‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 120 sur 337 · THERMES DE TITUS · texte numérisé non relu

THERMES DE TITUS

Originairement les thermes ne furent établis à Rome que pour se baigner , pour cela on les ap-

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pela du nom grec latinisé Thermae^ (chaudes). Bientôt dans ces édifices le luxe édifia des places pour les exercices du corps et pour les amusemens de l'esprit, et ils devinrent de vastes bàtimens environnés de portiques et de jardins. On y voit des bibliothèques 9 des exadrae ou hémicicles , dans lesquels les philosophes discutaient , les orateurs déclamaient , et les poètes lisaient leurs vers ; des galeries de statues et de tableaux, etc.; des jarr dins pour les promenades et pour les jeux athlétiques, que Ton voyait d'une espèce de théâtre. Agrippa fut le premier qui construisit cette espèce ue bâtiment pour le public. Son exemple fut suivi par Néron, et enfin Titus en très-peu de temps bâtit ces thermes. L'endroit qu'il choisit était très-commode par sa situation centrale, tandis que ceux d'Agrippa et de Néron étaient dans le champ de Mars. Il se servit pour cet usage de la maison et des jardins de Néron ; Domitien y fit d'autres annexes , ainsi que Trajan et Adrien, et chaque partie porte le nom de r empereur qui T ajouta. Ainsi les thermes dits de Titus, de DoLitieo, de Trajan et d'Adrien.ne sont qu'autant de parties séparées d'un seul édifice. A- Tcc ces accroissemens, ils s'étendirent depuis le Colisée jusqu' à T église de st. Martin, décrite ci-dessus. Malgré cette vaste étendue, les thermes de Titus étaient moins grands que ceux de Garacalla et de Dioclétien; mais ils les surpassaient en bon goût. Près de ces thermes était le palais de Titus, ou Ton admirait le célèbre groupe du Laocoon , qu'on retrouva du temps de Jules II dans la vigne de Frémis, entre les Sept Salle et sainte Marie Majeure, et qu'on admire aujourd'hui au musée du Vatican.

Cet édifice est presqu'entièrement détruit; quelques restes seulement donnent une idée de sa magnificence; le plan nous en a été conservé en partie dans un fragment de l'ancien plan de Rome qui est au Ga-

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pilQle9 (le dernier en montant Tescalier du Musée), Palladio en donna aassi un vers la moitié du XYI® siècle , c* est-à-dire lorsque ce bâtiment était encore reconnaissable. Cependant les souterrains sont fort bien conservés : ils appartiennent pour la plus grande partie auxappartemens Néroniens que Titus condamna à servir de soutien à ses thermes , en y ajoutant d'autres murs; c'est pourc[uoi ils restèrent sans lumière et sans air. Une trentame de chambres et plusieurs corridors déterrés présentent encore des peintures en arabesques, qui , soit pour la vivacité des couleurs, soit pour la variété et l'cxa* ctitude du dessin font Tadmiration des artistes. On croit môme que Raphaël ayant connu ces fresques, en profita pour peindre les loges du Vatican, et qu'il fit ensuite remplir les chambres de décombres; mais quoique la première supposition puisse être vraie, I autre est une calomnie, parce que son amour pour les antiquités lui fit présenter un projet à Léon X,

fiour déterrer l'ancienne Rome, et pour en rétablir 'ancien lustre.

D'ailleurs on a des preuves certaines que ces souterrains ont presque toujours été accessibles, et que seulement dans la première période du siècle dernier ils avaient été oubliés: en 1776, ils furent ouverts de nouveau et reconnus par Mirri, qui publia les peintures. Jusqu'à l'année 1812 on n'y pouvait pénétrer qu'avec quelque difficulté, étant presque comblés ; mais depuis cette époque ils ont été déblayés, de manière que les amateurs des beaux-arts peuyent parcourir sans peine une partie de ces noml)reuses chambres , qui donnent une idée de la disposition et des ornemens des grands appartemens des anciens. Dans les fouilles qu'on fit on trouva une ancienne chapelle chrétienne dédiée à ste. Félicité, elle avait été pratiquée dans une des chambres vers le XVI* siècle; on a aussi découvert une inscription fort curieuse peinte sur le mur.

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Aux thermes de Tilus appartient aussi le gisand réservoir d'eau qu'on appelle les

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