‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 53 sur 360 · STATION. — BLAiSY-BAS · texte numérisé non relu

STATION. — BLAiSY-BAS

9 kil. de Verrey. — 288 kil. de Paris. — 224 kil. de Lyon.

Voitures de correspondance pour : — Pouilly -en-Montagne (32 kil. pour 2 fr.50 c); par Sombernon (9 kil. pour 1 fr. 50 c).

Blaisy-Bas (560 hab.) et Blaisy-Haut (212 hab.) appartiennent au canton de Sombernon, arrond. de Dijon. Ils sont situés, le premier près de l'entrée du souterrain auquel il a donné son nom ; le second, au-dessus de ce souterrain. On les appelle aussi Blaisy-la-Ville et Blaisy-le-Cliàteau. Les seigneurs de Blaisy-Haut, déjà connus au xe s., portaient le titre de baron. Cette baronnie fut érigée en marquisat l'an 1695 pour Antoine Joly, président au grand conseil. Le château que l'on aperçoit sur la montagne est fort ancien. Il en est fait mention dans une charte du comte Gislebert en 942. 11 fut pris dans les guerres de religion par les royalistes, repris en 1592 par le duc de Nemours, pillé en 1593 par le baron de Vitteaux. Douze ou quinze familles habitent aujourd'hui ses ruines pittoresques.

Bien que Verrey soit plus près de Saint-Seine que Blaisy-Bas,

c'est de Blaisy-Bas que partent les voitures de correspondance pour (14 kil.) Saint-Seine-l'Abbaye (734 hab.), ch.-l. de c. de Parrond. de Dijon, situé à 8 kil. des sources de la Seine, au fond d'un vallon arrosé par le ruisseau de l'Ougne ou des Grèges. En quittant Blaisy, on s'élève de près de 200 mèt. sur le plateau nu, aride et froid, des montagnes de la Côte-d'Or, qui sépare, comme nous l'avons déjà dit, le bassin du Rhône de celui de la Seine. Après avoir laissé à dr. près d'une ferme, la source de Suzon (affluent de l'Ouche), et à g. celle du ruisseau qui arrose Trouhaut et qui va se jeter dans l'Oze, on traverse les hameaux de Fromenteau et de Bordes- Bricard; puis, passant entre Froideville (à dr.) et SainUMartin-du-Mont (à g.), on descend à Saint- Seine par la jolie vallée des fermes de Champcourt.

Saint-Seine-l'Abbaye (hôt. du Soleil oVOr) doit son origine, comme son nom et son surnom l'indiquent, à une abbaye que fonda, en 534, dans cette vallée alors inculte et boisée, saint Seine, fils du comte de Mémont. Cette abbaye (Bénédictins), pillée en 731 par les Sarrasins, bientôt relevée de ses ruines, détruite en 937 par les Hongrois, relevée en 981, était déjà très-riche et très-puissante au xne s., puisqu'elle possédait plus de quarante villages. Kn 1361, le roi Jean permit aux moines de se fortifier contre les Anglais; on voit encore près de l'église une petite tour carrée sous laquelle est un passage appelé la Porte au Lion. Malgré les murailles, les ponts -le vis et les fossés, des abus se glissèrent dans l'abbaye au siècle suivant. « Les moines, dit Gourtepée, changèrent leur pitance en prébende, et vécurent comme des chanoines. » Mais la,réforme, en 16 47,- rétablit la règle. Toutefois Saint-Seine était l'une des plus enviables sinécures que pût obtenir un abbé grand seigneur. Louis XIV coucha, en 1658 et en 1674, dans Pancien palais abbatial remplacé en 1715 par le palais actuel, dont Y établissement hydrothérapique du docteur Guettet occupe les importants débris.

Véglise de Saint-Seine , classée parmi les monuments historiques, mérite la visite des archéologues. L'église primitive fut incendiée en 1255. L'édifice actuel a été commencé par l'abbé Guillaume de Vienne, mort en 1404, et achevé par Jean de Blaisy. On y remarquera surtout les bénitiers sculptés du porche, les

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