TOMBEAU DES SCIPIONS
Ce célèbre monument ne fut découvert qu’en ïy8o: jusque-la on croyait que le tombeau des Scipions était celui que l’on voit hors de la porte St. Sébastien, presqu’ en face de l’église de Domine qito oadis. Ce monument avait deux étages, dont le premier qui existe encore, est un grand souterrain , creusé dans le tuf; il ne reste plus rien clu second étage, qui devait être entouré de niches, où étaient les statues des Scipions et du poète Ennius , dont parle Cicéron, et qui était décoré de demi colonnes d’ordre ionique, comme il resuite des fragmens qu’on a trouvé. Lors de la découverte du tombeau on remarqua les objets suivans,qui se conservent aujourd’hui dans le musée du Vatican : un sarcophage en pépérin ou pierre d’ Albano , qui , selon l’inscription que l’on y lit, appartenait k Lucius Scipion LarbatUs vainqueur des Samnites et de îa Lucanie, avant la première guerre punique ; un buste , aussi eu pépérin, avec la tète couronnée de laurier ,
Arc de Dnisus.
qu’on dit du poêle Enniiis, mais qui représente plutôt quelqu’un des Scipions; un buste inconnu eu marbre blanc; et un grand nombre d’inscriptions, dont on a copid les plus remarquables , qui ont e'te' placées dans les memes lieux où étaient les originaux. C’est le monument le plus mémorable et digne d’etre visite', tant par son antiquité', que pour être le tombeau d’une famille du plus grand mérite dans la république romaine .
En allant a la porte St. Sébastien, on voit r
AFxC DE DRU su s»
Cet arc a été érigé par le sénat romain en l’honneur de Drusus père de F empereur Claude, après sa mort. Il est composé de blocs carrés de travertin , excepté l’archivolte et les ornemens qui sont en marbre , et orné de deux colonnes de marbre africain , d’ordre composite. Le tuyau que l’on trouve dans la partie supérieure de cet édifice , et les arcades qu’on voit du côté gauche de l’arc, indiquent la continuation d’ un aqueduc, c’esl-a-dire que Caracalla s’est servi de cet édifice pour y faire passer F eau qui allait dans ses thermes, et a cette seconde époque il faut attribuer les ornemens actuels qui ne sont pas d’assez bon style et qui sont d’une exécution fort médiocre. Vient ensuite la
Porte y^ppienne.
PORTE AP TIENNE Oü SAINT SÉBASTIEN.
Celte porte fut substitue' a l’ancienne porte Capène , lorsqu’ on agrandit 1’ enceinte de la ville .* ayant souffert dans la guerre gothique, elle fut refaite par Belisaire, ou par Narsès. On l’appelle aujourd’hui porte St. Sébastien, a cause de la basilique de ce saint qui est a deux milles delà. On la nomma porte jAppienne , comme on a déjà remarqué , a cause de la célèbre voie Appienne , qu’Appius Claudius , censeur , fît paver de gros blocs de pierre , 1’ an 44^ de Rome. Cette voie, la plus magnifique de toutes celles construites par les Romains, étaitbordée de monumens , dont on voit encore des restes : elle fut réparée par Auguste qui dessécha les marais Pontins. Les empereurs Vespasien, Domitien , Nerva et Trajan la restaurèrent aussi. Les irruptions des barbares et les guerres ^civiles du moyen âge ramenèrent les inondations des 'eaux , et la voie Appienneserait encore couverte sous les marais , si le pape Pie VI ne les eût desséchés. Cette opération a rendu la plus grande partie de ces campagnes a l’agriculture; elle a beaucoup purifié l’air, elle voyage de Naples en est aussi devenu plus facile et plus commode.
Un quart de mille hors de la porte on passe le petit fleuve Almon , formé par plusieurs sources , dont la plus éloignée est a'
Voie Àppieiine, 383
cinq ou six milles de Rome. C’est dans ce fleuve, près de son embouchure dans le Tibre, d’après Ovide, que les prêtres de Cybe’lë avaient l’usage de laver, chaque année, la statue de cette déesse et les instrumens de son culte.
En continuant la même route, on voit à droite , presque vis-à-vis de la petite église de Domine quo vadis ^ les restes d’un tombeau, que l’on croyait autrefois celui des Scipions : il est dépouillé de ses orneraens: son soubassement qui est carré était revêtu de grosses dalles , et renferme une chambre sépulcrale : le second ordre d’architecture est rond, orné dénichés sur le pourtour , d’ouvrage réticulaire. Une inscription trouvée dans ces environs fait croire que celui-ci a été le monument sépulcral de Priscille , femme d’ Abascanthus , mentionné par Stace comme étant dans ces environs .
Après l’église de Domine quo vadis^lsi route se partage en deux; celle à droite est l’ancienne voie Ardéatine ; l’autre est la continuation de la voie Appienne. En suivant cette dernière, on voit sur les côtés , beaucoup de ruines de tombeaux anciens.
Dans la première vigne à gauche , après la petite rue qui mène à la Caflàrella , on trouve un beau Columbarium ^ ou tombeau de famille, formé de petites niches qui contenaient les vases cinéraires. Le Columbarium dont je parle est composé de trois chambres, et on croit qu’il a appartenu aux
ne Àppiemie,
serfs d’Auguste, mais on n’en a pas des preuves certaines .
Plus loin , où la route se débranché de nouveau , on de’couvrit dans la vigne a gauche , en 172G, une autre grande chambre sépulcrale , qui appartenait aux affranchis et aux esclaves de Livie Auguste ; elle reufermait un grand nombre d’urnes et de vases cinéraires , avec leurs inscriptions , que l’on conserve dans la galerie du musée du Capitole. Plusieurs des écrivains frivoles modernes croient que le chemin qui se débranche ici a gauche est dans la direction de l’ancienne voie Latine; il faut avertir que c’est un chemin tout a fait moderne, agrandi par Pie VI, qui va rejoindre la route d’Albano a 4 milles et demi de la porte St. Jean , et qui ne touche jamais la voie Latine qui va toujours a gauche de la voie Appienne, depuis la place de St. Cérasée, comme on a indiqué ci-dessus.
Sur la même voie , on trouve , a quelque distance, la