GRAND CIRQUE
Romulus fut le premier qui choisit celte vallée pour y célébrer des jeux magnifiques en l’honneur de Neptune, appelle' Cousus. C’est de ce nom-ci qu’on appella ces jeux Consiialia , et ce fut a cette occasion que dans ce même endroit arriva l’ enlèvement des Sabines. En mémoire de cet événement , on érigea ensuite dans le cirque Y autel souterrain de Consus qu’on déterrait chaque fois avant de commencer les jeux , pour y sacrifier et qu’on comldait depuis ,
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Tarquin r ancien y bâtit ensuite le cirque, qui, a cause de sa grandeur, reçut dans les siècles suivans le surnom de Ma^ ximus , c est-a-dire le plus grand» Le nom de Circus venait des tours qu on y faisait avec des chars et des chevaux. Les jeux qu’ on y faisait s’ appellaient Circenses et c’ était le spectacle que les Romains aimaient le plus. Ces jeux consistaient principalement en des courses qu’ on faisait avec des chars attelés de deux et quatre chevaux, dans la décursion qu’on appellait le jeu de Troie , ludus Trojae , et dans des jeux athlétiques , et autres spectacles de force . On comptait a Rome plusieurs cirques, outre celui-ci , c’ est a dire le Flaminien, ceux de Flora, de Salluste, de Caligula ou Néron, d’Hadrien, d’Héliogabale ou Varius, d’Alé» xandre Sévère , et de Romulus fils de Maxence sur la voie appienne . Celui ci étant le mieux conservé sert a faire connaître les parties et la distribution de ces bâtimens.
Denis d’Halicarnasse qui vit le grand cirque après la restauration et l’agrandissement que Jules César en avait fait, dit qu’ il avait 3 stades et demi de longueur , c’est-'a- dire un peu moins d’une démi mille : et quatre jugeres de largeur : ce qui correspond à 8y9 pieds. De son teras il pouvait contenir i5o mille personnes. Auguste y érigea l’obélisque qu'on voit maintenant a la place du Peuple. Il fut fort endommagé par l’incendie de Néron qui s’alluma
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précisément dans ce quartier. Du tems de Vespasien il pouvait contenir aSo mille personnes. Trajan le restaura et l’agrandit ; on croit que lorsqu’il fut rendu, selon ce que dit Pline le jeune , digne du peuple romain , il pouvait contenir 3oo mille personnes. Ce fut Constantin qui lui donna le dernier lustre en le restaurant, et en l’agrandissant de manière , qu’ il pouvait contenir, selon Victor, 38o mille spectateurs, et , selon la Notice de l’Empire, 4o5 mille. Constance fils de Constaintin lit venir a Rome le plus grand obélisque qui y existe , et il en décora le grand cirque. Cet obélisque est celui qu’ on voit sur la place de Latran.
La forme de ce cirque , ainsi que des autres, était oblongue, dont une extrémité était en demi-cercle , 1’ autre décrivait une courbe presque insensible. Du côté du demi-cercle était la grande ports d’entrée; et dans la partie opposée étaient les carceres , c’ est-a-dire les postes , où 1’ on retenait les cbars avec les chevaux attelés , jusqu’au signal de la course. Cette partie du cirque regardait le Tibre ; l’autre la voie appienne. Au milieu de l’ arène s’étendait la Spina , c’ est-a-dire une plate-forme longue et étroite , autour de laquelle les chars faisaient leurs courses. De petits autels, des statues, des colonnes, et les deux obélisques égyptiens étaient placés sur la Spina , aux extrémités de laquelle se trouvaient les bornes, nommées en latin
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11 fallait tourner sept fois autour de ces bornes pour remporter le prix .
A’ r exception du côte' où étaient les carceres , tout 1’ édifice était environné de portiques, les uns sur les autres. Dans Tint
rieur il y avait pour les spectateurs plu- i sieurs precinctions de gradins , comme dans les amphithéâtres, et les théâtres. podium était ici comme dans les autres édifices pour les spectacles , la place la plus distinguée. Au bas du podium se trouvait un canal de neuf pieds de largeur et d’autant de profondeur , appelle’ Euripe , qui avait été ajouté par Jules César, qui fut ôté par Néron, et probablement rétabli après.
Quoique les cirques fussent faits pour les courses des chars et des chevaux , ils servaient aussi à la lutte , au pugilat et à la course a pied , ainsi qu’a la chasse des bêtes féroces , et autres amusemens propres k former la jeunesse romaine a la guerre. C’ est dans ce même cirque, selon le rapport d’Aulugelle, qu’ Androclcs, ayant été exposé aux bêtes féroces , fut reconnu par un lion , auquel il avait arraché une épine du pied en Afrique , et qui , au lieu de le dévorer , se mit k le lécher . Les maisons , les gréniers a foin et les remises qui occupent aujourd’ hui le bas côté du mont Palatin , sont tous construits sur les restes des corridors et des voûtes qui soutenaient les gradins ; sur la rue même on voit quelques masses de brirquos , qui ont aussi servi a soutenir les gra-
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dins de ce cirque. Ces ruines ont fait conserver a la rue son alignement ancien.
En sortant du cirque on voit a gauche l’emplacement du Septizonium ; c’était un portique a trois etages que SepliraeScvère fit construire pour ornement de cet angle du palais impérial. Il existait encore en grande partie dans le XVI siècle, lorsque Sixte V le fit démolir pour employer les colonnes a la basilique de St. Pierre .
Après avoir passe' sur un petit pont un ruisseau qu’ on appelle \?iMarrana^ on trouve a droite les restes magnifiques des
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Vers 1’ anne'e 212 de Père vulgaire l’empereur Anlonin Caracalla fit bâtir ces thermes qui par cette raison furent appelle'es les Thermes Autoniniennes , nom que cette contrée conserve encore, quoiqu’un peu altère', dans celui ^ J nloniana. Ce meme empereur les acheva et les dédia avant sa mort qui arriva en 2 ly. Des portiques y furent ajoutes par Hèliogabale , et Alexandre Se'vère. Leur masfnificcnce nous est attestée par Spartien, Lampndius, Sextus Victor , Eutropc, et Olympiodore : ce dernier écrivain nous dit qu’ elles contenaient 1600 places pour se baigner. L’époque de leur abandon n’est pas bien connue , mais il est fort probable qu’ il soit arrivé dans le VI siècle, pendant la guerre entre IcsGoths et les Grecs sous Justinien, et particulièrement
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depuis les ravages deTotila. Dans les fouilles faites au XVI siècle , on a trouve' dans les ruines de ces thermes parmi d’ autres objets , le fameux torse de Belvedère, l’Hercule de Glycon , connu sous le nom d’ Hercule Farnèse, le groupe connu sous le nom d eTaureau F arnès e, et la Flora F arne'sienne, objets qui sont tous a Naples, a F exception du torse , qui est au muse'e du Vatican. Pour avoir une idée de la grandeur et de rétendue de ces thermes, il faut considérer que ce bâtiment est un carré de io5o pieds de chaque côté ou 4200 d’ enceinte. Vers le milieu de cet énorme carré s’élève un bâtiment somptueux carré oblong qui a G90 pieds de longueur et 4^0 dans sa plus grande largeur. Une sorte de rez-de-chaussé, ou premier étage règne par tout: il n’en est pas ainsi du second étage , qui ne se trouve que tout autour et dans le bâtiment plus noble du milieu , de manière que celui-ci était entièrement détaché du reste et isolé par une cour immense qui servait aux différens exercices du peuj)le, et à ses amusemens: c’est par cette raison qu’ il y avait une espèce de théâtre avec des gradins pour les spectateurs , adossé a la colline qui domine ces thermes vers le sud-ouest . La façade était du côté nord-est, où l’on trouve aujourd’hui quantité de chambres séparées l’une de l’autre, qui servaient de logement aux gardes et aux esclaves attachés au service des thermes : ces chambres avaient leur entrée
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commune dans un corridor ou portique a arcades qui précédait le bâtiment total des thermes : c’est a tort qu’on les croit des chambres de bain. Une large et magnifique rue, appellée via nova, rue neuve, construite par Caracalla aussi , conduisait a ce portique : des escaliers au nombre de six , places a differentes distances , portaient à la cour qui environnait F e'difice noble , comme nous l’avons déjà remarque. Des fouilles qu’on vient de faire dans cette partie ont ote beaucoup de doutes sur F usage des differentes pièces qui la composent , et ont aussi apporté une grande lumière sur les autres restes de thermes existant a Rome , telles que celles de Titus et de Dioclétien. Dans ces fouilles on a reeonnü que les pavés de ces différentes pièces , a F exception de la salle du centre , et de celle qui lui est parallèle vers le nordr-est , sont en mosaïque d’une exécution plus ou moins fine en pierres dures, c’est a. dire porphyre, serpentin, jaune antique, portasanta, lave noirâtre et marbre blanc : en général le dessin ne présente que des compartiraens de différentes formes , tels que circulaires, elliptiques, quadrangulaires , et romboïdaux , et en forme d’ écailles, dont les couleurs très-vives sont d’un effet admirable. Mais rien n’ égale la richesse du pavé des deux grandes exèdres des cours d’ exercice , sur lesquelles on a représenté des gymnasiarques et des athlètes en mosaïque très-fine , qui déterminent Fusa-
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ge de ces deux cours . On espère que ces mosaïques resteront sur la place , et qu’ on prendra des mesures pour les garantir des intempéries des saisons et du vandalisme des curieux . Parmi les pièces qui composent cette partie, cinq sont les plus remarquables ; c’est-a-dire deux cours entourées de portiques de colonnes de granit gris decouvertes au milieu , servant aux exercices gymnastiques: unevaste salle centrale a qui on donne le nom de Piiiaeoiheca et qui , étant sur le même plan que celle des tlierraes de Dioclétien, était, comme celle-ci, décorée de huit colonnes énormes de granit, dont on voit les places : on prétend que la dernière fut emportée a Florence et placée devant le pont Ste. Trinité par le duc Corne de Méclicis dans le XVI siècle , où elle se voit encore soutenant la statue de la Justice : une salle ronde , dont on voit des restes , placée au milieu du côté sud-ouest vis-a-vis le théâtre .* et enfin la grande piscine qu’ on a cru être la même salle que celle appellée cella solearis par Spartien qui la décrit comme étant d’une construction merveilleuse , puisque sa voûte d’une étendue énorme était retenue par des barres de bronze ou de cuivre : F étendue de cette pièce est de i88 pieds de long sur i34 de large, et c’est précisément celle étendue qui rend la chose extrêmement difficile : Spartien dit que les ingénieurs de son ten^s soutenaient qu’on u’en pouvait faire une autre. On remarque
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encore dans cette piscine les neuf ouvertures par lesquelles l’eau y entrait et en formait un immense bassin et par cette raison on voit que les murs dans la partie basse étaient revêtus de ce mastic qu’on appellait opus signinum pour les rendre impénétrables a l’eau. Des recberclies , faites par Piranesiverslamoitie du siècle passe' avaient fait croire que les bains pour le peuple se trouvaient dans le rez-de-cîiausse sous la cour, où d’après ce qu’on a dit , le peuple s’exerçait, vers le sud-ouest: on peut assurer aujourd’hui que ce ne sont que des substructions. Aux deux extrémités de cette cour sont les restes de deux dietæ ou salles , de forme octangulaire , dont celle vers le sud-est , qui est la plus conservée , porte sans aucune raison le nom de temple d’Hercule. Non loin de cette dernière on trouva en 1777 les deux belles baignoires en basal the , qui sont aujourd’hui au musée du Vatican.
Ces thermes par leur conservation et par les vues pittoresques méritent particulièrement d’ être visités par les voyageurs. Près d’elles sur le grand chemin on trouve a droite 1’