STATION. - CHALON-SUR-SAONE
10 kil. de Fontaines. — 383 kil. de Paris. — t29 kil. de Lyon.
Chalon-sur-Saône ( hôt: : des Diligences, du Parc, du Chevreuil, des Trois-Faisans) est située à 172 mèt. au-dessus du
niveau de la mer, sur la rive droite de la Saône, à l'embouchure du canal du Centre. De nombreuses routes viennent y aboutir ; des services réguliers de bateaux à vapeur la mettent en communication incessante avec toutes les villes bâties sur les bords de la Saône et du Rhône. D'autres chemins de fer, en cours d'exécution, la relieront bientôt par Besançon à Mulhouse, par Dijon à Nancy et à Lons-îe-Saulnier.
La position admirable que Châlon occupe, et qui lui a été tant de fois, depuis qu'elle existe, si fatale et si avantageuse, avait déjà attiré les Gaulois, longtemps avant l'ère chrétienne. Quand les Romains envahirent la Gaule, Châlon, appelée Coubil-Haun (en latin Cabiîlonum), dépendait de la république des Ëduens. César y établit un castrum frumentarium ; plus tard les empereurs y entretinrent une flotte (classis Ararica), et, du temps d'Ammien Marcellin, Châlon était encore une des villes les plus considérables de la Gaule. Incendiée, en 264, par les Allemands qui en massacrèrent presque tous les habitants, rebâtie par Probus, qui lui permit de replanter de la vigne sur ses coteaux, protégée un moment par Constantin, qui y vint deux fois, elle fut successivement ravagée par tous les peuples barbares qui se répandirent du nord au sud de l'Europe. Les rois bourguignons, s'en étant enfin emparés, y fixèrent leur résidence. Elle appartint ensuite aux rois mérovingiens; mais Chramn, fils de Clotaire, révolté contre son père, la saccagea et la brûla en 555, puis, à la mort de Clotaire Ier, Gontran, son second fils, en fit la capitale de ses États. Les Sarrasins l'incendièrent en 732. Charlemagne, l'ayant rebâtie, y tint un concile en 813. Lothaire, irrité que le comte Guérin ou Warin se fût prononcé pour Louis le Débonnaire, la réduisit en cendres en 834. Les Hongrois la prirent d'assaut en 937. Je passe sous silence les famines, les incendies et les pestes, dont le nombre est effrayant. En 1158, Louis VII vint y assiéger le comte Guillaume 1er, qui s'était permis de piller l'abbaye de Cluny et d'en égorger presque tous les moines ; elle fut encore une fois emportée de vive force. Enfin, après la mort de Charles le Téméraire — elle appartenait aux ducs de Bourgogne depuis 1237, — comme elle s'était déclarée pour la princesse Marie, Louis XI la fit assiéger par le sire de Craon (Georges de la Trémouille), qui, l'ayant prise, y commit toutes sortes d'exactions et de cruautés.
A dater de sa réunion à la couronne de France, sa situation sur la grande route de l'Italie lui imposa de nouveaux sacrifices également ruineux. Elle dut fêter, à grands frais, le passage de tous les rois ou princes qui lui firent l'honneur de la traverser : Charles VIII, Louis XII, François [•*, Charles IX, Louis XIII, la reine de Suède, etc., etc. La