PORTE DU PEUPLE
Lorsqu^ Honorius en 4oa refit les^ niui*s de Rome , on ouvrit de ce oôtë-ci une porte que r on appella FUminienne, parce qa^ elle était sur la voie de ce nom ; mais comme cette porte se trouvait alors plus vers la colline , en une situation peu commo^ de , on bâtit entre le YI et VIII $iècles la porte actuelle ^ que V on nomma Porte du Peuple^ des la fin du XIY siècle et lé ccna*mencement du XV , k cause dd voisinage de Teglise de Ste. Marie du Peuple. Pio IV la fit rebâtir par Vignidie en t56t, sut les dessins de Michel- Ange Bonarroti • 11 décora la partie extérieure de quàfare colonnes d* ordre dorique , àevoi en brèdie et deux en granit . Les statues de St. Pierre et St. Paul , qui sont dans Y entrecolonnement , furent laites par Mocbi • Alexandre Vil fit orner la façade întdriem*e , d'âfrès les dessins du Bernin: ce. dernier emellissemcnt eut lieu a F occasion de V arrivée a Rome de Christine reine de Suëdé .
Par cette porte oh entre dans la
PZyiCE DU PEUPLE*
Cette grande place paraît': annoncer aux^ perscumes qui y entrent pour la preaiiëfe" tpis qu^ils, vont entrer dana la capitale de la religion et des BoUts , et Tancienne métropole du monde. Deux immeaises hémicycles ornes de fontaines et de statues, bornes par quatre
Place du Peuple.
kâtiineQS4imforines et doux ^lis» magnifiques cernent èette place , au centre cle lamelle s élève tm grand obélisque égyptien, t architecture neuvellev de cette place est du ckev. Valadier . L' h«tiicyde à gauche est couronné par le jardin public du mont Pincius lia statue odosâale de Rome aitîc r Ànio et le Tibre <pi'on y voit est ouvrage de Cecearini de même que X autre vi$j-a^vis:représentaht» Neptune entre des Tritons : celles du Psihtems et de TE té yi' on a placé aux daix extreçiitës de ce <femicercle ont été ifaites pair Gnaccarini , ^Laboureur: celles de 1' Automne et de i Hiver qui sont vis*a**vis ont été sculjptfes W Stocclii et Baïai . Des quatre grands l^itimeos uniformes celui a gaucl^ sert de ^^ftttyent aux Augufetins de la congri^ation de>£oàibardie : celui à droite cn&tare la doua-* l^/éontierit la salie d* exposition des ci)jeis des beaux arts, et la grande caserne , ^/Carabiniers xm gendarmôs pouUficaux :
<t<^èi^ odUé-ci bu a construit la grande bttchcrie de R©mé d'après lesdessiâs de l'ingénieur Marlinetti. Lfes deux autres l^timens^ uniformes appartiennent a des partiènïtein ^ et dans celui k gaudie on a ctrffli un grand aid>ei*ge qu'on appelle des - H^s Britanniques V £olre les deux églises tt ardntecture presqU' unifimne qui se pré- . ^tent de front s'puvréni trois grandes riies ^ ^%nées ^ bordées de beaux édifices ^ sur ^t celle du milieti qui a un mille de lon-
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Place, du Peuple.
^tteur et qu* oa appdle le Cours.. L' d[>e* lisque s^éiève sur un piédestal porte par uu> SDUDftssement orne de plusieurs gradins et de quatre lions aUX' angles copies des an^ciens lions ^yptîens qui sont au bas du- Capitole et qui versent V eau de la* bouche dans autant de petits bassins • L^ obélisque même est couvert d* hiéroglyuliés et a 74 pieds de hauteur sans compter le piéilestal: il fut érigé originairemoit parie roi Ramessbs a Héliopdis, ville de la ba»se Eeyptè , pour servir de décoration au ' temple du sdeil , auquel il était dédié. Le nom de ce roi qui esCrépété plusieurs fois dans les légendes sacrées , démontre Texa-' ctitude d'Ammienllfarcdlin, qui nous a conservé une partie de la traduction des inr^ scripticms , faite pa^ Hermapion. Pline jnor* méprise appèUe de roi Semnesertès • Apies * la bataille di'Actium , et la con^éte de VÏmgypte , Auguste le transporta a Rome , le paça dans le Circàs mammus^ étrenou-^^ vella la dédicace au soleil qu^ on lit sur V' ancien piédestal dans le côté qui regar^ de la porte du Peuple. Sixte V en 1587 le tira des décoitibres du cirque , cassé en trois Uocss et le fit ériger en cette fdaoerv sous là direction de DomiiuqueFonta^.
.Gommé a Rome existent plœieurs dé ces monumens , il est bon de rappdUer que les> d^élisques ont été érigés par les rois d^E**" gypte , avant la conquête de ce pays]^ les Perses, faite par Cambyse: que Icùrexei»*
Place du Peuple.
{de a ëtësam par les Ptolomées, et par es Romains, de mamëre quecesmonumens peuvent être attribua k ces trois diffe-rentes époques • Quant k ceux qui restent a Rome , robéliscnie de la place du Peuple , celui de la place du luonte-^Citorio^ ot celui du Lat^ran , sont concordement attribues a la premiëre époque , ou k celle des Pharaons • On les reconnaît aisément au dessin , au sujet des inscriptions r et aux noms qu' on y lit, qui d^ après les dernières découvertes faites par Young et Cbampollion le jeune , ne sont plus un énigme*
A' gauche de la porte de la ville est V
ÉGZISE DE S^ITfTE MARIE DU PEUPLE •
D* après la tradition généralement re-* çue , le pape Pascal II fonda cette église , ver«s r année 1099, pour délivrer le peu-
Ele à^ fantômes nocturnes-, qu' 00 attriuait au corps de Néron; car , a après Sy€« lone , cet empereur avait été entarré sur le mont des Jardins ( collis hûrtorum) aujourd^ hui- appelle Pincius , dans le ton-? beau de sa famille « On croit qu* elle Ait rebâtie par le peuple roraajn en i^aj , et c^est k cette circonstance qu^on attribue le surnom de la Vierge qu'on y vàière. Ce qui est hors de doute -, c' est que le pape Sixte IV la fit reconstruite par BaccioJpin* .telli , architecte qui travailla beaucoup à
8 Église de Ste. Marie du Peuple.
Rome pendant son pontificat • L' exemple de Sixt^ IV fut suivi par ses neveux , pa,r Augustin Ghigi , et par d' autres particuliers , qui rivalisèrent a décorer Teglise de monumens et de chapelles , cpjLi.la rendent une des plus intéressantes de Ro^.
me , principalement pour les sculptures»
du XV et XVI siècles. L'intérieur derëgli- $e est divisé en trois nefs.: dans la première diapèlle a droite en entrant , les peintures sont de Pinturicchio : cette chapelle a été dédiée a la Vierge et a Su Jérôme par le cardinal Dorninique de la Rovere . Suit la chapelle Cibo dont le plan est celui d* une croix grecque avec un vestibule au devant , qui en fait une croix latine : seize colonnes d' ordre corinthien forment sa décoration principale; dans lereste elle est orn^ de vert et noir antique , de marbré vidiet^i^d' albâtre , etc.
ce cpii la rend une des diapelles plus ricli^ de Rome •Elle fui mise dans Y état actuel par le cardinal Aldèran.Gibo qui Qieurut en 1700 , et dont on voit le toml^em a gwche en entrant dans' cette chapelle : Gh'ailes Fontana en fut Y arcliitecte. iMk y entrant , le taUeau k gauche repré- 9W^nt te martyre de St. Laurent, est ouiitage de Jean Marie Morandi : celui a droite i^i^ésentânt le martyre de Ste. Catiiérîne , >e3t de Mr.. Daniel • Sur Y autel Charles Maratta peignit a Y huile » Sur le li^ur ,1a Conception de la Vierge, au des-,
Église de Ste.Marie dû Peuple. 9
sous de laquelle sont St. Jean ,St. Augostin, St. Grégoire , et St. Âmbroise • La coupole est d' une belle forme , et a été pânte par Louis Garzi • La trmsibme ehapelle dédiée a la Vierge et à d' autres saihtsi, à^i^ée par Sîvte lY , a éte*^ pkinte par Pîntonccluo :
la balustrade est fort ayante ♦ Sur Tautel dé la quatrième diapelle on a repré* sente en bas-rélief Ste» : Gatbériite . entre Stw Antoine de Paéouè t «t St. Vincent, martyr, qui porté un vaisseau dans sa main, ouvrage du siècle XV*
L'^ancienne image' de la Vi^ge sur le maître autel ^ è^l une de celles , que V on.
dit peintes par St« Luc Les peintures de le voûte du chœur sont de Pînturicchio , et les deux befiux tombeaux ornés de sta* tiws sont d' André Contucci, dit le Sansovino : on peitt les regarder comme las meil<« leurs exemples de» bmemeus sculptés , de^is la renaissance des arts^ cpa* on voit a Rome • Dans la cfaapeUequi est & droite* du maître autel , il y a un beau tableau d* Annibal Caradie , représentant 1' As-, somption # Le crucifiement de St. Pierre, cfc-la conversion^ de St. Paul , peintures, latérales , sont de Michel-Ange de Caravage ; celles de la voàte sont d* Innocenl Tacconi et de Jean Baptiste de Novara ^ d' après les dessins d^ Annibal Carachè %
L avant dernière chapelle ^ dédiée 2^ Notre Dame dé Lorète, et appartenant aux Ghigi ^ a été construite ot décote^
1 o Église de SteMariedu Pelsple.
d' après les dessins de Rapbaël , qui fit aussi les cartons dès mosaï<|ues de la cou«-
Elle , des peintures de la frise , et du ta^ eau de r autel , lequel représente la Nativité de la Vierge; ce dernier fut commencé par Sébastien del Piombo , et fini par François SaWiaû : le David et Aaron dans les deux lunettes placées sur les tom^ beaux , forent peints par le chevalier Vanjii : les ronds ont été commença par Raphaël 9 continués par Sébastien delPiom-* oo , et achevés par Sâlviati • Toutes ces peintures en général ont beaucoup souffert de rhumidité • Il y a dans cette ciia-^ pelle quatre statues , dont deux , réprésentant Daniel dans la fosse aux lions , et Habacuc avec V ange qui le prend par les cheveux , sont du chevalier Bérnm ; les deux autres qui représentent les prophè^ tes Elie et Jonas assis sur la baleine, sont de Lorenzetto , ouvrages trës^timés ysur^ tout le Jônas , qui a été fait , non seule^ ment sur le modèle de Raphaël , mais ^issi sous sa direction « Prcs de cette cha-^ pelle est le tombeau de la princesse Odescalçhi Chigi , fait sur les dessins de Paul Posi ; il serait ^ désirer que le goût égalât la magnificence de ce monument «
Trois grandes rues commencent , comme je V fti dit, À la place du Peuple; ceU le a droite ^ s appelle de Ripette , et va, le long du Tibre , jusqu* a un port de ce pom , çt de là parvient à la place xle
Rue ^ Cours. 1 1
St« Louis des Français ; V autre a gauche, se nomme du Babouin , elle passe par la place d^ Espagne^ et conduit vers le mont Quirinal : la troisième, qui est entr« Us deui rues précédentes est la
BITE bV COURS*
Cette rue tire son nom des courses des chevaux qui s* y faisaient des le rëjgne dt, Paul II : elle est la^ plus belle et b plus, fréquentée de Rome, et va directement jusqu' au pied du Ca]^itole s so^ entrée ^t décorée par deux ^lises d^une architecture presqu' luiiforme , et d' une perspective régulière pour ceux qui entrent par la porte du Peuple : cdle a gauche s^apj^Ue V
ÉGLISE DE SAINTE MARtE DE MONTS SANTO#
Cette église-, ainsi oue Tautre, futcommracée vers Tannée 1063 par ordre d'Alexandre VU d'aj^ès les dessins du Raïnaldi; elle fut achevée par le cardinal (jastaldi , qui se servit du BerAin et do Clurles Fou-»
tana pour exécuter le dessin du Raïnaldi • £lle vient d'être restaurée tout récemment*
Oa remarquait dans .la:pr€9nière chapelle a droite , en entrant , quatic tableaux, de Salvator Rosa , deux grands et deux petits ; les deux grands représentaient Jésus Christ souffrant , et le prophète Hsducuc tiré du lac des lions :. ces quatre tableaux avaient été donnés par Chams De Ro$4 pr^ypriétai*
1 2 Égl.de Ste.Muie Monte Santa.
re dé ta chaj^Ue : ils ont ëtë enWës danis les dcaniers tems , et oD.les a Remplacé par des peintures modernes fort médiocres • Les stucs sont de Fi'ançois Papaleo sicilien. Dans la ^oisiëme chapelle est une Sainte Famille de Nicolas Berettoni , le meilleur élhrt de Maratta : les stucs sont de Paul Maldini. Aux deux c6tës du maître autel on voit les bustes d'Alexandre VII, Clément IX, Clément X , et Innocent XI , que le cardia jnal Gastald^ fit placer par reconnaissance des bienfaits qu'il avait reçu d' eux: ils ont été fkits par Lucenti , qui fit aussi les gé» nies qui soutiennent les armes du cardinal.
Dans la troisi^e chapelle a gauche est un tableau de Charles Maratta , qui représente St. François et Y apàtre Su Jacques devant la Vierge : les taî)leaux latéraux furent peints par Garzi, et par Mr. Daniel. La chapelle suivante est ornée de peintures ré^ latives a Thistoire de Ste. Marie Magdelai-* ne de Pazzi , faites par Louis Gémignani :
les stucs ont été moulés par Carcani. Dans la sacristie le tableau deTaiSttel est de Blai^ se Puecîni ; les fresques sont du Bàciccio ,
}ui y a représenté la Vierge avec V enfant ésus debout* De T autre côté, du Cours estr .
ÉGZISB DE SMlfTE MjtB^IE DES U/RjitClf:^.^
Cette église ainsi qu' on a* déjà remar-* ^éitété Jàite d'après les dessins diiRaï«
Église deSte. M. des Miracles. i5
nal'di par Gliarles Fontana qui changea la cupole et le maître autel avec les tomoeaux qui sont aux deux côtés de celui-ci • Le tableau de St. Antoine a droite en entrant est du Guarscard • Les quatre anges qui soutiennent r image de la Vierge dans le maître autel , ont été faits par Ra^gi • On voit' aux deux côtés les ton^aux du card. Ga^ staldi , et du marquis Benoit Gastaldi , son frère : le buste en bronzé dé celui**cia été fait par Lucenti ; les deux Vertus , TEspcrance , et la Prudence et les deux génies qui soutiennent V arme sont en marbre et ont été sculptés par Raggi* Le buste en bronze du cardinal , les statues de la Foi et de la Charité et les Génies qui décorent son tombeau , sont ouvrage de Lucenti •
En sortant de cette égËse et preiiant la rue du Cours , on trouve un peu après , a droite, le palais Capranica autrefois Randamm qui renfermait une belle collécticm de monomens anciens , dont quelques uns exi- . stait encore dans la cour et sur Tescalier • Ensiiile on voit a gauche V
ÉGLISE DZ JÈSVS ZT MARIE.
Elle a été bâtie sur les dessins de Char** les Milanais , et achevée par Raïualdi , qui fit la façade et décora \ intérieur de beaux marbres , et de stucs dorés qui la rendient une des églises les plus magnifiques de Rome • Elle renferme plusieurs tonâ)eaux de la famille Bolognetti qui ^dépensé des som«
1 4 i^^« ^ Jésus H Marie.
mes assez fortes pour la décorer tdlequ^on la voit. Daiis la première chapelle a droite en entrant , est un beau clair<K>bscur , qui repr âente la Samaritaine • Le tableau du maître autel , et les peintures de la Toàte de Téglise sont de Hyacinthe Brandi. Le ta«bleau que Ton voit sur Tautel de U sacristie^ et les trois fresques de la Yoùte wal du Lanfranc • Presque vis-a-vîs on voit T
ÉQUSE DE SAINT JjiCQV;£S pegl' INCURABILI •
Cette église a été fondée vers Yaà iSoo ar le cardinal Pierre Colonna , et alors eut e surnom d^ m \/iugusta k cause du voisinnage du mausolée d^Augnoste. En 1 600 le car« dinal Antoine Marie Salviati la rebâtit sur les dessins de François de Volterre : cet architecte étant mort , Charles Mademe fut chargé de Tachever • Dans cette réédifica* lion on lui donna le surnom qtf elle pmrtç ^ a cause de Thôpital qui y est annexé , dans lequel on soigne les pauvres des deux sègtes qui ont des paies et d' autres maladies in* curables. Dans la seconde chapelle à droite , est un beau bas-rélief de le Gros : |I représente St. François de Paule qui de^ mande k la Yiei^ge laguérison de plusieurs malades ^ ce bas-relief a beaucoup de mé« rite du côté de l' exécution ; mais il y a aussi trop de confusion dans la composition ; c' est cependant un des meilleurs h(i8«
JÊgUse de St. Jacques*. i5
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reliefs inedetnes : les deux taUeaux k côté sont relatifs a quelques éve'nemens de la vif de St*:Ffaiiçois«
En allant dans la rue , qui est k côte de relise de St. Jacques deis Incurables , on trouve râtelier de feu le marquis Canova, dent le nom justement illustre passera a la posteritë , comme ceux de Pmdias et de Fraxitèlès ; tous les ëtnûagers et les amateurs des beaux arts ne peuvent se dispenser de visiter cet endroit ^ qui renferme tant de cHefs-d-œuvre , et où a travaille' pendant si longrtems Y artiste immortel qui a rdeve' la «culptuife de Tétat déplorable , où Pavaient jetée le caprice et le mauvais goût de Téccde du Bernin •
En retournant a la rue du Gouw , on trouve , a droite V