DIJON. — ÉGLISES
religieuses (Bernardines), fondé à Tart vers 1131, souvent pillé pendant les guerres qui dévastèrent la Bourgogne, et transféré à Dijon en 1623. Elle fut construite, de 1690 à 1708, sur les dessins du frère Louis, de l'Oratoire. Sa rotonde, haute de 20 mèt. et d'un diamètre de 19 mèt., attire de loin les regards. A l'intérieur, on remarque : deux statues en marbre blanc par Dubois (le président Joly de Blaisy et l'intendant Bouchu) ; le baldaquin qui surmonte le maltre-autel et que soutiennent six colonnes monolithes de marbre noir; la Visitation par Dubois (dans le fond); la Communion de sainte Catherine par Quantin (dans la chapelle latérale), un des plus beaux tableaux de cet artiste.
Les Carmélites s'établirent à Dijon dans les premières années du xviie s. Leur couvent sert aujourd'hui de caserne : leur église, transformée en prison militaire, a un élégant portail, construit en 1630 dans le style italien, sur les dessins d'un Dijonnais, Nicolas Tessin, architecte et géographe.
Saint-Philibert (vis-à-vis de l'évôché), offre un mélange de tous les styles. L'ensemble parait appartenir au xne s. La date seule du clocher est certaine : il a été élevé en 1513.
Saint-Jean (place de ce nom) est une des plus anciennes églises de Dijon ; [du temps de Grégoire de Tours, on l'appelait la basilique hors des murs. Dans les premières années du x« s., elle fut érigée en paroisse. L'édifice actuel, commencé en 1447, achevé en 1455, consacré en 1468, a la forme d'une croix grecque sans collatéraux. La flèche, haute de 57 mèt. 17 c, qui avait été construite en 1664, a été démolie en 1810; quelques années plus tard, on abattit le chœur pour élargir la place. La grande voûte en bois delanefet du chœur est un chef-d'œuvre de charpenterie; Saint- Jean renferme les tombeaux de saint Urbain et de saint Grégoire, évôques de Langres, et celui de la famille de Longepierre. C'est à Saint-Jean que Bossuet a été baptisé. Cette église, supprimée en 1790, servit longtemps de magasin à fourrages, démarché, de pesage public et en dernier lieu de magasin d'approvisionnement des boulangers. On la restaure (juin 1866) pour la rendre au culte, et M. Bénédict Masson a déjà exécuté des peintures murales dans l'abside.
De F église Saint- Nicolas , construite au xvc s., reconstruite en
1610, détruite en 1792, il ne reste aujourd'hui qu'une tour de la Renaissance, située en face de la rue Proudhon, et dans laquelle a été placée une horloge publique.
La principale congrégation religieuse de Dijon, établie sous l'invocation de la Vierge, dans l'ancien couvent des Carmes, rue Grébillon, fondée par Mme de Chantai, supprimée à la Révolution, rétablie en 1822, possède une jolie église, inaugurée en 1846. Les Dames de la Visitation ont fondé une institution déjeunes demoiselles.
Une église, consacrée à Saint Pierre, a été érigée dans ces dernières années sur la place Saint-Pierre, d'après les dessins de Lassus, dans le style duxnr3 s.; la flèche, assez élégante, est couverte en ardoises.
Édifices civils.
Le palais des ducs de Bourgogne, appelé aussi le Palais des États et le Logis du roi, aujourd'hui l'hôtel de ville, le plus remarquable de tous les édifices civils de Dijon, a été reconstruit presque entièrement de la fin du xvne s. à la fin du xvnr8. Il s:élève, au centre de la ville, sur une place trop petite, bâtie en hémicycle, de 1681 à 1725, ornée alors d'une statue de Louis XIV en bronze, qui a été détruite en 1792, et désignée tour à tour sous les noms de place Royale, place Impériale, place d'Armes, place de la Liberté. -
L'ancien palais des ducs de Bourgogne datait du Xe s.; il avait été bâti sur des ruines romaines dont on a retrouvé quelques vestiges en 1808, lorsqu'on a démoli, pour construire le théâtre, un ancien mur de la Sainte-Chapelle, et tout récemment quand on a détruit une partie des cuisines ducales, sous prétexte d'ouvrir des jours sur l'aile orientale, récemment achevée. Au xne s., Hugues III y ajouta cette église avec quelques tours qui en défendaient l'approche du côté de l'est, et dont les murailles de près de 5 mèt. d'épaisseur existaient encore en 1447. Philippe le Hardi le reconstruisit presque entièrement en 1366. Philippe le Bon éleva la grande tour ; mais, après la mort de Charles le Téméraire, il fut abandonné aux gouverneurs de la province qui le laissèrent tomber en ruine. On y faisait les réparations les plus