‹ Itinéraire de Rome et de ses environs d'après la méthode de M ..., Volume 1Chapitre 62 sur 77 · QUATRIÈME JOURNÉE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME JOURNÉE

DU QUIfiINAL AU MAUSOLÉE D*AU6USTE« MONT qUiUINAL*

V><e mont fut appelle dans les temps plus anciens jigonaUs ou Jgonius du ncwn sabin y^gon colline , car il avait plusieurs hauteurs qui le rendaient plus inëgal des autres ; c' est car cette même raison qu'on 1' appella aussi CoUinus , et Collis ( la colline ) par excdlence ; soit dans les tems anciens, soit dans les tems modernes, plu<»

sieurs de ces ëminençes ont disparu . Son nom de Quirinal dériva probablement du temple de Quirinus : d' autres en dérivent IVngine du peuple de Curi , ville sabine .

Aujourd'hui on rappelle Monte Cavalh a cause des groupes d hommes domptant des chevaux qui font Tornement principal de la place . Il est étroit oblong et recourbé de manière qu'cm peut Tassimiler k un bras hu^.

main • Sa circonférence monte a 15,700 pieds romains anciens , et ^ hauteur mesurée depuis la creix du palais pontifical est de Sao pieds romains anciens sur le niveau de la mer •

Place du Quirinah :i3i

La place principale cpjH on admire sur cette colline a le nom de

PLACE DU qUIRlNAL.

Cette place qui est une des pins belles , et des plus agrëables de Rome tire son nom delà colline sur laquelle elle se trouves on lui donne aussi le nom ie Monte Ca^ 'vallo a cause des deux CToupes des hommes et des chevaux qui la décorent. Ces deux groupes représentent dedx hommes de figure colossale , qu'on regarde comme des diefs-d'œuvre de la sculpture grecque , domptant deux chevaux. On est fort incertain sur leur auteur et sur les sujets qu'ils représentent. Si Ton devait croire k Fin^ scription latine qu'on lit sur leurs piédestaux, et qui n'est pas moderne, u faudrait avouer que l'un est de Phidias et l'autre de Praxitelès. Mais quoique ces iupscriptions soient anciennes, elles ne sont pas antérieures au siècle de Constantin qui décora ses thermes de ces chef s-d' œuvre» x On voit pourtant qu'cm ne peut pas se fier entièrement k de telles inscriptions, tnî^s dans un siècle d'ignorance et au moins sept siècles après que les sculptures avaient été faites* Si l'on veut conjecturer d'après leur style , il faut les reconnaître comme ouvrages de Phidias ou de son école* On est également incertain sur le sujet qu'ils r^résentént. l'opinion la plus commune qui reconnaît dans ces colosses , Castor et Pol-

a3a Place du Quirinal.

loi 9 parait vraisemblable : ce pourtant qùT est hors de doute c^est que sont àts ouvrages d*ua grand mërite , tant par Texactitude des proportions , que par la finesse du travail •

On les trouva à leur place dans les bains de C(Histantin : Sixte V les fit transporter dans r endroit où ils se trouvent; et Pie VI les fit tourner par V arclîitectie Antinori , tels qu^on les voit, Fun à droite et Tautre a gauche, pour leur donner un plus bel effet Ce même pontife plaça au milieu d' eux r obélisque, trouve' près du mausolée d^Au-

Suste, auquel il servait dWnement : il est e granit rouge, et de 4^ pieds de haut sans le piédestal. Enfin le pontife Pie Vil a com-

Sleté r ouvrage, en y faisant transporter u Forum Romanum le grand bassin de granit oriental gris , de 70 pieds de circonférence , poiu: y former une magnifique fontaine*

Le principal édifice , qui décore cetb»

place , est le

fALAîS PONTIFICAL •

Sur le mont Quirinal, situation la plus belle de Rome, le pape Grégoire XIII , vers Tan 1574, bâtit ce magnifique palais siur les ruines des bains de Constantin, d'aprës le plan de Flamine Ponzio; il fut continué par Sixte V et Clément VIII, et achevé sur les^ dessins d' Octave Mascherino et de Dominique Fontana. Charles Ma-

Palais PontificàU a 33

deroe Fagrandit par ordre d^ Paul V": le jardin fut ajoute par Urbain VIll et Alexandre Vin. Innocent X et Clëment XII y ajoutèrent le palais de la suite sur les dessins des chevaliers fiernin et Fuga: enfin sous le pontife Pie VII il a reçu de grands «mbellissemens.

La grande cour de ce palais a 3o3 pied^ de long, stfr i65 de large: trois de ses e^ tes sont entoures d'un portique soutenu pAP 44 pilastres ; le quatrième côte , où le tond de la cour, pre'sente une façade d'ordre ïonique , et se termine par une horlofe , sous laquelle se trouve un grand taleau de la Vierge , fait en mosaïque , d'après r original de Charles Maratte*

Sous le portique, dont il est parle, est tin double escalier qui conduit k Tappartement du pape. On trouve d'abord une magnifique salle, avant la chapelle : die est extrêmement Vaste , décorée d'un pavd de divers marbres, d'un plafond enrichi de sculptures dorées sur bois, et d'une haute frise peinte par le chevalier Lanfranc et par Ciiarles Saraceni , dit le Vénitien.

On voit sur la porte de la grande chapelle , où r on entre par la même salle ,im beau bas-relief représentant Je'sus lavant les pieds a ses apôtres, ouvrage de Taddée Landini. Cette chapelle est de la même grandeur et de la même forme que la chapelle Sixtine , au Vatican.

a34 Palais Pontifical,

Soit un noble appartement dernièrement meDd)U avec beaucoup de magnificence et de goAt. Dans l'une des salles & cet appartement , qui précbde la chapelle 9 on voit ^usieurs tableaux , dont les plus remarquâmes sont, un St. Pierre et St. Paul, par fr. Barthâemi de St. Marc ; un St Jerôi*e, par FEspagnolet ; la Résurrection de J^us Christ, par Vandyck; une Vierge, par Guide ; David et Saul, par Guerchin; et la dispute de Jésus Christ , par le Caravage.

On entre par Ik dans une belle chapelle peinte k fresque par Guide, où ce cëiëbre artiste a représenté la vie de la Vierge* L'Annonciation qui est le tableau de Tau* td , est d'une beauté surprenante.

Les autres salles qui suivent sont déoo»

rées d*excellens ouvrages d'artistes modernes. On remarque principalement deux frises ornées de bas-reliefs en stuc, dont Tune représentait le triomphe de Trajan, qu'on a converti en celui de Constantin, par Finelli, et Vautre représentant le triom^e d'Alexandre, est un fort bel ouvrage du ckevaliar Thorwaldscn. Parmi les peintures, il faut remarquer le plafond peint par Palagi , et celui d'Antoine Corsi.

Le jardin de ce palais a un mille de circuit; il est décoré de statues, de fontaines et d'autres objets d'agrément; les allées en sont larges , les promenades sont couvertes de feuillages épais qui en font goûter les

Palais Pontifical à 3$

délices. Âtt ixûlieu est un gracieux coflSMum^ se, dont rtrehitecture est du cher* Fnga :

il est oruë de peintures de François Oriz- Mute, de Pompée Battoni, de Jean Paid Pannini et d^Âugustin Masucci.

• En sortant du palais pontifical, on voit sur la m^me place le

PALM s DE LA CONSULTE •

Clément XII fit élever ce grand édifice sur les dessins du chevalier Fuga, pour y .placer le tribunal de la Consulte , qui est 4uie espëce de conseil d^état. Les grands appartemens servent de logement au Secrétaire des Brefs, et k monseigneur Secrétaire de la Consulte.

A'^uche de ce palais, on trouve, au fond aune grande cour, le

PALAIS nospiGL rosi .

le cardinal Scipion Borghèse fit construire ce palais d'aprës le plan de Flamine Ponzio , sur les ruines des thermes de Constantin , qui occupaient non seulement l'espace où est aujourd'hui ce palais , mais encore la place. Ce ]palàis appartint ensui* te au cardinal Bentivoglio et a la ^maison Mazzarini qui l'augmenta sous la direction de Charles Maderne; il passa enfin dans la famille Rospigliosi.

En aitrant dans le pavillon du jardin , qui appartient , ainsi que le premier éUge du palais, au prince Pallavicmi, on remar-

2Xl PahUs Ihsp%liosi.

que , sur la voûte tlu salon , la fameuse Aurore de Guide Retii : c'est une gratute fres<{ue^ où Ton voit ApoUoa, sous les formes du sdeU y asiis «ur ^u char, traîné par quatre chevaux de fr<Hit, et environne de sept nymphes qui , malgré leur petit nombre , sifnifient les heures. Apollon est précède ^ar hosphore tenant un flambeaii a la mam^ et par T Aurore qui répand des fleurs. Tout le monde regarde cet ouvrage comme une des plus excdlentes peintures qui exigent»

Outre la perfection du dessin et du coloris^ elle réunit encore une belle et noble ccmi- Dosition, et sur tout, des physionomies dt ngures qui étonnent. La frise qui est autour de ce salon, a été peinte par Antoine Tem^

S esta, qui y a représenté des cavalcades, ont Tune est le triomphe de TAniour, et l'autre une pompe triomphale de la Vertu :

on y voit aussi des paysages de Paul Bril , une statue antique de Diane, et un cheval dé bronze.

Dans l'une des deux chambres contîgùes, on trouve un superbe buste antique de Scipion r Africain, et deux grands tableàUx, dont l'un, qui est du Dominiquin, représente Adam et Eve dans le Paradis teprcstre : et l'autre Samson , qui fait écrouler Iç temple, peinture de Louis Carache. Dans l'autre chambre sont quals-e bustes antiques et plusieurs tableaux , dont les plus distingués sont le triomphe de David , qui est aussi du Dominiquin , et les apôtres de Rû* ben$.

Palais RospigliosL 287

L'appartement du second étage appartient au princpRospigliosi, de même que celui du rez de chaussée: il est composé de plusieurs . chambres qni renferment aussi 4inc riche collection de tableaux, dont les plus remai*quables de la première chambre sont, quatre paysages de François Orizzonte, quatre batailles de Mr. Léandre, p^c :

quatre tableaux de Mr. Manglar : et un ta-* bleau de FAlbano, représentant Digne et Endymion, et une chute d'eau dé Glaudo de Lorraine.

Dans la seconde chambre sont quatre ma* rines et quatre vues de Mr. Manglard; deux paysages d'Orizzonte, et un petit tableati de Claude de Lorraine, repr&entant la fuite ^n Egypte.

La troisième chambre contient , entre autres tableaux , un paysage de Paul Bril :

une Vierge de TAlbano : un Ecce Homo de Mr. Valentin : un superbe tableau de Gérard délie Notti : deux tableaux du Poussin, l'un freprésentaut la Vierge avec r enfant Jésus , et l'autre les saisons , ou plutôt le cours de la vie humaine : une Vierge avec Tenfant Jésus, de Raphaël : une Fruitiëre , par Guerchin : et un paysage , par Claude de Lorraine.

On remarque dans la quatrième chambre une Magdclame , par Michel-Ange de Ca- .ravage: le portrait de Luther, par Rubens:

.celui de Calvin, par Titien: un St. Jérôme, par Guerchin: un autre St. Jérôme,

2 38 -Pala is HospiglioU^

par rEs|Mi^olet:une Circoncision, parRu« bens : Cnnst devant Pilate , par le Calabrëse: Joconde dans les bains, par Léonard de Vinci : deux portraits , par le Titien :

St* Jean evang^iste , par Léonard de Vinci : un Christ mort, par Rubens : la forge de Vulcain , par Bassan : un ange , par Guide : une crécne , par Pierre Perugino : Loth arec ses filles, par Ânnibal Caracne : SU Jeam dansjle désert, par le Parmi^aniiio : les deux amis fidèles , par Guerdun«

L'appartement du' rez-de-chaussée ren** ferme , dans la pr emiëre chambre , une gr jqide coupe de vert antique tr^«rare, un ean«* délabre, plusieurs statues, des bustes antiques, et dix4iuit fresques, tirées des thermes de Constantin* Les autres chambres sont ornées de taMeaux , parmi lesquels on voit les ébauches des quatre angles de la coupole de Su André de la Valle , du Dominiquin. Des chambres suivantes, Tune fut peinte par les frères Brilli , et les autres par Jean de St. Jean. Presque vis-a-vis de ce palais, est V

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