‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 76 sur 360 · LA CÔTE-D'OR. — FIXIN · texte numérisé non relu

LA CÔTE-D'OR. — FIXIN

du centre, soit en montant , soit en descendant. En outre, tous les grands crus sont exposés au S. E. Ils reçoivent avec d'au tant plus de facilité les premiers rayons du soleil levant, qu'au cun d'eux ne descend jusqu'à la base des collines, et qu'à leur pied s'étend une vaste plaine dont la largeur peut être évaluée à plus de 60 kil. Enfin, nul cours d'eau de quelque importance, nul lac ou étang un peu considérable n'avoisine les pentes sur lesquelles ils sont cultivés. Leur hauteur absolue varie entre 240 et 320 mèt. au-dessus du niveau de la mer.

Le premier village que Ton remarque sur la Côte-d'Or (5 kil. de Dijon) est celui de Chenôve (778 hab.). Parmi ces vins, on prise surtout ceux des Clos du Roi et du Chapitre, qui se servaient autrefois sur les tables des ducs de Bourgogne et des chanoines de la cathédrale d'Autun. 2 kil. plus loin se trouve Marsannaya-Côte i840 hab.). Puis les villages deviennent tellement rapprochés, qu'ils semblent se confondre. Ils se suivent dans l'ordre suivant : Perrigny, Gouchey, Fixey, Fixin, Brochon, Gevrey.

Perrigny (356 hab.), situé dans la plaine, entre le chemin de fer et la route de terre, a donné son nom à la tranchée fprès de 5 kil.) dans laquelle on est trop longtemps enseveli. Couchey (545 hab.) un des plus anciens villages de la côte dijonnaise, a conservé quelques débris de son ancien château fort et une vieille croix dans son cimetière. Fixey (55 hab.) possède une église du xi* s. Ses Arveîets et la Mazière sont estimés; ses magnaneries ont autant d'importance que celles de Fixin.

Fixin (508 hab.) reçoit souvent la visite des étrangers, depuis que MM. Noisot et Rude y ont élevé un monument à l'empereur Napoléon. Son église, bâtie à diverses époques, n'a de remarquable que sa tour carrée, surmontée d'un toit pyramidal qui lui sert de clocher (fin du xiv* s.) Sur le penchant rapide du coteau, près d'un groupe de noyers séculaires, s'élève le manoir de la Perrière, qu'un des ducs de Bourgogne de la première race capétienne avait donné à l'abbaye de Clteaux, et dont les vins (tête de cuvée, 40 hectolitres par an) se vendent aussi cher que ceux de Chambertin. La Grosse Maison a été reconstruite vers la fin du siècle dernier (les portes de la grande cour et une tourelle en pierre de taille à dôme arrondi ont été conservées).

En 1837, un ancien officier, qui avait accompagné Napoléon à l'Ile d'Elbe, acquit, au-dessus du manoir de la Perrière, un terrain de cinq hect., moitié planté de bois, moitié abandonné à la vaine pâture. Ce terrain défriché, il l'entoura de murs auxquels il donna la forme de bastions crénelés, puis il se construisit une espèce de fort sur un des points les plus élevés. Un jour qu'il avait reçu dans cette propriété naissante la visite d'un de ses compatriotes et amis, le sculpteur Rude, il s'étonnait avec lui qu'aucun département français n'eût encore songé à ériger un monument à l'empereur Napoléon. « Où voudriez-vous placer ce monument? demanda Rude. — Ici, s'écria M. Noisot, d'où j'aperçois les Alpes témoins de sa gloire; ici, d'où mon œil plane sur une partie de cette Bourgogne, à l'affection de laquelle il croyait tant que, sur son lit de mort, il disait à un de ses plus fidèles serviteurs : « Ton exil va finir ; tu vas revoir le sol sacré o de la patrie. Acquiers une propriété en Bourgogne, fixes-y ta « résidence ; j'y suis aimé; on t'y aimera en mémoire de moi ! — Eh bien, répondit M. Rude, je vous ferai un empereur. > Telle fut l'origine du monument élevé à Napoléon dans le modeste villagede Fixin, aux frais de M. Noisot, inauguré le 19 septembre 1847, et portant l'inscription suivante :

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