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Château de Bussy-Rabutin.j
cour, qu'il avait intitulée Histoire amoureuse des Gaules; il y avait joint un portrait satirique de sa cousine qu'il s'était solennellement engagé à ne jamais rendre public, et d'obscènes couplets improvisés par de jeunes libertins dans une orgie. Quand ce livre l'eut précipité dans une de ces disgrâces dont on ne se relève jamais, a dit avec raison Geruzez, car la considération y a péri en môme temps que la faveur, Mme de Sévigné, qui avait cruellement ressenti l'outrage, fut assez bonne pour pardonner, et elle
oublia si bien qu'elle put retrouver son enjouement dans sa correspondance avec le perfide qui l'avait diffamée. Mais Louis XIV ne pardonna pas. Bussy ne sortit de la Bastille (1666), que pour être exilé dans ses terres, en Bourgogne (Ghazeu et Bussy). Il y passa dix-sept années. Malgré toutes ses bassesses, il n'obtint qu'en 1682 la permissiQn de se présenter devant le roi. Pendant ce long exil, si douloureux pour sa vanité, il rassembla dans son château de Bussy les collections de portraits qui s'y sont conservées et que l'on peut visiter avec la permission de leur propriétaire actuel. 11 y a vingt ans, M. le comte de Sarcus a acquis ce curieux château où les étrangers sont toujours sûrs d'être bien accueillis. Depuis qu'il le possède, il en a publié une intéressante notice historique et descriptive et il a consacré des sommes considérables à la restauration des tableaux historiques et des salles qu'ils décorent.
On entre dans le château de Bussy-Rabutin par la cour d'honneur. La porte est au milieu du principal corps de logis. Audessus des portes des galeries, se remarquent deux bas-reliefs en marbre : l'un est celui de Mme de Chantai (il ornait autrefois le monument élevé à sa mémoire dans l'église du monastère des dames de la Visitation, qu'elle avait établi à Dijon, en 1622, et que la Révolution a démoli); l'autre est celui de Colbert, par Goysevox (1706). Les armoiries de Bussy et « des alliances de sa famille » avaient été effacées pendant la Révolution. H. de Sarcus les a remplacées par ses armoiries et « par celles des principales ou plus récentes alliances de sa maison. »
N. B. On ne visite dans l'intérieur du château, que les salles du rez-de-chaussée et du premier étage, qui vont être décrites. Les autres appartements n'ont pas été conservés tels qu'ils étaient du temps de Bussy.