‹ Itinéraire de Rome et de ses environs d'après la méthode de M ..., Volume 1Chapitre 52 sur 77 · PORTE MAJEURE · texte numérisé non relu

PORTE MAJEURE

On sait que les anciens avaient la coutume de dopn^* un aspect magnifique aux aqueducs dans les endroits où ces monumeos traversaient les voies publiques. L'empereâr Claude , pour décorer son aqueduc dans cette place ou il traversait la voie Labicane fit uq monument en forme d^ arc de

Porte Majeure. i85 .

Irioinphe. Où voit sur ce monument trois randes inscriptions : dans la première on it que r empereur Tibëre Claude fils de Brusus conduisit a Rome les eaux Claudien* ne et Anio Nouvdle : que F eau Claudienne dérivait des deux sources qu'on appd« lait Cerulëenne et Curtienne , et . qu elle avait 45 milles de tour: que T Anio Nouvelle en avait 62 • La secondé inscription au milieu du monument indique que Titus fils de Vespasien restaura l'aqueduc : la troisième qui est la {dus basse dit que Vespasien fit des restaurations considérables a cet aqueduc puisque depuis neuf ans Teau avait cesse'^ à^ venir k Rome. Dans le changement qu' Honorius fit a l'enceinte de Rome en 402 ce monument fut réduit a servir de porte à la ville, et comme il offrait deux arcs il en. fit deux portes qu'on appeUa Prenestine et Labicane d'après les voies qui en sortaient. Sur la porte Labicane qui aujourd'hui est ferme'e on lit encore l'inscription d' Honorius : sur la porte Pr^nestine u n'y a pas d' inscription : elle est ouveite et a reçu le nom de porte Majeure parceque par elle on monte directement, a S te. Marie Majeure.

Le monument de l'eau Claudienne peut être regardé coirime uades plus magnifiques et des plus beaux de Rome ancienne :

il est construit de blocs énormes de travertin : et se compose de deux grands arcs entre lesquels s*en ouvrent trois plus petite or-

1 86 PorU Majeure.

■es àe ocdoimes et de petits frontons , et sornMmtib par les inscnptioos que je viens de citer : Sixte V le Derfera pour y faire passer son aqueduc de Veau Fenx •

En sortant de cette porte on voit dans les nuu*s de la ville a gauche les trois tu* yaux des eaux Julie Tepula et Marcia :

et un peu plus loin enfcmcë dans le terrein est celui deV Anio Vielle. Sur ces six aque-* ducs qui se croient ici il faut remarquer, que TÂnio nouvelle conduite par Claude était la plus âevëe des autres et valant de 43 nulles de Rome en avait 6a de cours:

que Feau Claudienne qu^on tirait des sources Cérulëenne et Curtienne k 38 milles de Rome sur la voie de Subiac en avait 4^ , que Teau Julie fut conduite par A^ppa ï année ^08 de Rome et par -son niveau était la troisième: son cours était de iS milles :

Sue Teau Tepula fut conduite en 637 de orne par Gneus Servilius Cepion et Lucins Capius Longinus, censeurs, et avait i3 milles de cours : que Teau Marcia venait de 33 mille de Rome et avait 60 milles de cours , et ét^iit considérée commje la meilleure des eaux par les anciens : elle avait été conduite

par Manius Curius Dentatus avec les dépouilles remportées sur Pyrrhus, drcon-* stance qui rend cet aqueduc plus intéressant des autres.

f^oie Lahicane. 187

Trois routes sortent de la porte Majeure , celle a droite suit la direction de Tancienne

rOlE Lj4BICj4NE .

Cette route porte ce nom parceque par elle on allait a Labicum , ville du Latium dont Tite Live et Virgile font mention , et aùî correspond au village de la Golonna aaprès Strabon et quelqu'inscription enco* re existante • En suivant ce chemin on trouve a droite aprës un mille et demi les restes de T aqueduc de Feau qu'Alexandre Sëvëre conduisit pcmr X usage dé ses ther* mes: elle corresponde Feau Félix d* aujourdMmi , quoiqu'anciennement son niveau était un peu plus bas.

Un demi mille aprës on parvient à Tor Pignattara où sur le chemin on voit les restes d'anciens bâtimens presque détruits , qui semblent annoncer Tapproche du Mausolée de Ste* Helëne dans lequel on a bâti une petite église , dédiée a St. Pierre et a St. Marcellin , qui rappelle Tancienne basiliipie que ces deux saints avaient dans ces environs. Par une petite porte on descend de cette ^lise dans les catacombes qui portent le nom de ces deux saints où on montre une petite chapelle dans laquelle leurs corps avaient été depoâés. Plusieurs inscriptions mortuaires des Equités Sin^ gulares qu'on a trouvé dans ces environs font présumer que cette cavalerie d' élite avait son cimetière prës d' ici, cora-

i88 yoie Ppénestine.

me elle avait ses casernes sur le mont Gélius*

En revenant a la porte Majeure et pre- ,nant le chemin a gauche de cette porte on i^ejoint la

FOIE PRÉNESTINE .

Cette voie qui est fippellée par Tite Live voie gabine parceque par elle on allait aussi k Gabii, avait reçu le nom de voie prénestine parceque Préneste, aujourd'hui Palestrina , était originairement la ville où elle aboutissait. Elle commençait a la porte esquiline de Servius qui existait près de Tare de Gallien. Ensuivant ce chemin on trouve vers le 111 mille de grands restes d'anciens bâtiménsy qui appartiennent a la villa des Gordiens, qui d'après les bfôtoriens andens était fort somptueuse, renfermant des portiques , des basiliques , et des theiines qui rivalisaient avec ceux de là ville même de Rome. Une partie des ruines qui reste»t^ncore sopt évidemment des réservoir d'eau. On y voit aussi les restes de deux salles, et ceux d'un temple a^sez conservé^ qu'on croit avoir été érigé a la Foi^tune. Il est rond avec un portique rectiligne au dwaùt; au diessous de la cella le souterrain du temple / est bien conservé. Dans l'intérieur de la çeU la , des traces de vieilles peintures montrent que cet édifice a été changé en église dans le moyen âge.

' Minerve Medica* 189

En rentrant dans la ville et prenant le cliemin de Ste. Marie Majeure , on troivc dans une vîgne qui esta droite T édifice qu'on appelle vulgairement le temple de

MINERFE MEDICA*

On a attribue ce reste a la basilique de Caïus iet Lucius , érigée par Auguste , et an temple d'Hercule GàUaïc^s bâti par ^rutos.

Mais ensuite, parcequ'on y trouva la fa* raeuse statue de ]yiinerve avec un serpent a ses pieds , cpi'bn admii% aujourd'hui dans le musée du Vatican , on < a cru que cVtait le temple de Minerve SÊedica , c'est4-<dire de la déesse de la santé. Cependant d'aprës des observations plus exactes et la circonstance de la découverte de plusieurs autres statues , on doit convenir que ce bâtiment , par sa forme , n a point été un temple , mais plutôt on y reconnaît une salle, appartenante à des jardins anciens d'un tems qui approche beaucoup du siècle de Dioclétien. D' ailleurs on sait que le serpent n' est pas le symbole de Minerve Medica , mais de Minerve en général , et de Minerve Polias ou gardienne des villes en particulier.

Ce bâtiment , qui est en briques , est- de figure décagone : la distance d'un angle k l'autre est de 2:2 pieds et demi, et la circonférence de :32D : on y voit dix fenêtres et neuf niches pour des statues* Outre la statue de Minerve , et les autres statues

i^ Minerva Medica

qu'on y a trouvé^ les plus remarquables sont cdUes d'Esculape , de Pomone , d'Adonis , de Vdnus, d'un Faune, d'Ha'Culc et d'Antinous, qui attestent la magnificence de cet e'difice. La construction des murs qu' ou voit annexes a Texte'rieur de cet édifice annonce qu'ils sont postérieurs au reste* Sa forme , les arbustes qui la couvrent , et les points de vue dont on jouit , rendent cette ruine très-pittoresque. Sa voûte menaçant une ruine imminente , on avait donné des ordres pour la restorer ; pendant qu* on travaillait a cette réparation d'autant plus nécessaire que difficile une partie d'elle s^ est écroulée •

Entre cet édifice et la porte Majeure sont deux exemples de Columbaria , qui étaient . des tombeaux , ainsi nommés a cause de leur ressemblance aux chambres ou l'on met des pigeons. Le premier fut construit par Lucius Arruntius, consul sous Auguste Tannée 6 de l'ère vulgaire, pour y renfermer les cendn^s de ses amanchis ; il est composé d^ deux petites chambres souterraines; dans la première lOn voit des petits frontons oui couvrent des urnes cinéraires : la voûte de l'autre est ornée de quelques peintures et d'omemens en stuc Le second tombeau n'a qu'une seule chambre sépulcrale pour l'usage de diverses familles plébéiennes. Dans la maison du vigneron on remarque un reste du château qui appartient k feau Claudienne et à VA^ nio £vova.

Trophées de Marias. igi

Au bout de la même rue , on trouve à droite, les ruines d'une ancienne fontaine communément appelléé Ifô

TROPHÉES DE MARIVS •

Quoique plusieurs ftutiquaires croient que ce monum^it ait appartenu a l'eau Marcie, son niveau d'après les o^ervatioos de Pi^ ranesi, ne peut cpaveoir qu'à l'eau Julie qui fMl conduite dans bb ville par M. Agrippa. Ce monuménl jadis d'une magnifique arohitdcture^ était destiné k distribuer l'eau Julie SEyr le mont E^piilin : il est au)oiuv d' hui ooimu sous le «can de Trophées de Marins , k cause de deux trophées de mar*bre , autrefois placés dans les niches du même monument, qui fmtent tvansportés sur les balustrades de l'escalier c du Capitole.

Quoique l'on croit communément qu'ils aient été érigés pour la double victoire que Ma-rius remporta sur les Teutons , d'après l'examteque nous avoris fait de ces trophées, et de la const^ruction de cet édifice, tm peut assurer que le monument comme les trophées conviennent a peu près k l'.c^oqué de Septime Sévère, qui comme on sait restaura les aqueducs et les autres bitimens de Rome. • . ; , , '

A gauche de celui qui regarde les restes de cette fontaine s'ouvre un eh^nm qui conduit a V

icp Église de Ste. Bibiajie»

EGLISE DE SjUNTE BIBIANE.

On croit qu'Olympine, dame romaine ^ fit bâtir cette église, en 363, dans Tendroit ^ji^lé àd VrsumPileatum, prës du palais de Licinius. Cette église fat consacrée 1>ar le pi^e St. Sim^plicius Tan 47^9 ^ ^ honnenr de Ste. Bibiane qui avait fait sa demeure dans le même palais de Licinius.

Honorius III la fit restaurer en iasi4« Ur-* Jwiin VIII, après l'avoir rétablie en lôaS , y fit faire la façade sur les des3ins du chevalier Bernin , et Toma de peintures dans rintérieur. Les trois nefs sont séparées par huit colonnes antiques, doat six sont de granit. Des dix fresques que Ton voit dans la nef du miUeu, représentant F histoire de Ste. JBibiane, celles k droite, en entrant dans relise, sont d'Augustin Giampelli; les autr^ vis-a-vis sont de Pierre de Cottone. On voit sur le maitre autel , la statue de Ste. Bibiane , qu'on regarde comme un des {dus l>eaux ouvrages du Berniné Sous le mémeautel est une superbe urneantique d'albâtre oriental, de 17 pieds de circonférence, avec une tête de Léopard dans le milieu; on y conserve les corps de Ste. Bibiane , de Ste. Demétrie et celui de Ste. J)a- {Jirose leur mère • £n rétn^radant^ on trouve k droite V

Église de St* Eusèbe, 193

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