PANTHÉON
: Ce m^gDifi(}Qe temple, qu'on regarde avec justice comme le monument le plus parfait et le plus beau de Tantiquité qui soit resté à Rome, fut érigé par Agrippa dans son troisième consulat, c'est-àdire 1 an 727 de Rome , correspondant à V an 27 avant Tore vulgaire. Il est évident que la partie circulaire de cet édifice n'a aucun rapport avec le portique, et que celui-ci a été ajouté postérieurement. Cette circonstance a donné origine à quelques discussions fort sérieuses entre des écrivains modernes; elles paraissent appuyées par Dion, car cet écrivain ne dit rien de ia fondation de cet édifice en 727, et cependant en 729 il affirme qu'Agrippa acheva le Panthéon: quelques-uns prétendent que la salle ronde est d'un temps fort antérieur à Agrippa et
Jue le portique seulement lui appartient. Cepenant il est évident qu'on doit attribuer à Agrippa la partie ronde de ce monument, puisqu'elle est tout-à-fait liée avec les thermes, qu'il fut le premier à construire à Rome, et que le portique a été élevé par lui; tout le monde est d' accord sur ce point , et l'inscription qu'on lit sur la frise le démontre:
M. AGRIPPA . L. F. COS. TKRTIVM . FEClT.
Ainsi on pourrait accorder la différence de la construction ae la salle ronde et du portique, en reconnaissant qu'Agrippa , qui fut Tauteur de ces deux parties, construisit d'abord la salle ronde comme partie des thermes qu'il érigea, et qu'ensuite , voulant la transformer en temple il ajouta le portique, et c'est dans cette occasion que Dion dit qu'Agrippa acheva le Panthéon en 729. De cette manière on peut croire que le Panthéon fut érigé en 727, et fut achevé en 729. Il fut dédié à Jupiter Vengeur, comme Pline nous rapprend. Dion dit que les statues de Mars et de
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Vénus qu'on y voyait , ayant les attributs de plusieurs divinités , donnèrent lieu au nom de Panthéon, sons lequel on désigna ce bâtiment, et qu'il conserve encore ; mais ce même historien ajoute qu'il croyait plutôt que ce nom dérivait de la voàte du temple, semblable à celle du cieL Agrippa plaça dans ce temple la statue de Jules César: la sienne et celle d'Auguste furent placées sous le portique dana les deux grandes niches qu'on y voit encore* Cet édîûce, ayant été brûlé sous Titus et sous Trâjan, fut restauré par Adrien, et ensuite par Antonin-le-Pieux, Septime Sévère, et Garacalla. Cette dernière restauration, occasionnée par la vétusté, est énoncée dans l'inscription qu'on lit en deux lignes sur l'architraver
IMT. C4BS. II. SEPTtlUYS* SEVfiKVS. PIVS. PEfiTUTAX. ABABIGVS. ADIABElVICyS. PARTHICYS. MAXIICVS. PONTUT* MAX. TRIB. POT£ST. X. IM . XI. COS. III. P. P. PBOCOS* £T
IMF. CAES. M. AYRELIYS. ANTOIfINVS. PIVS. FELIX. AVft. TRIB. POTEST. V. COS. PROCOS. PAITTHEVM. VETVSTATE. GORRVPTVM. CVBI. OMNI. CVLTV. RESTITYRRYICT*
Cette restauration appartient à l'an 202 de l'ère vulgaire, lorsque Septime Sévère ftit consul pour la troisième fois et Çaracalla pour la première. Depuis cette époque jusqu'à l'année 354 on ne fait aucune mention du Panthéon. Ce fut dans cette année que l'empereur Constance le visita ; Ammien Marcellin remarque qu'il fut étonné de l'immensité de la voûte. L'an 391 il fut fermé comme tous les autres temples païens , et il resta ainsi fermé jusqu'à l'année 608, lorsque Phocas, empereur de Gonstantinople, le concéda au pape Boniface IV, qui le consacra à la Vierge et aux Martyrs , d' où dériva le nom de Sainte Marie ad Martyres que cette église conserve encore. A cette époque le Pan-' théon était bien plus entier qu'aujourd'hui, puis-
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qu'il conservait encore les tniles en bronze qui coayraient le toit et la coupole. Mais en 663, Constant II, empereur de Constantinople, enleva ces tuiles avec toutes les statues en bronze qui avaient échappé aux ravages des barbares, avec Tintentiou de les transporter dans sa capitale; or, ayant été tué à Syracuse, ces objets furent pris par les Sarazins, oui les transportèrent à Alexandrie. Grégoire III , 1 an 731, répara ce dommage en faisant couvrir le Panthéon de plaques de plomb. AnastaselV 6t construire un palais pontifical 1i côté de ce temple, car dans le moyen-âge et dans les temps modernes il a tonjoursété reconnu comme dépendant directement du Souverain Pontife.
Les troubles des XIII* et XIV* siècles causèrent beaucoup de dommages à cet édifice, qui, au commencement du XV* siècle , manquait de toute la partie orientale du portique , et était combjé jusquVà la hauteur des bases des colonnes du dit portique, de manière qu'on descendait de celui-ci dans l'église par plusieurs degrés. La coupole manquait aussi de la couverture en plomb. Le pape Martin V commença par restaurer le toit ; son exemple fut suivi par Eugène IV et Nicolas V: le nom et les armes de ce dernier pontife existent encore sur une grande partie des plaques qui couvrent la coupole vers le midi. Au commencement du XVI* siècle on releva une colonne de granit à Tangle oriental du portique pour remplacer l'ancienne qui manquait. Le pape Urbain VIII, dans le siècle suivant, c'est-àdire en 1634, fit faire le chapiteau de cette colonne, sur lequel on voit l'abeille, qui est l'arme de la famille de ce pontife. Ce même pape fit faire les deux clochers de cette église, comme on l' apprend par une des inscriptions qui sont à côté de la porte.L'autre inscription, celle à gauche, rappelle que ce même pape, en 1632, enleva tout le bronze du
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fiortiqae da Paothéon pour «n Caire les quatre coonnes et les autres ornemeDs de Tautel papal de l'église de st. Pierre au Yaticao, et des canons au fort st Ange. D'après le Torrigio, qui fut présent au transport du bronze y le métal enlevé pesait 450251 livres, et les clous seuls 9374. Les pièces de canons qui furent fondues pour le fort st. Ange montèrent à plus de 80. Alexandre VII en 1662 acheva de restaurer le côté oriental du portique, en faisant élever les deux colonnes en granit qu'on trouva près de st. Louis des Français, à la place des deux colonnes qui manquaient depuis le moyen-âge: ses armes ont été sculptées sur les chapiteaux de ces colonnes. Il fit aussi décombrer le portique et le débarrassa des chaumières qu'on y avait dressées.Clé* ment XI réduisit la place au niveau actuel. Benoit XlV,vers la moitié du dernier siècle, mil Tintérieur de V église dans l'état où on le voit. Sous Pie VU , on renouvela une partie de la couverture de la coupole, et on fit des fouilles le long du côté occidental du portique, pour mieux connaître le plan de ce bâtiment. Enfin , vers la fin de l'année 1852 on commença, par ordre du gouvernement, la démolition des maisons adossées à l'édifice du côté du levant: espérons qu'elle sera continuée jusqu'à l'entier isolement de cet insigne monument.
Ce temple était prostylc-octostyle, puisqu'il n'avait qu'un portique de huit colonnes au devant. On montait anciennement à ce portique par sept degrés; ce qui le rendait beaucoup plus majestueux qu'il ne l'est aujourd'hui, que l'on n y monte que par deux marches. Ce superbe portique a 103 pieds de largeur sur 61 de profondeur; il est décoré de seize magnifiques colonnes, toutes d'uu seul bloc de granit oriental: elles ont 14 pieds de circonférence, et 38 et demi de hauteur, sans y comprendre la base et le chapiteau, qui sont de marbre blanc et les
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plii« beaux qui nous restent de l'antiquité. Lesbult colonnes de la façade sont de granit gris, à l'exception de celle qui est en granit rouge mise en remplacement: elles soutiennent un entablement et un fronton y qui sont des plus belles proportions que l'architecture puisse fournir.II y avait autrefois, au milieu de ce fronton, un bas^relief jeu bronze doré; et Ton croit qu'il y avait jadis, aux deux côtés, les statues de Vénus et de Mars, et sur le sommet celle de Jupiter. La couverture du portique était en bronze, et ce fut celle-ci qui fut enlevée par Constant II, comme il est dit ci-dessus. Les poutres étaient aussi plaquées de ce métal, qui fut enlevé sous Urbain VIII, comme on vient de le dire. Les murs dp portique, dans l'intervalle d'un pilastre à l'autre, étaient revêtus de marbre; ils étaient interrompus par des bandes où l'on voit sculptés des ustensiles sacrés et des festons. La statue d'Auguste était placée dans la grande niche à droite, et celle d'Agrippa dans l'autre. Ce portique annonce d'une manière noble la porte principale du temple , laquelle s'ouvre sur des pilastres de bronze cannelés; le seuil est de marbre africain; les jambages et l'architrave sont de marbre blanc. Cette porte, qui est ancienne , est revêtue de bronze.
L'intérieur du temple n'a pas moins d'élégance et de noblesse que de majesté: sa forme circulaire a fait substituer le nom de Rotonde à son ancienne dénomination. Son diamètre est de 132 pieds; la hauteur de l'édifice, depuis le pavé jusqu au sommet, est égale à son diamètre; l'épaisseur du mur qui ceint le temple est de 19 pieds: on voit par les bases des colonnes qui sont tout autour, que le pavé était anciennement plus bas que celui du portique, ce qui rendait l'entrée plus noble et plus majestueuse. La lumière n'entre dans le temple que par une seule ouverture circulaire, pratiquée dans le
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milieu de la voûte, et dont le diamètre est de 26 pieds: on y monte par un escalier de 190 marches. La tribune du maltre*autel est formée par un demi--cercle pris dans l'épaisseur du mur; son grand arc , pareil à celui de V entrée, est orné de deux grosses colonnes cannelées de marbre violet, et de quatre pilastres du même marbre. Les six chapelles qui sont autour sont aussi creusées dans l'épaisseur du mur: chacune d'elles est décorée de deux pilastres et de deux colonnes: les uns et les autres sont cannelés, et alternativement de marbre jaune et violet, de 3 pieds et demi de diamètre, et 27 et demi de hauteur, sans y comprendre la base et le chapiteau, qui sont de marbre blanc; ces colonnes et ces pilastres soutiennent un grand entablement de marbre blanc , dont la frise est plaquée de porphyre. Sur cet ordre est une espèce d'attiqueavec quatorze niches, ainsi qu'un entablement, sur lequel Eose la grande voûte. Les fameuses caryatides de ronze, ouvrage de Diogène d'Athènes, dont parle Pline, soutenaient, peut-être, la corniche supérieure de cet attique. La voûte est partagée en cinq ordres de caissons; chaque caisson était orné au centre d'unroson, et le pourtour, jusqu'au fond, était enrichi d'ornemensen stuc doré. Piranesi, qui a pu en voir les restes, dit, qu'on trouva sous les stucs de gros pivots et des lames de bronze, et d'après cela il croit que les ornemens étaient de cette matière avantla restauration faite parSeptime Sévère.
Sur la circonférence du temple, entre les chapelles, il y a huit niches de celles que les anciens appelaient aediculae; elles sont ornées d'un fronton soutenu par deux colonnes d'ordre corinthien en jaune antique, en porphyre, et en granit: les chrétiens ont transformé ces aediculae en autels, en altérant un peu leur forme primitive. Elles étaient encore intactes au XYP siècle, comme on le voit par le livre des
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dessins du Sangallo existant à la bibliothèque Barberini, et par les oayrages de Serlio et de Garaucci.Le paré, et les murs jusqu'à rentablement, sont incrustés de différens marbres, et on croit que ces incrustations^ ainsi que les huit aediculae ont été exécutées sous Septime Sévère, et qu'au milieu de la tribune il y avait un Jupiter colossal.
Le grand Raphaël en mourant désira la troisième aèdicula^ à gauche en entrant , comme devant lui servir de tombeau, et donna la commission à ses héritiers de la restaurer, et de faire sculpter en marbre par Lorenzetto, son élève, la statue de la Vierge qu'on voit dans la niche, et qu'on appelle la Jfadùnna del Sasso. Gomme en cette occasion on transforma en autel le devant de la niche, peu à peu on changea de même les autres. Le peintre divin fut enterré au dessous du soubassement de la statue, derrière Tautel. Dans l'année 1833 ses ossemens furent découverts le 14 du mois de septembre, et ref)iacés dans le même endroit avec beaucoup de soin, e soir du 18 octobre, avec toute la pompe et la cérémonie convenables, ce qu'on voit mentionné dans une inscription en marbre, placée dans la chapelle à côté qui est dédiée à st. Thomas. Ainsi le Panthéon, le monument le plus beau qui nous reste de Rome ancienne, renferme la dépouille mortelle du plus grand artiste de Rome moderne. Outre Raphaël, Balthasar Peruzzi, Jean d'Udine , Périn del Yaga, Thadée Zuccari, Annibal Garache,et d'autres célèbres artistes, ont été enterrés dans ce temple. Ce temple admirable par sa grandeur, son anti-
Juité, et son architecture^ est cependant dépourvu e monumens célèbres en sculpture et en peinture: par cette raison , nous ne nommerons parmi les sculptures» que la ste. Vierge sculptée par Lorenzetto> et le tombeau du card. Consalvi, ministre de Pie VII, placé dans la chapelle du Grucifix, ouvra-
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ge de Thorwaldsen; et parmi les tableaux des autels Qous ferons mention seulement de celui qui représente saint Thom?.s touchant le côté de Jésus- Christ, peint par Pierre-Paul Bonzi^ et de l'autre représentant le martyre de st. Etienne, fait par Etienne Pozzi, aux frais du grand Ganova. '
Depuis 1542 une congrégation est attachée à cette église: elle est composée dé peintres, de sculpteurs, d'architectes, et d'autres personnes de mérite. On avait tellement multiplié les bustes de ceux qui j avaient été enterrés , qu'en 1821 le gouvernement décida de les transporter au Gapitole ; c' est ainsi que la Protomothèque eut son commencement, et on a conservé ici l'inscription faite en l'honneur de Raphaël , celle d'Annibal Garache et celles de Périn del Yaga, de Thadée Zuccari, de Barthélemi Baronino, et de Flaminius Yacca. Les inscriptions érigées à la mémoire de Raphaël et de Garache, sont placées aux deux côtés de V autel de la ste. Vierge sculptée par Lorenzetto; les autres, dans les chapelles suivantes.
Les thermes de Marc -Agrippa , qui furent les premiers que l'on construisit à Rome avec magnificence, étaient adossés à la partie postérieure de ce temple, mais sans avoir aucune communication directe avec cet édifice. L'eau Vergine qu'Agrippa amena à Rome, servit particulièrement pour l'usagé de ces thermes. Nous lisons dans Pline que, parmi les statues qui décoraient ces thermes, il y en avait une en bronze, exécutée par le célèbre Lysippe, ouvrage d'une telle perfection, que l'empereur Tibère, s'en étant épris, la fit transporter dans son palais; mais qu'il fut obligé de la replacer au même endroit, à cause du mécontentement du peuple.
En sortant du Panthéon, tournez vers i'anffle droit du portique, ensuite prenez la rué près de 1 emboure de laquelle on lit Pia^aza délia Rotonda , et vousf
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vous trouverez de suite sur la