DIJON. — PALAIS DES ÉTATS
urgentes, quand les élats devaient s'y assembler. Des incendies y causèrentde grands dégâts( lkl 7, 1473 et 1502). Pendant la Ligue, le canon de la citadelle fît écrouler plusieurs pans de mur. Ce n'était plus qu'une ruine, lorsque les États résolurent de le relever en 1686. Les travaux, commencés dès cette époque, sur les dessins deNoinville, élève de Mansart, durèrent un siècle entier. L'aile occidentale du palais actuel ne fut achevée qu'en 1733; le corps de logis, l'aile orientale delà grille, ont été terminés eu llSk.
Place d'Armes, palais des États (hùiel de ville; , théâtre et Saint-Michel.
La partie qui fait face à la salle de spectacle a été construite en 1852, sous la direction de M. Belin, professeur d'architecture à l'École des Beaux-Arts. La place d'Armes avait été achevée en 1725, la rue Gondé ou de la Liberté ne fut percée qu'en 1720.
De l'ancien palais des ducs de Bourgogne, il ne reste plus, aujourd'hui que la grande tour, dite de la Terrasse ; la tour de Brancion, appelée tour de Bar. depuis la captivité de René d'Anjou, duc de Bar, qui y fut enfermé avec ses enfants; la grande
salle des gardes (V. ci-dessous, Musée); les cuisines construites en 1445 et les salles voûtées du rez-de-chaussée.
Avant la Révolution, Pancien palais des ducs de Bourgogne avait été la résidence des gouverneurs de la province et le lieu de réunion des États; sous l'Empire, il devint un palais sénatorial et le chef-lieu d'une cohorte de la Légion d'honneur. Depuis 1841, le bâtiment central est occupé par l'administration municipale. La grande tour renferme un observatoire ; le corps de logis principal, les salles et les bureaux de la mairie, les bureaux de police, des logements militaires, du commandant de la place ; l'aile occidentale, les archives particulières de la ville, la synagogue, l'oratoire des protestants, l'ancienne salle des États du duché, le tribunal de commerce; l'aile orientale, le musée de peinture et de sculpture, l'école spéciale des beaux-arts, la justice de paix.
Les musées, la grande tour et les cuisines méritent seuls la visite des étrangers. Nous parlerons plus loin des musées. La tour, de forme carrée, haute de 46 mèt. 50 c, achevée vers l'an 1419, est l'une des plus élevées que Ton connaisse. Divisée en cinq étages, elle renferme un large escalier à grandes marches de pierre d'un seul morceau et au nombre de trois cent seize. Un cordon ou rampe vigoureusement profilé, et aussi le bel épanouissement, en fines nervures, du noyau ou pilier central, les détails de sculptures des portes et des fenêtres en accolade, méritent d'être signalés spécialement aux archéologues. De la terrasse, on découvre un vaste et beau panorama.
Les cuisines des ducs de Bourgogne (dans la cour de dr.) sont une construction unique dans son genre. Les archéologues les plus compétents les admirent avec enthousiasme. C'est une pièce carrée dont les voûtes portent sur des colonnes et sur les manteaux de trois cheminées jumelles, très-vastes, établies sur trois côtés du carré. Dans un angle était un potager ou fourneau; dans un autre angle se trouvait un four, et, entre ce four et la cheminée avait été établi un second potager dont les trous étaient disposés en équerre. Au centre était une table revêtue de carreaux de terre cuite.
La partie neuve de l'hôtel de ville, celle qui s'élève entre les cuisines et la salle de spectacle et qui contient le musée archéolo-
gique, le cabinet d'histoire naturelle, l'écoîe des beaux-arts — le palais des beauoc-arts, tel est le nom que lui donne le conseil municipal — a été bâtie sur l'emplacement de la Sainte-Chapelle, belle église, construite par Hugues III, et dont la démolition fut adjugée pour 28 000 fr. le 23 août 1802, par la ville, qui Pavait acquise de l'État Vannée précédente.
Le château de Dijon, commencé en août 1478 par Louis XI, pour contenir les mécontents {V. page 172) et défendre la ville, continué sous Charles VIII en 1484, fut achevé en 1512 sous Louis XII, dont on voit encore le porc-épic sculpté sur les tours. Les Suisses essayèrent vainement de s'en emparer en 1513. Pendant les guerres de religion (1590), M. deTavannes y fit enfermer plus de 1200 calvinistes dont Mayenne avait donné l'ordre c de se défaire en les passant au fil de l'espée plus tôt plus que moins, » mais qui ne furent pas exécutés. En 1595, Henri IV ne vit s'ouvrir pour lui les portes de ce dernier boulevard de la Ligue qu'après avoir gagné la bataille de Fontaine-Française. Malheureusement pour Dijon, loin d'en ordonner la démolition, il le répara et le fortifia (juin 1602); enfin sous la Fronde, la ville eut beaucoup à souffrir des bombes et des boulets que les défenseurs des princes, en garnison dans le château, firent pleuvoir sur elle. Toutefois, à dater de cette époque, la terrible forteresse ne fut plus qu'une prison d'État. La duchesse du Maine y passa deux années, après avoir été arrêtée à Sceaux pour avoir trempé dans la conspiration de Cellamare. Un pavillon lui fut même construit au fond de la cour. Parmi les autres prisonniers illustres qui y furent ensuite enfermés, nous mentionnerons Mirabeau (1776); le chevalier d'Éon (1779 V. ci-dessus, page 112, Tonnerre), le général autrichien Mack (le signataire de la capitulation d'Ulm) et Toussaint Louverture, tranféré plus tard au fort de Joux. Aujourd'hui, le château de Dijon n'est plus qu'une caserne de gendarmerie, et ses fortifications tombent en ruine.
L'hôtel de la préfecture (rue de ce nom) a été bâti en 1750, d'après les dessins de Lenoir, sur l'emplacement de l'hôtel Chabot-Brion.
Le palais de justice (derrière la place d'Armes), où siégeait
l'ancien parlement de Bourgogne, renferme aujourd'hui le tribunal de première instance et la cour impériale de Dijon, dont le ressort comprend les départ, de la Côte-d'Or, de Saône-et- Loire et de la Haute-Marne. Commencé sous le règne de Louis XII et continué sous ses successeurs, il vient d'être restauré. La façade pittoresque du grand pignon qui s'élève sur la place semble dater duxves., mais de nombreux détails d'ornementation, dans le style de la Renaissance et du temps d'Henri III, y ont été ajoutés à diverses reprises. C'est de cette dernière époque que doit dater le joli péristyle ou porche extérieur, conduisant par un escalier de sept marches au niveau d'une immense salle voûtée en bois, dont la charpente est soutenue par de longues poutres sculptées, style de Louis XI ou de Louis XII. Cette salle, qui rappelle dans de plus petites proportions Westminster-Hall, a été restaurée avec beaucoup d'intelligence et de goût. Derrière le palais de justice sont les anciennes prisons, dont la porte principale, située au fond d'une ruelle étroite et sombre, ne manque pas de caractère. Une prison départementale, commencée en 1852, et construite d'après le système cellulaire, à l'extrémité du faubourg Saint-Pierre, en face de l'allée de la Retraite, sur l'emplacement de l'ancienne maison de retraite des jésuites, forme une croix dont la chapelle occupe le centre. Elle a coûté, dit-on, plus de 700 000 fr. et peut recevoir 230 détenus.
La salle de spectacle (place Saint-Étienne) a été commencée en 1810 et inaugurée le k novembre 1828. L'intérieur a été reconstruit complètement, il y a quelques années.
L'école de droit (rue de ce nom), fondée en 1722, rétablie en 1806, occupe la partie de l'ancien collège des jésuites où se faisaient les classes. Des tableaux de : Revel (V Annonciation) ; Tacel (le martyre de saint Étienne) ; Corneille (V Assomption de la Vierge, l'Ombre de Samuel et le Serpent d'airain), ornent la salle des exercices publics. Le plus illustre des professeurs de cette école a été Proudhon. Le même bâtiment contient la bibliothèque de la ville (V. ci-dessous, Collections).
Un vaste abattoir, renfermant dans son enceinte le marché aux bestiaux, a été récemment achevé au-dessous du bastion Tivoli, près du chemin de fer.