‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 75 sur 360 · DE DIJON A LYON · texte numérisé non relu

DE DIJON A LYON

Au sortir de la gare de Dijon, la voie ferrée, laissant à dr. l'Arquebuse et le Jardin des plantes, à g. les églises Saint-Bénigne et Saint-Philibert, vient longer l'ancien rempart en partie détruit. Au delà du lycée on aperçoit, à g., les tours de Saint-Jean et le dôme de Sainte-Anne. A dr., l'hôpital attire les regards au moment où l'on franchit la porte d'Ouche. Plus loin, du môme côté, le sommet boisé du Mont-Afrique (584 mèt.) domine la montagne isolée et nue de la motte Giron, que couronne la ferme de Bel- Air (405 mèt.). L'Ouche coule au pied du bastion de Tivoli, sur une moitié duquel le chemin de fer s'est établi, et qui terminait le rempart de Saint-Pierre. Au delà de ce rempart, près de Suzon, se montrent les toits rougeâtres du nouvel abattoir. On

franchit l'Ouche, dont les beaux moulins s'élèvent à peu de distance en deçà du parc; on laisse à g., l'embranchement d'Auxonne, Gray, Dôle, Salins, Besançon, Belfort, Lons-le-Saunier, Neuchatel; puis on traverse lé canal de Bourgogne sur un pont biais d'une seule arche en fonte de 15 met. 50 c, pour courir dans la direction du S., parallèlement à la chaîne des montagnes de la Côte-d'Or que longe la route de terre, mais dont le chemin de fer reste à une trop grande distance. Sur la g., quand le temps est clair, la ligne bleuâtre des montagnes du Jura, dominée quelquefois par le Mont-Blanc, termine à l'horizon la vaste plaine de la Bourgogne, qui se relie à celle de la Franche-Comté.

Le département de la Côte-d'Or possède actuellement environ 26 500 hect. consacrés à la culture de la vigne. Sur ces 26 000 hect., 24 000, disséminés sur tous les points du départ, et plantés en 'jamais, ne donnent que des vins ordinaires (de 50 à 60 hectolitres par hect. dans les bonnes années) ; 2500 hect. seulement, plantés en noiriens ou pinots, produisent des vins fins (18 hectolitres environ par hect.). Ils se trouvent tous réunis sur le versant oriental des coteaux que domine, de Dijon à Santenay, la chaîne de montagnes qui, désignée sous le nom de Côte-d'Or, se relie, au N., au plateau de Langres ; au S., aux montagnes du Charolais, en séparant les bassins delà Seine, delà Saône et de la Loire. Cette ligne presque ininterrompue de vignobles, le chemin de fer la longe de Dijon à Chagny, à des distances variables (2 à 5 ou 6 kil.). Nous en signalerons, en passant, les clos ou climats les plus renommés. Rappelons seulement, avec M. Lavalle que les vins de la Côte-d'Or sont au premier rang, et que peut-être quelques-uns d'entre eux n'ont pas de rivaux.

Tous les grands crus sont situés à mi-côte ; c'est là, en effet, que le soleil agit avec le plus d'intensité, et là aussi que le terrain est assez profond pour fournir à la vigne toute la séve nécessaire. Le vin perd de sa qualité à mesure que l'on s'éloigne

1. Histoire et statistique de la rigne et des grands vins de la Côte-d'Or, par M. S. Lavalle, arec le concoors de MM. Joseph Garnier et Delaruc, ouvrage enrichi d'un magnifique plan topographique des grands vignobles de la Côte-d'Or, et d'un album complet renfermant les vues des climats les plus importants. 1 vol. grand in-8. Paris, Dusacq; Dijon, Picard.

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