MONTPELLIER. — HISTOIRE
ville de Sextanlio ou Sostatio, ancienne colonie romaine. La destruction de Sextantio et de Maguelonne par Charles-Martel, en 737, amena de nouveaux habitants sur le Mont-Peyrou, et les deux villages ne tardèrent pas à former une ville dans laquelle les Guy ou Guillems élevèrent ensuite un château flanqué de tours. La prospérité de Montpellier ne date cependant que du xne s., époque où commença la réputation de son école de médecine, rivale de l'école de Salerne. Une école de droit y fut fondée en 1160. En 1292, le pape Nicolas V fit de Montpellier le siège d'une université. En même temps, grâce au privilège accordé par saint Louis, et fort rare à cette époque, de négocier librement dans tout le royaume, la florissante cité, dont le port principal était Maguelonne, étendait au loin son commerce et méritait d'être considérée comme un port très-
Montpellier.
fréquenté de la France. Vendue en partie par un de ses seigneurs, roi d'Aragon, à Philippe le Bel, elle passa tout entière, en 1349, à Philippe de Valois, moyennant 120 000 écus d'or. On y comptait alors 7000 feux. Montpellier ne prit aucune part à la croisade des Albigeois. Sous Henri III, les protestants y établirent une espèce de république. Louis XIII la leur enleva définitivement en 1622, et y fît construire une citadelle. Montpellier fut en partie dépeuplée par la peste sept à huit ans plus tard, mais elle répara promptement ce désastre.
Montpellier a vu naître : le troubadour Daniel Arnaud; l'auteur comique Brueys; Daru, traducteur d'Horace et historien de Venise; Boucher, auteur des Mois; le peintre Fabre, les médecins Barthez et Bérard, Cambacérès, le maréchal de Castries, les généraux Mathieu Dumas et Lepic, etc.
DE TARASCON A CETTE-
Édifices publics. — Curiosités.
La cathédrale Saint-Pierre, chapelle d'un monastère de Bénédictins fondé en 1364 par Urbain V, fut érigée en cathédrale en 1536. En partie détruite pendant les guerres de religion, restaurée à plusieurs reprises, elle n'avait gardé que trois tours des quatre qui s'élevaient aux angles de la nef; la quatrième a été rétablie en 1856, par M. Revoil, architecte. «11 est impossible, dit M. Mérimée, de rien voir de plus lourd et de moins gracieux» que le porche, composé de deux piliers cylindriques et massifs (4 mèt. 55 cent.de diamètre), coniques à leur extrémité, terminés par deux petites sphères et soutenant, à la hauteur de la nef, une voûte à quatre pendentifs. » Le sanctuaire vient d'être reconstruit L'intérieur de l'édifice mesure 68 mèt. 80 cent, de longueur et 27 mèt. de hauteur sous voûte. On y remarque : une belle Vierge de marbre blanc, par un élève de Ganova; un tableau de Sébastien Bourdon {la Chute de Simon le Magicien) et deux toiles d'Antoine Ranc et de Jean de Troy.
Notre-Dame des Tables, ancienne et célèbre église, démolie définitivement en 1806, a fait place à une halle. — Véglise Saint- Denis a été bâtie, en 1699, dans le style toscan. — Saint-Roch possède une partie des reliques de son patron, né à Montpellier.— Sainte- Eulalie se recommande par la grandeur et la beauté de son vaisseau. — Véglise du séminaire (1681) a été restaurée en 1808. — La jolie et récente Chapelle dts Pénitents Bleus possède un Christ colossal, en marbre de Carrare. — Véglise actuelle de Notre-Dame, ancienne chapelle des Jésuites, édifice élégant, renferme un Saint Jean- Baptiste, de Vien. — Nous devons signaler aussi la nouvelle Chapelle d*>s Jésuites et la belle église de la Providence.— Le temple protestant (belle façade) était autrefois l'église des Cordeliers.
Des anciennes fortifications de Montpellier il ne reste que la tour dos Pins, des débris de la tour de ï Observatoire, et trois portes du siècle dernier, savoir : la porte de la Blanquerie, celle des Carmes au N., et la porte du Peyrou, à l'O. Celte dernière est plutôt un arc de triomphe, construit en 1713, en l'honneur de Louis XIV, par d'Aviler, d'après les dessins de Dorbay. C'est