MONTBARD
être le plus fort de la province, ne peut donner, dans son état actuel, aucune idée de ce qu'il fut ni môme de ce qu'il était encore en 1742, époque où Buffon en devint propriétaire. A la fin du xvne s., il subsistait en entier, mais la terre de Montbard ayant été réunie en 1682 au domaine du roi, et l'esprit du gouvernement n'étant pas d'entretenir des forteresses au centre du royaume, il tombait en ruines dès le commencement du xvme s. Buffon le fit démolir en grande partie, et ne conserva que le mur d'enceinte construit en grosses pierres de taille, seulement rusti-
Vieux château de Montbard.
quées entre quatre ciselures, comme l'étaient les autres parties du château, le donjon et une autre tour.
Le donjon, classé parmi les monuments historiques, consiste en une grosse tour carrée, à quatre étages en y comprenant le rez-de-chaussée, terminée à son sommet par une plate-forme qui est dallée, munie de créneaux, de meurtrières et de petits mâchicoulis. Il a été construit dans les premières années du xiv° s. Sa hauteur est de 40 mèt. A chaque étage, on trouve une grande salle voûtée qui reçoit la lumière par de très-petites fenêtres. L'étage souterrain est comblé. L'autre tour, ronde, a été telle-
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ment défigurée par des appropriations intérieures, exécutées dans le siècle dernier, et elle est en si mauvais état, qu'elle n'a plus aucun intérêt.
Montbard est aussi la patrie de Daubenton, qui y naquit le 29 mai 1716, et qui s'y livra, dans un parc voisin de la ville, à des belles expériences sur l'éducation des bêtes à laine.
On peut faire dans les environs de Montbard deux excursions intéressantes : on peut aller visiter (4 kil. 500 met., route de Semur) les ruines du château de Montfort , et (route de Châtillon) l'abbaye de Fontenay ( 5 kil.). Voir Y Itinéraire général de la France, Bourgogne, Franche-Comté, Savoie, par Ad. Joanne. •
A peine a-t-on quitté la station de Montbard que l'on traverse le canal sur un pont biais en fonte de 18 mèt., puis la Brenne sur un pont de 4 arches de 10 mèt. La vallée offre de jolis paysages. A g. , Marmagne (478 hab.) occupe l'entrée d'un vallon arrosé par le Touillon qui nourrit de bonnes truites, et que l'on traverse. Plus loin, Nogent-lès- Montbard (182 hab.) se groupe, à dr., au pied d'un coteau. Presque en face, on longe Fins~lè$- Montbard (188 hab.) qui, selon M. Rossignol, est un vieux souvenir des frontières lingonnes et éduennes. Ce village, insignifiant aujourd'hui, mérite d'attirer l'attention des voyageurs ; car, si l'on doit en croire l'ex-archiviste de la Côte-d'Or, aujourd'hui conservateur du musée des Antiquités nationales au château de Saint-Germain, ce serait vis-à-vis, sur la montagne de la rive g. de la Brenne, que Vercingétorix aurait établi son camp avant de livrer à César la grande bataille qui précéda la chute d'Alésia. « Ce camp, dit-il, était divisé en trois : Montbard, Nogent et Courcelles. i» Ce dernier village que l'on ne tarde pas à découvrir sur ladr., a 183 hab. La vallée de la Brenne devient de plus en plus pittoresque. Seigny (311 hab.) se montre à g. sur un coteau. De l'autre côté de la vallée, au delà de Benoisey (241 hab.), Grignon (480 hab.) couronne une jolie colline. Cependant le chemin de fer, s'éloignant du canal et de la Brenne, qui descend de Sombernon par Viteaux, franchit l'Oze près de sa jonction avec la Brenne, et, avant de s'engager dans la vallée à laquelle cette rivière a donné son nom, traverse la belle plaine des Laumes.