DIJON. — PROMENADES
Les collections du Jardin des plantes ont été, durant ces dernières années, augmentées d'un grand nombre de végétaux rares et précieux. Elles se composent de plus de 5000 espèces ou variétés de plantes, et de 500 arbres ou arbrisseaux. Nous signalerons aux promeneurs un saule pleureur provenant d'une bouture cueillie sur l'arbre de cette espèce qui ombrage l'ancien tombeau de Napoléon à Sainte-Hélène, et rapportée par M. Montholon. Elle a été donnée à la ville par M. Pelletier de Cléry.
La collection des vignes a droit à une mention spéciale : le nombre de ses variétés n'est pas moins de 300.
Les serres sont au nombre de trois, l'une chaude, l'autre tempérée, et la troisième froide. Les deux premières ont 13 mèt. 10 c. de longueur sur k mèt. 50 c. de largeur. Elles sont chauffées par l'eau. Le bâtiment qui les sépare est destiné au Musée ou galerie de botanique. La troisième, longue de 19 mèt. 53 c. et large de 2 mèt. 65 c. sert à la culture de quelques plantes bulbeuses et d'arbustes de la Nouvelle-Hollande, de la Chine et du Japon.
En face de la grande allée qui traverse, vis-à-vis des serres, la partie du Jardin des plantes consacrée à l'école de botanique, un monument a été élevé à Legoux de Gerland. Au-dessus du buste de ce premier fondateur du Jardin des plantes, on lit cette inscription :
PRISTINI DIVIONENSIS HORTI CONDITORIS.
Le musée de botanique possède un magnifique herbier, qui a été légué à la ville par la famille d'Antoine Guillemin, un des élèves les plus distingués de Gandolle, mort le 15 janvier 1842 (200 gros volumes ou cartons in-folio, renfermant 10 à 12 000 espèces, classées en 205 groupes ou familles).
Les étrangers peuvent faire d'agréables excursions dans les environs de Dijon. Nous leur recommanderons surtout: — une promenade à pied ou en voiture à Plombières et à Velars, dans la vallée de l'Ouche, et môme àMàlain, pourvoir lesadmirables travaux d'art que nous avons précédemment décrits, et — l'ascension du Mont-Afrique, dont la cime longue et boisée attire les regards au-dessus de la montagne conique et nue de la motte Giron, que couronne la ferme de Bel-Air. Le chemin le plus court (2 heures
environ) passe par Larrey, où l'on remarque une belle fontaine, puis monte, entre la motte Giron à droite et le clos Sainte-Anne à gauche, au village de Corcelle$-lez-Mont (415 hab.j, dont le maigre terroir ne produit que du méteil, mais dont les habitants font un débit assez considérable de chaux. Le sommet du Mont- Afrique a 584 mèt. d'altit. Au sud s'élève le mont de Siège, plus haut que le Mont- Afrique de 7 mèt., et à l'ouest, le plan de Suzan, qui n'a que 565 mètres. Des pentes et du plateau supérieur de cette montagne on découvre une vue magnifique sur les vastes plaines de la Côte-d'Or et de la Franche-Comté, terminées par les longues chaînes du Jura, au-dessus de laquelle apparaissent parfois les plus hautes cimes glacées du Mont-Blanc.
A l'extrémité de la partie méridionale du Mont-Afrique, près de Flavignerot, se trouvent des restes d'un ouvrage de défense appelé camp de César. Quelle est l'origine de cet ouvrage ? à quel peuple doit-il être attribué? On l'ignore. La position qu'il occupe était favorable à l'établissement d'un camp accessible d'un seul côté ; une chaussée établie sur ce point en défendait l'approche. Des tombeaux ont été découverts sur le penchant de la montagne ; on en a môme trouvé un d'une forme particulière dans l'emplacement du camp lui-môme. Sous des ossements était une médaille romaine. Des fossés, dont les traces sont encore apparentes dans le bois qui couvre le sommet de la montagne, entouraient le camp : voilà tout ce que l'on sait. D'une discussion engagée devant le congrès archéologique de France (session de 1853) tenu à Dijon, il résulte qu'un camp a existé sur le Mont-Afrique, mais qu'il n'est rien moins que prouvé que ce fût un camp de César.
Si l'on ne veut pas revenir à Dijon par le môme chemin, on peut descendre à Flavignerot (130 hab. env.), et, de ce triste village, gagner, par la combe boisée de Notre-Dame de l'Étang, le hameau de la Cude, situé près de Velars (K. p. 163).
Quand on sort de Dijon par la porte Guillaume, on aperçoit en face de soi, à 3 kil. environ, un petit mamelon isolé que couronne le village de Talant. A dr., sur une éminence moins élevée, s'en montre un autre, Fontaine, v. de 457 hab., patrie de saint Bernard, qui y naquit en 1051. Près de l'église, agréa-