant de poteaux soutenant la grande tente, le Velarium, qui recouvrait l'amphithéâtre.* Ce gigantesque édifice laisse encore voir, du côté du N. E., quelques sculptures, entre autres, Deux gladiateurs, et, tout près, la Louve allaitant deux petits enfants, souvenir de la fondation de Rome. Aux quatre points cardinaux s'ouvrent quatre portes; celle du N., qui a 4 mèt. 45 cent, d'ouverture, est ornée d'un fronton, soutenu par deux taureaux figurés à mi-corps ; c'était, dit-on, l'entrée principale des Arènes.
Le grand diamètre intérieur mesure 69 mèt. 14 cent.; le petit, 38 mèt. 34 cent. Les 35 rangs de gradins, sur lesquels pouvaient
s'asseoir près de 24 000 spectateurs, sont divisés en quatre précinctions, destinées: la première, celle d'en bas, aux dignitaires; la seconde, aux chevaliers; la troisième, aux plébéiens; la quatrième, aux esclaves. 124 vomitoires permettaient, dans le cas d'un orage imprévu, d'évacuer l'amphithéâtre en quelques minutes. De l'attique, on jouit d'une vue charmante sur les boulevards, les rues, les monuments, la plaine et les collines de Nîmes.
Les Arènes, qui servirent autrefois aux combats d'animaux et de gladiateurs, aux sacrifices des chrétiens et des captifs, et peut-
ôtre aussi à des naumachies dont l'eau était fournie par un aqueduc, servent aujourd'hui aux courses de taureaux. La restauration de ce monument, commencée par les architectes de Nîmes, est loin d'être complète. « Au lieu de se borner à consolider les parties qui menaçaient ruine, on les a refaites entièrement, dit Stendhal; c'est une reconstruction et non une réparation. »
La Maison-Carrée (mon. hist.) est un des pltis beaux monuments que les Romains aient élevés dans les Gaules, l'un des plus parfaits et le plus complet peut-être que nous ait légué l'an-
LYON A LA MÉDITERRANÉE. 1b
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tiquité. On a longtemps discuté sur l'époque exacte de sa fondation. M. Léon Renier vient de démontrer qu'en suivant les errements donnés par le savant Séguier, c'est-à-dire en étudiant les empreintes des lettres et des clous qui les fixaient, on était parvenu à reconstituer l'inscription suivante que supportait la frise de la face antérieure :
C — CAESARI — AVGVSTl — F — COS — L — CAESARI — AVGVST1 F — COS — DESIGN ATO — PR1NCIPIBVS — 1VVENTVTIS.
A Caius César, fils d'Auguste, consul, — A Lucius César, fils d'Auguste, consul désigné, princes de la Jeunesse.
Ce qui établit que le monument a été élevé en l'honneur des deux fils de Julie et d' Agrippa, adoptés par Auguste, leur aïeul, et qui seuls ont porté le titre de Princes de la jeunesse. Caïus fut consul Tan 1er de notre ère ; Lucius, nommé en Tan IV, mourut avant de l'être. L'époque de sa mort est probablement celle de la dédicace du temple. Dans l'opinion des archéologues, ce temple fut l'annexe d'un édifice beaucoup plus vaste. Les fouilles ont démontré l'existence de portiques laléraux, qui offraient une promenade couverte pour les oisifs, et probablement des boutiques et des lieux de dissipation. Tour à tour église, maison consulaire, propriété particulière d'un seigneur de Saint- Chaptes, qui en fit une remise et une écurie, puis magasin d'entrepôt, ce charmant édifice, que Colbert voulait faire transporter k Versailles pierre par pierre, et pour lequel le cardinal Albéroni demandait une enveloppe d'or, est aujourd'hui un musée. Il a été restauré en llkk et débarrassé, en 1820, des constructions qui le masquaient en partie. La toiture a été rétablie d'après les dessins de M. Ch. Durand, et le stylobate, sous la direction de M. Grangent. La Maison-Carrée forme un parallélogramme rectangle, de 25 mèt. 65 cent, de longueur sur 12 mèt. kb cent, de largeur. Le mur extérieur se termine par un riche entablement, que supportent 30 colonnes cannelées, d'ordre corinthien (8 mèt. 96 cent, de hauteur). 20 de ces colonnes sont engagées dans les • murs de l'édifice; les 10 autres soutiennent le péristyle, auquel on monte par un perron de 15 marches. La grande porte carrée (7 mèt. de hauteur), qui s'ouvre sous le péristyle, est couronnée
par une élégante corniche en haut relief, que supportent des consoles d'un fort beau travail. « On a remarqué , dit M. Frossard, plusieurs imperfections ou singularités dans la construction de la Maison-Carrée : les colonnes ne sont pas à égale distance ; la corniche horizontale du fronton du N. ne présente que 29 modillons, celle du S. en a 32 ; la façade latérale de l'O. est ornée de 54 modillons; on en compte 64 sur la façade opposée.» Le temple de Diane (mon. hist.) s'élève au pied du Mont-
La Maison carrée.
Cavalier, qui porte la Tour Magne, à côté du gouffre d'où sort la fontaine (V. ci-dessous). D'après cette inscription trouvée dans les ruines : ISIS.... SERAPIS VESTjE DIANjE SOMNI, plusieurs archéologues ont cru y voir un temple dédié à Isis et à Sérapis, les autres, un panthéon ouvert aux dieux des plaisirs, de la nuit et des songes, mais, depuis les fouilles dirigées par M. Aug. Pelet, et celles qui ont été faites en 1848 et 1849, on pense que c'était un nymphée faisant partie des thermes. Ce qui en existait encore en 1750 fut consolidé et restauré par l'ingénieur Maréchal. Une
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porte en plein cintre, fermée par une grille, y donne entrée. A l'intérieur, qui forme une cella rectangulaire, dont la voûte s'est effondrée en partie, on compte 12 niches, destinées sans doute à recevoir un pareil nombre de statues. Aujourd'hui le temple de Diane est envahi par des figuiers sauvages et des plantes parasites. Un musée lapidaire y a été établi.
La Tour Magne (mon. hist.), que l'on aperçoit de presque tous les points de la campagne de Nîmes, s'élève, à 114 mèt. d'altit., sur le Mont-Cavalier (V. ci-dessous). Son état de délabrement ne permet pas d'en reconnaître la destination primitive ; toutefois, l'opinion des savants qui en font un jfcrarium, ou trésor public, n'est guère plus soutenable que celle de ceux qui la prennent pour un phare maritime ; d'après Ménard, c'était tout simplement une tour à signaux (tel fut, dans tous les cas, son usage au moyen âge). L'opinion la plus vraisemblable est celle de M. Pelet qui, s'appuyant d'un certain nombre d'indices et de la ressemblance de la Tour Magne avec la tour de l'Horloge, monument tumulaire d'Aix, aujourd'hui détruit, concTut que la tour nimoise fut, dans l'origine, le mausolée d'une riche famille grecque, venue en Gaule avec les premières colonies phocéennes.
Reliée aux remparts d'Auguste, transformée en forteresse par les comtes de Toulouse, la Tour Magne, minée sous Henri IV (on croyait que le sol y recouvrait des trésors), menaçait ruine, lorsqu'elle fut consolidée et restaurée par M. Questel, en 1845. La partie inférieure de la tour, jadis octogonale et régulière comme la partie supérieure, a été transformée par divers remaniements en un heptagone irrégulier. L'édifice avait autrefois 36 à 40 mèt. de hauteur; il n'en compte plus que 28, formant trois étages superposés en retrait l'un sur l'autre. Un escalier de 140 marches, tournant en spirale autour d'un solide pilier construit en 1843 et sans lequel la tour s'écroulerait, monte, à l'intérieur, jusqu'au sommet du monument, d'où l'on découvre une vue magnifique, qui a été comparée au panorama qu'embrasse le regard du haut des hauteurs de Florence. On aperçoit : les garrigues ou collines pierreuses des environs, semées de mazets ou bastides et couvertes de vignes et de petits oliviers; au S., la fertile plaine du Vistre; à l'E., le cours du Rhône, les Alpines,
la chaîne de Vaucluse, la masse énorme du Mont-Ventoux ; au N., les Cévennes; à TO., par-dessus les montagnes de l'Hérault, le pic de Saint- Loup, et, quand le temps est clair, le Canigou. Sur le bord de la mer, s'élèvent, au loin, la tour de Constance et les remparts d'Aigues-Mortes.
Le Castellum. divisorium ou château d'eau (mon. hist.), découvert en 1844, au pied de la colline de la Tour Magne, près de
Temple de^Diane.
la maison centrale, distribuait aux différentes parties de la ville antique les eaux venues, par le pont du Gard, des fontaines d'Eure et d'Airan. C'est un bassin circulaire, percé, à une hauteur de 56 cent., de dix ouvertures par lesquelles s'écoulaient les eaux.
Les Bains devaient être magnifiques, à en juger par les fragments de sculpture qui en restent. C'est sur leurs ruines qu'ont été construits, en 1850, les divers bassins de la Fontaine (V. cidessous).
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Il ne reste plus rien du Capitule, sur remplacement duquel s'élève la caserne de gendarmerie, ni du temple d'Auguste, ni de la Basilique de Plotine, construite par Adrien, ni du temple d'Apollon, qui s'élevait vis-à-vis de celui de Diane, ni des sphéristères, ou jeux de paume, ni du Xyste, servant aux jeux gymniques, ni des Thermes^ ni du champ de Mars, ni du cirque, construit sous Néron. De Y enceinte bâtie sous Auguste, on ne voit plus, çà et là, que des fondements de tours et des pans de murailles, dont le plus complet et le plus élevé se montre sur une colline, au delà du chemin de Sauve; en revanche, deux portes entières sont encore debout.
La porté d'Auguste (mon. hist.), sur le boulevard des Calquières, près du temple protestant et en face de l'église Saint- Baudile, fut découverte de 1790 à 1793, lors de la démolition d'un château du moyen âge dans lequel elle était comme ensevelie. Elle a été définitivement dégagée et restaurée en 1849. Bâtie en pierres placées l'une sur l'autre sans ciment, elle se compose de deux grandes arcades en plein cintre, de 3 mèt. 93 cent, d'ouverture, sur 6 mèt. 30 cent, de hauteur, et flanquée de deux arcades plus petites (1 mèt. 93 cent, de largeur sur 5 mèt. 51 cent, de hauteur sous clef). Une belle corniche couronne tout le monument et supporte une frise, où se lit l'inscription qui a permis de déterminer l'époque de la construction des murailles de Nîmes (16 ans avant J. G.).
La porte de France (mon. hist.), derrière l'hôtel de ville, sur la route de Montpellier, en face du chemin de Saint-Gilles, est une arcade à plein cintre, de k mèt. 12 cent, de largeur sur 6 mèt. 58 de hauteur sous clef.
Monuments modernes.
La cathédrale de Saint-Castor (à l'extrémité de la rue des Lombards) fut bâtie, dit-on, sur les ruines du temple d'Auguste, puis réédifiée en 1030 et restaurée en 1096. Deux fois ruinée et deux fois reconstruite pendant les guerres du xvie et du xvir s., elle offre encore des traces de Part romain, de l'art romanobyzantin et de l'art gothique. On remarque surtout la façade (mon. hist.) et la tour, dont une partie du soubassement, parait