DIJON
ses remparts sont en partie détruits, un concours vient môme d'être ouvert pour la démolition de ceux qui existent encore et pour leur remplacement par des boulevards. Elle a tout à la fois gagné et perdu à ces changements, conçus avec peu d'intelligence et exécutés sans goût. On eût pu aisément rendre plus faciles les communications existantes, ouvrir môme de nouvelles voies tout en conservant de curieuses constructions du moyen âge qui, au
Tunnel entre Plombières et Dijon.
double point de vue de l'histoire et du paysage, méritaient d'être entretenues avec des soins éclairés, et formaient d'ailleurs d'agréables promenades. Dijon passe du reste avec raison pour une des plus jolies villes de France; généralement bien bâtie, elle compte un grand nombre d'hôtels dignes d'une capitale; ses rues sont en chaussée et, pour la plupart, garnies de trottoirs. Enfin, de nombreuses bornes-fontaines établies depuis la fin d'août 1841, dans les rues et places de la ville et des faubourgs, et les jets
d'eau de la place Saint- Pierre, de la porte Guillaume et de la petite place Saint-Bernard, en assurent la salubrité croissante. (F. ci-dessous, Promenades).
L'enceinte actuelle de Dijon est une ligne d'octroi, qui comprend dans ses murs tous les faubourgs. La ville proprement dite n'a pas encore, heureusement pour elle, démoli tous ses remparts. On y entre par dix portes ou ouvertures principales : 1° La porte Guillaume (la plus voisine de l'embarcadère du chemin de fer), celle à laquelle venaient aboutir les deux routes de Paris. Bâtie au xii« s. par un abbé de Saint-Bénigne, qui lui donna son nom, elle fut remplacée en 1783 par un arc de triomphe, érigé en l'honneur du prince de Condé, gouverneur de la Bourgogne. 2° La rue nouvellement percée de l'embarcadère à la façade de Saint-Bénigne. 3° La porte oVOuche (route de Lyon), vis-à-vis de l'hôpital, remplacée en 1843 par un viaduc aussi disgracieux qu'incommode. 4° La porte de l'Abattoir, ouverte en 1858 à l'extrémité de la rue du Refuge. 5° La porte Saint-Pierre (route de la Suisse). L'ancienne tour Saint-Pierre a été démolie en 1826. Au delà de la grille actuelle, un beau jet d'eau jaillit au milieu d'une place entourée d'arbres. Du côté opposé à la grille, mais dans un axe différent, s'ouvre le cours du Parc {V. Promenades). 6° La porte de la rue Chancelier-Lhospital, (chemin de Mirande), ancienne porte Neuve, fermée au xvr s., réouverte en 1852 sous le rempart, qu'elle laisse subsister. 7° La porte Bourbon (route de Gray), plus anciennement la porte aux Chanoines et aujourd'hui la porte Neuve. 8° La porte Saint- Nicolas (route de Langres et de Gray), démolie il y a peu d'années ainsi qu'un beau bastion. 9° La porte Fermerot, qui n'est qu'une simple ouverture de la rue de la Préfecture. 10° La porte Saint-Bernard, percée, de 1836 à 1844, à l'extrémité de la rue des Champs ou des'Godrans, entourée de maisons neuves, et décorée, depuis 1847, de la statue en bronze de saint Bernard, Cette statue avait été, en 1848, transportée dans l'église de Saint-Bénigne, parce qu'un certain nombre d'imbéciles menaçaient de la détruire. Elle a été rapportée sur la place Saint-Bernard au mois d'octobre 1852. La hauteur totale du monument est de 10 mèt. 72 c. La statue a 3 mèt. 15 c. Sur le panneau du socle regardant la
ville, on lit: A saint Bernard, né à Fontaine-lez- Dijon en mxci; sur le panneau opposé : Érigé par souscription, vu novembre mdcccxlvii. Les figures en bas-relief, hautes de 1 mèt. 95 c, qui décorent les niches et qui représentent le pape Eugène III, Louis VII, roi de France, Hugues le Pacifique, duc de Bourgogne, Suger, Pierre le Vénérable, et Hugues de Payens, grand maître des Templiers, sont, ainsi que la statue de saint Bernard , de M. Jouffroy , un des élèves les plus distingués de l'école de Dijon.
En face de la gare, une voie, bordée de constructions neuves, conduit à une place qui a reçu le nom de l'ingénieur Darcy auquel Dijon doit ses fontaines publiques, et à la porte Guillaume, la principale entrée de la ville ; à dr., une autre voie, récemment ouverte, aboutit à la façade de la cathédrale ou Saint-Bénigne. La rue Guillaume, qui s'ouvre à la porte Guillaume, conduit en 5 min. de la gare au centre de Dijon, sur la place d'Armes, qui fait face à l'ancien palais des États, aujourd'hui l'hôtel de ville. La rue Condé ou de la Liberté (selon les gouvernements), qui aboutit à la place d'Armes, était la continuation de la rue Guillaume. Si l'on entre dans la ville par la rue de la Cathédrale, il faut, pour gagner la place d'Armes, longer l'église SaintrBénigne.
Aux étrangers qui n'auraient que quelques heures à dépenser dans l'ex-capitale de la Bourgogne,— bien digne cependant d'une ou de deux journées, — nous recommandons l'itinéraire suivant.
1° Saint-Bénigne; 2° Saint-Philibert; 3° Saint-Jean (place Saint-Jean, maison de Bossuet, hôtel du président de Brosses); 4° Sainte-Anne; 5° Porte Saint-Pierre (le Parc, si Ton peut); 6° la bibliothèque; 7° le palais de justice; 8* l'hôtel de ville (musée de peinture et de sculpture, tour des ducs de Bourgogne, anciennes cuisines, musée archéologique); 9° la salle de spectacle et la halle au blé ; 10° Saint-Michel ; 1 1° les archives; 12° la maison des Cariatides, rue Chaudronnerie, 28; 13" Notre- Dame; 14° les maisons Richard et Milsand, rue des Forges, 34 et 38; 15° la statue de saint Bernard; 16° le château; 17° les fontaines; 18* l'Arquebuse et le jardin des Plantes; 19° l'Ancienne Chartreuse (l'asile des aliénés).
Histoire.
L'origine de Dijon est tout aussi obscure que l'étymologie de son nom, qui a donné lieu aussi à de nombreuses discussions. Ce mot vient-il de a
divis (ville des dieux), des Divitenses (peuple germain) . de Divitiacus (général éduen) ou de diw io (deux rivières), qui le saura jamais? Quand César eut conquis la Gaule, il établit un de ses lieutenants en ce lieu appelé des lors castrum Divionense. On croit en avoir trouvé les traces dans des fouilles opérées lors de la démolition d'une partie de la rue Lamon- noye. On a découvert des corniches, des chapiteaux et un fragment d'inscription présentant ce met en lettres de 10 centim. de haut : AETERNRVIINII. Fortifié par Marc Aurèle ou par Aurélien, ce castrum, dont les habitants avaient été convertis en partie au christianisme par saint Bénigne, qui y souffrit le martyre er novembre 178, fut donné plus tard par Constantin à saint Urbain, sixième évêque de Langres, détruit par les barbares, et rebâti par les empereurs. L'évêque Apruncule vint l'habiter, dès qu'il ne se trouva plus en sûreté à Langres. Grégoire de Tours, qui y fit un long séjour au vi' siècle, nous en a laissé une curieuse description.
A la chute de l'empire romain, Dijon avait d'abord fait partie du premier royaume de Bourgogne, dont Châlon était la capitale. Puis elle était tombée en la possession des Franks, qui ne surent la défendre ni contre les Sarrasins, ni contre les Normands. En 878, les Normands avaient tranché la tête à l'abbé de Saint-Bénigne. Quand ils revinrent, dix ans après, l'évêque se mit sous la protection du seigneur de Vergy, Manassès dit le Vieux, qui prit le titre d'avoué, mais dont les successeurs usurpèrent plus tard celui de comte, tout en reconnaissant la suzeraineté de l'évêque. Cependant le royaume de Bourgogne devint un duché dont les premiers ducs s'appelèrent bénéficiaires, sans doute parce qu'ils tenaient originairement de la couronne le bénéfice de leur duché. Au xi* siècle, le roi Robert ayant acheté Dijon à l'évêque de Langres , en fit (1015) la capitale du duché de Bourgogne, qu'il donna à son fils Henri, et que celui-ci, devenu roi de France en 1032, céda à son frère Robert, le premier d'une nouvelle suite de ducs de Bourgogne, désignés sous le nom de ducs de la première race royale, parce que ce Robert, le premier d'entre eux, était petit-fils de Hugues Capet.
Le dernier des ducs de la première race royale, — on en compte douze, — mourut en 1361. Pendant ces 330 années, Dijon s'agrandit et s'embellit, surtout après l'incendie de 1137, qui l'avait détruite en partie. La Bourgogne jouit d'une paix profonde ; mais les ducs portèrent au loin leurs armes, soit en prenant part aux croisades, soit en assistant les rois de France, leurs suzerains, dans leurs guerres. La commune dijonnaise fut définitivement constituée en 1282. Robertll ayant acheté, en 1276, la vicomté qui existait depuis le xn* siècle (le comté était depuis 1015 réuni au duché), voulut empiéter sur les droits des habitants; ceux-ci résistèrent énergiquement à ses prétentions, et, soutenus par le roi, ils obtinrent, non-seulement la confirmation de leur charte et la
réunion de la vicomté à la mairie, mais la conversion de leur rente de 500 marcs en une redevance moins onéreuse.
A la mort du dernier duc de la première race, la Bourgogne fut réunie à la couronne. Le roi Jean vint en prendre possession à Dijon, „ et jura dans l'église Saint-Bénigne, selon la coutume, de respecter les libertés, franchises, chartes et privilèges du duché et de la ville. Quand il mourut, la Bourgogne forma l'apanage de son quatrième fils, Philippe le Hardi, premier duc de la troisième race et deuxième du nom. Cette troisième race, qui compte quatre ducs seulement, — Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire, — s'éteignit en 1476, avec Charles le Téméraire. Pendant cette période de 114 années, l'histoire de Dijon se confond avec celle de la Bourgogne, qu'il ne nous appartient pas de résumer ici.
La capitale du duché, résidence de la cour ducale, qui y donna des fêtes brillantes et qui y déploya un grand luxe, ne ressentit nullement d'ailleurs le contre-coup des malheurs qui accablèrent alors les princi pales villes de la France.
Dès que Louis XI eut appris la mort de Charles le Téméraire, il fit occuper la Bourgogne par ses lieutenants. En vain les états, rassemblés à Dijon, protestèrent-ils contre cette invasion. Le duché fut réuni à la couronne et, tout en confirmant les anciens privilèges des habitants, " en fixant à Dijon le parlement, qui avait jusqu'alors siégé à Beaunc et Saint-Laurent-lez-Châlon, le roi fit réparer les fortifications et bâtir une forteresse destinée à contenir la ville en cas d'émeute. Ces travaux, continués par Charles VIII et par Louis XII, étaient à peine achevés, lorsque, en 1513, Dijon eut à soutenir un siège mémorable.
Après la bataille de Novare, le plus funeste échec qu'eussent essuyé les Français depuis l'origine des guerres d'Italie, 30 000 Suisses, Allemands et Francs-Comtois, commandés par Jacques de Watteville, avoyer de Berne, le comte de Fustenberg et le sire de Vergy, envahirent la Bourgogne. Le 7 septembre, ils arrivaient sous les murs de Dijon. Les I rincipales forces de la France avaient été envoyées dans le Nord, que menaçaient l'empereur et le roi d'Angleterre. La Trémouille, chargé par Louis XII de la défense du duché de Bourgogne, n'avait que 6 à 7000 hommes à sa disposition. Il s'était enfermé dans Dijon, après avoir jeté de faibles garnisons dans Auxonne, dans Talant et dans Saint-Jean de Losne. Les Suisses ouvrirent le feu dès qu'ils furent arrivés ; le 9, leur artillerie avait déjà fait deux brèches. Une première négociation, engagée le 10, échoua. Le feu recommença avec plus de vigueur. Un assaut général allait être donné, et sans doute la ville eût succombé, malgré l'énergique résistance de la garnison et des habitants, quand La Trémouille envoya au camp des assiégeants de nouveaux négociateurs, suivis de voitures chargées de vin. On parlementa, on but, les têtes
s'échauffèrent, et, quoique de part et d'autre on n'eût pas de pouvoirs, on stipula, au nom du roi et des cantons, un traité par lequel la France s'engageait à donner 400 000 écus, à évacuer le Milanais, etc., si les Suisses levaient le siège, se séparaient de leurs alliés et rentraient dans leur pays. A ces conditions, les Suisses évacuèrent le duché. Ce traité, merveilleusement étrange, dit le roi, qui refusa de le ratifier, sauva Dijon et la France.
François Ier, prisonnier à Madrid, avait cédé pour sa rançon la Bourgogne à Charles-Quint, qui possédait déjà la Franche-Comté. Mais les états, le parlement et les chambres des comptes refusèrent énergiquement leur consentement à ce traité, et leurs députés, convoqués à Cognac, déclarèrent avec fierté : « Qu'ayant par les droits de la couronne et par leur choix des maîtres nécessaires, le roi ne pouvait les céder : que si on les retranchait de l'association commune, ils disposeraient d'eux-mêmes et s'affranchiraient de toute domination. »
Pendant les guerres de religion, Dijon se déclara pour le parti des ultra-catholiques, et plus tard pour celui de la Ligue. Toutefois, lors de la Saint-Barthélemy, les protestants y durent leur salut à l'intervention de Jeannin, alors simple avocat. Mayenne, qui avait obtenu le gouvernement de la Bourgogne , essaya de se maintenir dans la capitale de cette province restée fidèle à la Sainte-Union, même après l'abjuration d'Henri IV. Mais il mécontenta les habitants par ses exigences tyranniques, et quand Biron, qui précédait Henri IV, approcha de Dijon, les bourgeois insurgés lui ouvrirent les portes. Le 5 juin 1595, le roi fii son entrée à Dijon. Il en partit le 6 pour aller battre Mayenne à Fontaine-Française, et il y revint le 7 en triomphateur. Le 30 du même mois, il obtenait la capitulation de Talant dont la forteresse fut démolie. La Bourgogne était désormais entièrement soumise à l'autorité royale.
Dijon resta fidèle au roi pendant la guerre de la Fronde. Ce fut en vain que, lors de l'arrestation du prince de Condé, gouverneur de Bourgogne, quelques intrigants cherchèrent à égarer les habitants; ils ne purent réussir à compromettre gravement la tranquillité publique. Quand le prince fut délivré, les Dijonnais chantèrent un Te Deum, et brûlèrent, au milieu des imprécations de la foule, une image de la Fronde, figurée en paille, sous les habits les plus pittoresques. Condé rétabli dans son gouvernement le quitta bientôt pour se mettre à la tête d'une nouvelle révolte. Alors le commandant qu'il avait laissé à Dijon refusa de livrer le château, et le duc d'Épernon ne put y entrer qu'après un siège de plusieurs jours. 111e garda jusqu'à la paix des Pyrénées. Depuis lors, le gouvernement de Bourgogne devint pour ainsi dire un apanage de la maison de Condé.
L'époque la plus brillante de Dijon fut le xviii- siècle. Capitale de la
Bourgogne elle jouit d'une paix profonde; les États généraux de la province s'y rassemblaient tous les trois ans; elle était, en outre, le siège d'un parlement, d'un évêché, d'un gouvernement général militaire, d'une cour des comptes, d'une cour des aides, d'un bailliage, d'un bureau de finances, d'une maîtrise particulière des eaux et forêts. Ses écoles y attiraient l'élite de la jeunesse. Ses salons aristocratiques et bourgeois n'étaient pas moins renommés que ceux de Paris. Il faut lire l'ouvrage de M. Foisset, intitulé : Le président de Brosses, histoire des lettres et des parlements au xvin* siècle, pour avoir une idée de ce qu'était la société dijonnaise à cette époque.
Dijon adopta avec enthousiasme les principes de cette Révolution qui devait la dépouiller de son rang de capitale pour en faire le chef-lieu d'un département. Si la Terreur y fit peu de victimes, l'ignorance ou la cupidité y détruisirent un grand nombre de monuments. A dater de cette époque, l'histoire locale de Dijon n'ofTre plus de fait digne d'une mention , si ce n'est la manifestation qui accueillit Mme la duchesse d'Angoulême au théâtre, en juillet 1830, quand la révolution de Paris, provoquée par les ordonnances, n'était pas encore connue : et le discours que prononça le prince Louis-Napoléon, président de la République, lors de l'inauguration du chemin de fer, le 1er juin 1851.
Dijon est la ville de France qui a vu naître dans ses murs le plus grand nombre d'hommes célèbres. Elle a fourni à VÉglise : saint Bernard, Bossuet, sainte Chantai; à la jurisprudence : Bouhier, Bannelier, annotateurs de nos coutumes, et Berlier, l'un des rédacteurs du Code civil ; à Y administration : Hugues Aubriot, intendant des finances et prévôt de Paris sous Charles V, et Hugues Maret (duc de Bassano), conseiller d'État sous l'Empire; aux sciences : Guyton de Morveau, Chaussier, Durande, Adelon; aux lettres : Tabourot des Accords, Clément, célèbre par ses discussions avec Voltaire, Saumaise, la Monnoye, Piron, Crébillon, Longepierre, de Brosses, Legoux de Gerland, Cazotte, Larcher, Petitot, Jacotot, et, parmi nos contemporains, Mme Ancelot, MM. Louis Viardot, H. Rolle, etc.; aux beaux-arts : Rameau, Sambin , Lemuet, Lallemand , QuaDtin, Poyet, Gagnereaux, Dubois, Ramey, Rude, Diebolt, Jouflroy, Guillaume; aux armes : Gaspard de Saulx-Tavannes , l'amiral Roussin, le général Charbonnel, le maréchal Vaillant,
Édifices religieux.
Saint-Bénigne, l'église métropolitaine actuelle du diocèse de Dijon, a été bâtie sur le tombeau même du saint dont elle porte
1. La Bourgogne comprenait alors le Dijonnais, l'Autunois, le Châlonnais. 1 Auxois, la montagne, le Charolais, le Maçonnais, l'Auxerrois, le bailliage de Barle-Duc, les pays de Bresse, de Bugey et de Gex.
Églises Saint-Bénigne (cathédrale) et Saint-Pbilibert.
le nom, et qui, après avoir- prêché l'Évangile à Dijon, y souffrit le martyre, le 1er novembre 178. L'église primitive existait depuis trois siècles lorsque les Bourguignons envahirent la Gaule. Saint Grégoire, évêque de Langres, la rebâtit dans la première moitié du vie s. Charles le Chauve la répara. L'abbé Guillaume (elle dépendait d'une abbaye) dut la reconstruire au commencement du xie s. (1016). En 1271, une tour qui la surmontait s'écroula et y causa de tels ravages que l'abbé Hugues d'Arc se vit, en 1280, forcé d'en entreprendre la reconstruction. Lapremière pierre fut, dit-on, le bassin de pierre dans lequel saint Bénigne avait eu les pieds brûlés avec du plomb fondu, et qui opérait des miracles. Depuis, celte église a été souvent restaurée. Elle a 70 mèt. de longueur, 26 mèt. de largeur et 28 mèt. de hauteur. En 1506 et en 1625, îa foudre détruisit le clocher et les tours, reconstruites depuis. En 1742, deux charpentiers de Dijon, Sauvestre et Linassier, élevèrent la flèche qui la domine aujourd'hui. Cette flèche, haute de 91 mèt. 59 c, a été légèrement courbée par un orage en 1805. Il y a peu d'années, des travaux de consolidation, d'ailleurs bien dirigés et bien exécutés, ont ôté à tout le côté nord de la nef son intérêt archéologique. De l'église du xe s., il ne reste que le portail, refait ou restauré, orné du martyre de saint Étienne par Bouchardon, et des chapelles de la crypte souterraine qu'ont fait découvrir des fouilles récentes.
En 1858, les travaux entrepris pour la construction d'une sacristie, amenèrent dès les premiers coups de pioche des découvertes importantes au point de vue archéologique. On vit apparaître d'abord l'hémicycle de colonnes qui formait l'abside bâtie au vie s. par saint Grégoire, évêque de Langres, le monument de ce genre le plus ancien peut-être de France, puisqu'il date de 511. Bientôt une inscription en belles lettres onciales du ix« s., deux chapiteaux historiés de la même époque, et les deux premiers rangs des colonnes de la rotonde, de l'an 1001 , supportant encore leurs voûtes, si bien conservées, qu'on reconnut des traces non équivoques de peintures, sortirent successivement déterre. Mais ce n'était que le prélude d'une découverte plus importante. Par des mesures prises au xie et au xvnr3 s., on connaissait la place exacte du tombeau de saint Bénigne, et, grâce aux indications de