‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 96 sur 360 · CLUNY · texte numérisé non relu

CLUNY

\ oûtée en berceau plein cintre. Au-dessus de la porte d'enirée, dans l'épaisseur du mur séparant le narthex de la nef, et formant un encorbellement de 2 mèt. à l'intérieur, était pratiquée une chapelle dédiée à saint Michel, à laquelle on arrivait par deux escaliers à vis.... Mais ce qui caractérise la grande église de Gluny, c'est le double transsept dont aucune église en France ne nous donne d'exemple. » Ce transsept était nécessité sans doute par le grand nombre de religieux dont les stalles formaient en partie le premier transsept. o Outre les deux tours du narthex, l'église de Cluny possédait trois clochers, posés à cheval sur son premier transsept, et un clocher sur le centre de la deuxième

Église de Cluny.

croisée, que l'on désignait sous le nom de clocher des lampes, parce qu'il contenait à sa base les couronnes de lumières qui brûlaient perpétuellement au-dessus du maître- autel. » La longueur de l'église proprement dite était de 127 mèt. sur 37 mèt. de largeur; la longueur totale de l'édifice (185 mèt.) égalait presque celle de Saint-Pierre de Rome, qui a 191 mèt, 65 c. La voûte, soutenue dans la grande église par 60 piliers, s'élevait à près de 40 mèt. du sol. — Au milieu des ruines, on remarque encore avec intérêt quelques débris de l'abside, un clocher octogonal, et la chapelle des Bourbons, construite au xve s. par l'abbé Jean de Bourbon, et où ont été réunis quelques tronçons de co-

lonnes et de chapiteaux provenant de la basilique. Tout le reste dF l'emplacement de Péglise est occupé par un haras.

Les bâtiments de Y abbaye étaient remarquables par leur immense étendue. La porte d'entrée du monastère (xne s.), à deux arcades, subsiste encore. — Au S. de l'église, était un cloître immense, entouré de bâtiments loués en partie à des artisans et à des cafetiers; le milieu du cloître sert de champ de foire.— Au N-, un peu en avant de l'église, s'élevaient les deux abbatiales, reconstruites, l'une à la fin du xve s., l'autre au commencement du xvie. La première, qui subsiste encore, renferme à l'intérieur quelques curieux détails d'architecture et une cheminée remarquablement sculptée. Le bâtiment principal est flanqué de deux pavillons, bâtis par les Guise. — Au S. E., s'élève l'ancienne boulangerie. — Enfin au N. et au S., de chaque côté du chœur, s'étendent de vastes bâtiments, reconstruits au siècle dernier, et qui renferment aujourd'hui: au rez-de-chaussée, la mairie, la justice de paix, la salle d'asile , Vécole des frères de la Doctrine chrétienne ; et, à l'étage supérieur, une école d'apprentissage pour le tissage des soies, le collège et la bibliothèque publique, composée en grande partie des débris de la bibliothèque des moines. On montre dans cette bibliothèque un violon qui appartint à Charles IX, s'il faut en croire une inscription gravée sur cet instrument et portant la date de 1568.

L'église Notre-Dame, classée aussi parmi les monuments historiques et datant du commencement du xin° s., appartient, dit M. Viollet-le-Duc, au meilleur style de la haute Bourgogne. Elle s'appelait autrefois Notre-Dame des Panneaux (de Panicellis), parce qu'on y conservait les étalons de toutes les mesures destinées à la vente des grains. Elle se compose de trois nefs, précédées d'un portail dont les riches sculptures ont été gravement mutilées.

Véglise Saint-Marcel n'offre d'intéressant que son clocher pyramidal (xii* s.) copié, dit-on, sur ceux de l'église abbatiale. — Il ne reste que quelques pans de murs de Véglise Saint-Mayeul, la plus ancienne des églises de Gluny.

V hôpital, commencé à la fin duxvne s. parle cardinal de Bouillon, n'a été achevé qu'en 1828. On y voit des mausolées en martre blanc de Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne et

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