BASILIQUE DE STE. MARIE MAJEURE
Cette église est placée sur le sommet du mont Esquilin, qu'on appelait CispiuSy près du temple de Junon Lucine. Son origine remonte à Tan 35z, sous le pontificat de st. Libère. Elle fut construite après une vision que lui et Jean le Patricien eurent dans la même nuit, et qui fut confirmée le lendemain par une chute miraculeuse de neige, le 5 août, prodige qui donna motif à la fête que l'église célèbre ce même jour. La neige couvrit précisément l'espace que devait occuper l'église; c'est pourquoi elle prit le titre de ste. Marie ad Nives^ et de Basilique Libe^ riennej mais aujourd'hui on l'appelle basilique de ste.Marie Majeure, comme étant la principale des églises de Rome^ dédiées à la Vierge. C'est une des sept basiliques de Rome et l'une des quatre qui ont la porte samte.
En 432,1e pape st. Sixte III agrandit cette église^ et lui donna la forme qu'elle a aujourd'hui; Grégoire XI fit bâtir le clocher, qui est le plus élevé de la ville^ et Paul V fit construire les deux bâtimens latéraux pour l'usage du chapitre. Plusieurs autres papes ont restauré et enrichi cette basilique; mais surtout Benoit XIV, qui la revêtit de marbres, et de stucs derés et en fit reconstruire la façade sur les dessins de Ferdinand Fuga.
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La façade est décorée de deux rangs de colonnes,run ionique, l'autre corinthien,de diverses statues en travertin, ,et d'un double portique. Dans le portique supérieur le balcon du milieu sert pour les bénédictions papales: dans Tinlérieur on conserve la mosaïque qui décorait la façade ancienne, ouvrage de Philippe Rossuli, élève de Frère Jacques de Turrita: cette mosaïque représente des faits relatifs à la fondation de l'ancienne basilique, le Sauveur, quelques apôtres,et les symboles des évangélistes. Le portique inférieur est décoré de huit colonnes de granit et de plusieurs pilastres de marbre blanc. La statue de bronze représentant Phi> lippe IV roi d'Espagne, bienfaiteur de cette basili-^ que, est Touvrage du chev. Lucenti; les quatre bas-reliefs sont sculptés par Ludovisi ^ Bracci , Maini , et Livoni. Trois portes seulement donnent entrée à la basilique; la porte murée ne s'ouvre
3ue Tannée du jubilé, la cinquième est de simple ééoration.
L'intérieur de cette basilique, majestueux et élégant, est composé de trois nefs, divisées par trentesix superbes colonnes ioniques de marbre blanc; oa les croit tirées du temple de Junon Lucine; il y en a encore quatre de granit qui soutiennent les deux grands arcs latéraux de la grande nef. En entrant on voit deux tombeaux: celui de droite est de Clément IX , Clément X le lui fit ériger sur les dessins de Raïnaldi; la statue du pape est de Guidi; Fancelli sculpta la statue qui représente la Foi, et Hercule Ferrata celle qui représente la Charité. En face de ce tombeau est celui de Nicolas IV, érigé par le cardinal Peretti, qui fut ensuite pape, sous le nom de Sixte V: le dessin est de Dominique Fontana^les statues sont l'ouvrage de Léonard de Sarzane.
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Le grand^aulel de la basilique est isolé] il est formé par une grande urne de porphyre, couverte d'une table de marbre , soutenue , aux quatre angles, par autant de petits anges de bronze doré. Cet autel est décoré d'un magnifique et riche baldaquin, que Benoit XIV fit exécuter sur les dessins de Fuga} il est soutenu par quatre colonnes de porphyre, d'ordre corinthien , entourées de palmes en bronze doré; les bases et les chapiteaux sont du même métal: au dessus, dans les angles, on voit quatre anges de marbre, sculptés par Pierre Bracci. Ehins la petite chapelle au dessous de cet autel il y a plusieurs sculptures des X1V« et XV* siècles , parmi lesquelles une ste. Vierge en bas-relief, par Mino de Fiesole. Le tableau au fond de la tribune , représentant la crèche, est de François Mancini. Les mosaïques dans la partie supérieure de cette tribune sont de F. Jacques de Turrita , et celles qui sont entre les fenêtres appartiennent à Gaddo Gaddi, le tout fut exécuté par ordre de Nicolas IV; mais le cardinal Jacques Golonna contribua aux frais. Dans cette tribune sont placés quatre beaux bas-reliefs de Tancien maltre-aùtel.
Les «fiosaïques de la grande arcade, de même que celles de la nef du milieu, représentant divers traits de l'ancien et du nouveau testament, ont été faites par ordre de Sixte 111 en 434. Le cardinal Pinelli fit laire les fresques au dessus des mosaïques par Ferrau , Croce , Salimbeni , Ricci , etc. Galixte III en commença le beau plafond, qui fut ensuite achevé par Alexandre VI, son neveu, et il fut doré avec le premier or venu d'Amérique, et offert en honneur de la ste. Vierge par le roi catholique Ferdinand et sa femme Isabelle: plus tard il fut doré de nouveau.
En face de la grande arcade à droite est la majestueuse chapelle du st. Sacrement édifiée par Sixte V, sur les dessins de Dominique Fontana, qui la for-
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ma à croix grecque et avec une grandiose coupole; il la décora de pilastres corinthiens, de beaux marbres et de peintures. A droite on observe le magnifiaue monument érigé à la mémoire du grand pontife Sixte V, avec architecture du même Fontana, enrichi de quatre superbes colonnes de vert antique. La statue du pontife, en prière, fut sculptée par Valsoido , auteur également des deux bas-reliefs latéraux allusifs à la Charité et à la Justice de ce pape magnanime ; les trois bas-reliefs en haut furent exécutés par Nicolas et Egide, flamands. Des deux statues placées dans les niches latérales Tune est st. François, par Flaminio Yacca; l'autre, st. Antoine , par Pierre-Paul Olivieri. Vis-à-vis de ce tombeau, sur le même dessin ef avec la même magnificence , se trouve celui de st. Pie Y , dont le corps se conserve dans la belle urne de vert antique, ornée de bronzes dorés , qui s'ouvre par-devant. La statue de ce saint pontife est de Léonard de Sarzane, les bas-reliefs du dessous sont de Gordieri, le couronnement est de Silla, milanais, et les deux autres sont du susdit Egyde, flamand. Les statues dans les niches' aux côtés représentent st. Pierre martyr, sculpture de Yalsoldo, et st. Dominique ouvrage de Jean-Baptiste de la Porta. Sous V arc en face de l'entrée, est la place pour le trône pontifical; les statues de st. Pierre et de st. Paul furent sculptées par Sarzana. Les fresques qui ornent cette chapelle sont de Jean-Baptiste Pozzo, d'Herculin de Bologne, d' Henri Flamand, d'André d'Ancône, de Paris Nogari et de César Nebbia.
Au milieu de la chapelle est l'autel du st. Sacrement, surmonté d'un tabernacle magnifique soutenu par quatre anges en bronze , modelés par Riccio. Au dessous de cet autel il y en a un autre dédié à la Nativité du Rédempteur, sculptée en marbre par Cecchino de Pietrasanta.
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A l'enlrée de cette chapelle, à gauche en sortant, il y a une petite chapelle dédiée à ste. Lucie; le tableau de 1 autel est de Pasinati; les autres peintu* res sont de Pozzi et de Nogari. Sur l'autel de la petite chapelle, en face de celle-ci, on voit un st. Jérôme, que Ton croit peint par l'Espagnolet; les peintures latérales sont d'André d'Ancône.
En sortant on trouve à droite, au fond de la petite nef, un ancien tombeau italo-gothique du cardinal Gonsalve Bodriguez , mort en 1299. La mosaïque représente la ste. Vierge, st. Mathias et st. Jérôme, et le portrait du cardinal qui prie. Jean Cosimato^ romain, exécuta seul cet ouvrage.
Dans l'autre nef latérale, en face de la chapelle du st. Sacrement, est la magniGqae et surprenante chapelle Borghèse dédiée à la ste. Vierge: elle fut éri-
f[ée en 1611 par ordre du pape Paul V de la même amille, sur les dessins de Flaminio Ponzio, et elle a la forme d' une croix grecque avec sa coupole. Cette chapelle, revêtue entièrement de marges choisis, est décerée de beaux pilastres corinthiens et de superbes peintures. Dans les arcades latérales on admire deux majestueux tombeaux, enrichis de statues et de bas-reliefs, et ornés V un et l'autre de quatre belles colonnes de vert antique: celui de droite fut érigé à Clément VIII Aldobrandini; la statue du pontife fut sculptée par Silla, milanais; le bas-relief à droite est de Buonvicini , et celui à gauche de Camille Busconi. Des trois ba9reliefs dans le haut, celui du milieu fut exécuté par Pierre Bernin, auquel appartiennent aussi les statues qui servent de statues fronton; celui à droite, par Hippoly te Buzi, et l'autre, par Antoine Valsoldo. Les peintures qui embellissent cette grande arcade, et celle qui est en face, sont des ouvrages fort-estimes, de Guido Béni. Les statues représentant st. Bernard et Aaron, placées dans les niches latérales,
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sont de Cordieri. Le toiùbeau à gauche est de Paul V, dont la statue est sculptée par Silla, milanais; le bas-relief à droite est d'Etienne Maderno, celui de gauche de Buonvicini; des trois bas- reliefs en haut , Hippoly te Buzi fit celui du milieu, Yalsoldo celui de droite , l'autre est V ouvrage de François Stati; les statues fronton, sont de Pompée Ferrucci et de Buzi; les deux statues de st. Athanase et de David, que Ton voit dans les niches aux côtés, appartiennent à Cordieri.
Le magnifique autel de la ste. Vierge , bâti sur les dessins de Baïnaldi , est décoré de quatre colonnes revêtues de jaspe oriental, cannelées avec des listeaux en bronze doré: elles ont leurs bases et leurs chapiteaux du môme métal, et posent sur un socle revêtu d'agathe. Ces colonnes soutiennent un fronton également de métal doré, avec la frise d'agathe, sur lequel sont placés cinq anges du même métal: au milieu de ce fronton est un bas-relief, aussi en métal doré, représentant le pape st. Libère qui trace sur la neige le plan de la basilique. Au milieu d'un fond de lapis est placée une ancienne image de la ste. Vierge, que Ton dit peinte par st. Luc: elle est entourée de pierres précieuses et soutenue par cinq anges de bronze doré. Les statues dans les niches représentent st. Jean l'Evangéliste, sculpté par Mariani, et st. Joseph , par Buonvicini. Toutes les fresques de cette arcade, et celles des pendentif» de la coupole sont du chev. d*Arpin: la coupole fut peinte parCivoli, florentin, et les peintures qui ornent Tarcade de Tentrée appartiennent au chev. Bâglioni. La petite chapelle dédiée à st. Gharles,qui se trouve à gauche avant de sortir, fut peinte par Groce, et T autre en face, dédiée à ste. Françoise, romaine, par le susdit Bâglioni.
En sortant on trouve de suite à droite la chapelle Sforza, édifiée d'après l'architecture de Michel-
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Ange, laquelle sert de chœur aux chanoines. Le tableau de l'Assomption et les deux portraits sur les tombeaux, sont l'ouvrage de Sermoneta; les autres peintures sont de Nebbia. La dernière chapelle, jadis des Cesi, aujourd'hui de la famille Massimi, ducs de Rignano, fut érigée sur les dessins de Martin Lunghi. Le martyre de ste. Catherine, représenté dans le tableau de Tautel, est un bel ouvrage du Sermoneta, et les saints Pierre et Paul, dans les côtés, furent peints par Novara. Les* tombeaux des cardinaux Paul et Frédéric Cesi furent exécutés sur les dessins de Guillaume Délia Porta , qui fit aussi les modèles des statues en bronze. Après cette chapelle on voit quelques tombeaux, parmi lesquels on doit remarquer celui qui est en haut au fond de la nef, qui fut érigé aux frères de Levis; c'est une précieuse production du XV® siècle: au dessous on observe la mémoire sépulcrale de monseign. Sergardi, homme de lettres célèbre, surnommé le Set- • tano. A l'extrémité opposée de cette nef, on trouve l'inscription sépulcrale composée à la mémoire de Platina, le biographe des papes.
Dans l'autre nef latérale est la porte de la sacristie , par laquelle on entre également au baptistère. Léon XII ht faire les fonts-baptismaux sur les dessins de Yaladicr, en se servant d'un beau bassin de porphyre qui était dans le musée du Vatican; la petite statue de st. Jean-Baptiste et les deux an-
Î;es en bronze doré, ainsi que les autres ornemens, urent exécutés parle Spagna. Le baptistère est séparé du vestibule par deux belles colonnes de granit oriental , et les peintures des deux voûtes sont du Passignani. L'Assomption de la sainte Vierge, représentée dans le grand bas-relief de l'autel, est l'ouvrage du Bernin, qui sculpta aussi en marbres de diverses couleurs le buste d'Antoine Nigrita, ambassadeur du roi de Congo près du st. Siège; il
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est placé en haut, à gauche du vestibule. En retournant dans la nef, on trouve adroite la chapelle du Crucifix, qui mérite d'être remarquée pour les dix colonnes et pilastres de porphyre.
En sortant de cette église par la porte à côté de la tribune, on voit l'autre façade laite par ordre de Clément IX' et de Clément X,sur les dessins de Baïnaldi. La grande place est décorée d'un obélisque égyptien, que l'on croit transporté à Rome par
I empereur Claude avec l'obélisque de Monte Cavallo;i\s décoraient l'entrée du mausolée d'Auguste.
II a été retrouvé cassé en plusieurs parties; il est de granit rouge, sans hiéroglyphes, et a 43 pieds de hauteur, avec le piédestal 63. Sixte V le fit ériger et en confia l'exécution au chcv. Fontana.
En prenant le chemin qui mène à la place principale de la basilique , on se trouve devant la rue de ste. Prassedej à la fin de cette rue, en tournant à droite, on trouve tout de suite l'entrée de V