FRONTIGNAN
la Grande-Maïre , auxquels font suite les salines de Frontignan (200 000 quint, mét. de sel par an).
23e STATION. - FRONTIGNAN.
7 kil. de Mimai. — 98 kil. de Tarascon. — 349 kil. de Lyon.
Frontignan, ch.-l. de c. de 2574 hab., est situé sur le bord de Yétang d'Ingril, au pied d'une colline escarpée couverte de vignobles et dépendant de la montagne de la Gardiole (236 met.). On remarque à Frontignan : un ancien pont: uue vieille église,
Église de Frontignan.
surmontée d'un clocher fortifié; et un bel hôtel de ville. Les vins muscats de Frontignan, aussi connus dans le monde entier que ceux de Lunel, se récoltent sur 230 hectares de vignes, produisant annuellement 800 à 900 pièces de muscat blanc (120 à 200 fr. la pièce pour le commerce) et 20 hectolitres seulement de muscat rouge très-recherché et offrant quelque analogie avec le vin de Constance. Aux environs de la ville jaillissent des sources d'eau minérale.
On franchit, sur un beau pont, le canal des Étangs, construit
DR TARASCON A CETTE
en 1710, pour faciliter la navigation jusqu'alors très- imparfaite des étangs d'Ingril, de l'Arnel, de Pérols et de Mauguio. La voie ferrée traverse ensuite l'étang d'Ingril sur une jetée de rochers (1300 mèt. de longueur, 2 mèt. de hauteur au-dessus des eaux). Bientôt, laissant l'étang à dr., elle côtoie à g. la mer, dont elle n'est séparée que par une digue nommée la Peyrade (5 kil. de longueur, 3 mèt. 50 de hauteur). Au delà du retranchement de la Peyrade, on laisse à dr. la ligne de Narbonne, qui traverse une baie formée par l'étang de Thau. Sur la g. se montrent le phare et la montagne de Cette.
24e STATION. — CETTE.
7 kil. de Frontignan. — 105 kil. de Ta rase on. — 356 kil. de Lyon.
206 kil. de Marseille.
Omnibus. — Des omnibus, correspondant avec tous les trains, conduisent de la gare aux hôtels et à domicile, pour 25 c. par voyageur et 20 c. par colis.
Hôtels : — du Grand-Galion; — des Bains; — de la Souche; — du Languedoc; — du Parc.
Libraires. — Chauvin fils, Bonnet, Patras.
Cabinets littéraires. — Patras, Clamouze.
Bains de mer. — Sur la plage, à PB. de la ville.
Bateaux a vapeur. — Des services réguliers de bateaux à vapnur mettent le port de Cette en communication directe avec les villes riveraines de l'étang de Thau, et avec Marseille, Toulon, Cannes, Gênes, Livourne, Alger, Oran, Philippeville, Barcelone, Valence, Alicante, Carthagène, Almeria, Malaga et Cadix, Rio-Janeiro, Bahia, Fernambouc.
Cette, ch.-l. de c. de l'arr. de Montpellier, V. de 22 (à38 hab., est située à l'embouchure de l'étang de Thau, sur les pentes et à la base d'une montagne dont le point culminant atteint 180 mèt. d'altitude. C'est la ville la plus malpropre et la plus désagréable, en toute saison, du Midi de la France, mais c'est aussi après Marseille, la plus industrieuse, la plus commerçante, la plus animée et la plus prospère. Si ses quais, ses rues, son port, ses abords immédiats, sont encombrés d'immondices qui révoltent autant l'odorat que la vue, et dont les habitants, soit par habitude, soit à cause de leurs occupations, ne paraissent pas soupçonner l'existence, il y règne une telle activité, une telle fièvre
DE TARASGON A CETTE.
de travail, que l'observateur, cessant de voir ce qui Ta offensé et indigné au premier aspect, finit par s'intéresser à ce spectacle toujours nouveau d'une ville comparable à une ruche.
Pour bien juger Cette, pour deviner son avenir, il faut connaître son passé. Son histoire date de deux siècles à peine. Les savants ne savent pas au juste comment on doit écrire son nom ; plusieurs soutiennent qu'il faut préférer Ys au c, supprimer un t, et mettre un accent grave sur le premier e : Sète au lieu de Cette. On sait, en effet, que le promontoire de Cette fut désigné par les Phocéens Massaliotes sous le nom de Eiytov ou EÉTiov, et la première colonie, fondée là par les Romains, l'an 115 avant Jésus-Christ, mentionnée par Vclleius Paterculus, prit celui de Colonia Setia. Toutefois, l'orthographe actuelle a prévalu depuis longtemps. La colonie romaine n'acquit jamais une grande importance. Une charte de 822 prouve que, au commencement du xie s. , la presqu'île appartenait à l'abbaye d'Aniane. Au xne s., c'était un fief dont les moines de Saint-Ruf firent acquisition en 1187, et qu'ils cédèrent, en 1247, à l'évêque d'Agde. Au xvie s., le fils du connétable de Montmorency, l'ayant acheté, fit construire des fortifications sur le faîte de la montagne. Plus tard, il revint, on ignore comment, aux évêques d Agde, qui le* possédèrent jusqu'en 1791.
Henri IV conçut l'heureuse idée d'établir sur cette côte un port pour les navires exposés aux dangereuses tempêtes du golfe du Lion. Cette tentative n'eut aucun résultat; mais Riquet ayant choisi ce point important pour mettre le canal du Midi en communication avec la Méditerranée, la première pierre du port fut posée le 29 juillet 1666. Riquet fit construire les deux jetées qui ferment le port, telles qu'elles existent encore. Le canal qui joint le port à l'étang de Thau a une longueur de 1500 mèt. sur 40 met. de largeur. Le port créé, la ville se fonda. Louis XIV accorda aux habitants de nombreux privilèges. Depuis lors, la prospérité de Cette s'est constamment accrue.
En 1710, cependant, dans la nuit du 24 au 25 juillet, les Anglais s'emparèrent du port, des forts et de la ville; mais, cinq jours après, le maréchal de Noailles les obligeait à reprendre la mer. Eu 1809, l'amiral Baudin, poursuivi par une escadre anglaise supérieure en nombre, se réfugia dans le port de Cette, où entrèrent à pleines voiles le Borée, de 74, et la Pauline, frégate de 40 canons. Mais l'amiral ne put sauver son troisième vaisseau, le Lion, qu'il échoua et fit sauter. Au mois d'avril 1815, le duc d'Angoulème, fait prisonnier à la Palud, fut dirigé sur Cette, d'où un vaisseau le conduisit en Espagne. A part ces événements, l'histoire de Cette est purement industrielle et commerciale.
Cette n'a pas le temps de se nettoyer! comment pourraitrelle se
CETTE
construire des monuments, se dessiner et se planter des promenades, les orner et les entretenir? Les archéologues et les architectes n'ont absolument rien à y voir. Les artistes et les savants visiteront avec intérêt le musée d'histoire naturelle et de curiosités et le jardin botanique de M. Doumet, ancien député. Ce jardin et ce musée sont régulièrement ouverts au public le dimanche, de 1 h. à 4 h. de l'après-midi. Les étrangers y sont admis dans la semaine, en en faisant la demande au propriétaire. L'école navale a été fondée en 1851. Vingt places gratuites sont
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Port de Cette.
accordées aux candidats, qui doivent être âgés de 10 ans au moins et de 12 ans au plus.
V établissement des bains de mer est situé sur une belle plage, immédiatement à TE. du port; il ne brille ni par son élégance, ni par son comfort, mais la plage est des plus agréables. Les bains de mer de Cette sont fréquentés chaque année par 3000 ou 4000 individus. Le mois de juillet est le mois le plus favorable; la dernière quinzaine de juin n'offre pas toujours une température suffisamment élevée, et l'approche de Péquinoxe expose, dans le mois d'août, aux coups de vent du large.
DE TARÀSCON A CETTE.
Il existe en outre à Cette deux établissements de bains pour les indigents, l'un, fondé en 1856 et réservé aux protestants, l'autre, qui date de 1858, appartenant aux catholiques.
Depuis sa construction, le port a nécessité de grands travaux. La jetée de l'O., mieux connue sous le nom de môle, construite par Vauban et par Riquet, a 600 mèt. de longueur; elle est défendue par les deux forts de Saint-Pierre et de Saint-Louis. La jetée de TE., ou de Frontignan, a 500 mèt. et projette son musoir dans une eau profonde de 10 mèt. Ces deux jetées ont été insuffisantes pour empêcher l'ensablement. Sous la Restauration et pendant le règne de Louis-Philippe, on a dû construire, au S. des jetées, devant l'entrée du port, un brise-lames curviligne, de 500 mèt. de longueur; malgré cet abri, les frais de curage s'élèvent encore à 100 000 fr. chaque année. Aux deux extrémités du brise-lames ont été établies deux batteries qui défendent l'entrée du port On a, de plus, creusé un nouveau bassin, ainsi qu'un canal maritime, parallèle à celui de l'ancien port, et au moyen duquel l'étang communique avec la mer. Quand tous les travaux seront terminés, la rade occupera une superficie d'environ 85 hectares, et les quais une longueur de 12 kil. L'entrée du port de Cette est désignée aux navigateurs par un phare à feu fixe, d'une portée de 15 milles, situé au centre du môle Saint-Louis et par deux feux de port de quatrième ordre et d'une portée commune de 4 milles, établis, l'un à l'extrémité de la jetée de Frontignan, l'autre sur le musoir du brise-lames.
Commerce. — Industrie.
Le commerce de Cette exporte surtout des vins, des eaux-devie, des liqueurs, des sels, des verts- de -gris, des plantes tinctoriales ; il importe des laines et des cotons, des chargements de blé, d'huiles, de merrain, de riz, de vermicelle, de denrées coloniales, de cuirs en poil, de liège, de sparterie, d'anchois en saumure, d'oranges et de bois du Nord, des fers, des cuivres, des morues, des sardines, etc. Ce commerce augmente chaque année, par suite de l'importance croissante de l'Algérie; mais les chemins de fer ont presque anéanti le grand cabotage, c'est-à-dire le commerce avec les ports de l'Océan par le détroit de Gibraltar.