ÉGLISE DE ST. APOLLINAIRE
Le pape Adrien I, en 772, fit bâtir cette église sur les ruines d'un anci^i temple, peut-être d'Apollon. Benoit XIV la fit rebâtir d'après les dessins de Tarchitecte Fuga,qui la décora d un vestibule, dans lequel, à gauche , est la chapelle de la Yiei^e. Sur l'autel de cette chapelle on vénère une image de la sainte Vierge avec l'Enfant- Jésus, st. Pierre et st. Paul, que Ton croit de Pierre Pérugin.
L'intérieur est à une seule nef avec six chapelles. Le maltre-autel est décoré de beaux marbres. Hercule Gennari représenta dans le tableau de cet autel le sacre du st. évèqne de Ravenne , titulaire de cette église. Sur l'autel à droite, la belle statue de st. François Xavier est de Mr.Pierre le Gros, Charles Marchionni sculpta celle de saint Ignace que l'on voit sur l'autel en face, et le P. Pozzi, jésuite, peignit la voûte. Les autres tableaux sont de Mazzanti, de Zoboli et de Gostanzi.
Dans le palais annexé à cette église existait le collège Allemand-Hongrois, et à présent il y a le
SEMINAIRE ROMAIN.
Le souverain pontife Léon XH, en rendant aux jésuites le collège romain, transporta dans ce palais le séminaire épiscopal de Rome, c'eit-à-dire celui qui appartient au clergé séculier et au pape comme évéque de la capitale du monde catholique; c'est pourquoi le cardinal vicaire, qui exerce les fonctions épiscopales à sa place , en a la direction, et réside dans le palais annexé. L' origine de ce séminaire remonte à l'année 1563: il fut fondé par Pie IV; et saint Charles Roromée en donua le sage
Séminaire Romain. 337
règlement. Le nombre des élèves est d'enyironTO; parmi ceax-ci la plupart de ceux qui aspirent à l'état ecclésiastique sont instruits et entretenus gratis ; les autres paient la pension de neuf écus par mois. Tous reçoivent une éducation soignée^ et sont instruits par d'habiles professeurs ecclésiastiques dans les belles-lettres et dans les différentes branches de la philosophie et de la théologie. Les écoles où sont instruit^es élèves, sont publiques pour tous ceux qui veulent les fréquenter, de sorte qu'elles forment une espèce de lycée , et l'on y donne les baccalauréats de docteur en théologie.
Vis-à-vis de l'église de ste. Apollinaire , est le palais Altemps, qu'on dit bâti sur les dessins de Martin Lunghi le vieux, mais qui certainement est plus ancien, puisque on prétend que les portiques de la cour furent ajoutés par l'architecte Balthazàr Peruzzi: ainsi Martin Lunghi n'aura fait que restaurer et changer en partie le bétiment existant. On trouve dans ce palais quelques statues antiques, de beaux marbres et une chapelle, où l'on conserve le corps de st. Anicet pape, mort martyr en 168.
En avançant par la rue qui passe devant l'entrée principale de ce palais, on parvient à la rue de la Mascherad'Oro^ on on voit sur la façade d'une maison à gauche, la fable deNiobé, peinte en clair-obscur par Polydore de Garavage: ayant été plusieurs fois restaurée, cette peinture a beaucoup perdu de sa fraîcheur et de son mérite.
En suivant cette même rue on débouche devant le palais Lancellotti, commencé par François de Yoiterre et achevé par Charles Maderne. Le portique est soutenu par quatre colonnes de granit, et la cour est ornée de statues^ de bustes, et de bas-reliefs antiques. Dans le portique supérieur, qui est aussi soutenu par quatre colonnes de granit, il y a un Mercure, une Diane et d' autres marbres.
338 Cinquième Journée.
A côté de ce palais est la rae des Caronari, où, à droite, on trouye i'
EGLISE DU ST. SAUVEUR tlf LAUHO.
Gtétnent X donna cette église avec la maison y attenante aux natifs des Marches; ils la dédièrent à la Vierge de Lorette. L' architectare est d' Octave Mascherino, qui la décora de 24 colonnes corinthiennes. Dans la première chapelte à droite, le tableau qui représente la Piété, les tableaux des côtés et les peintures de la voûte sontdeJfôsephGhezzi. La nativité de N. S. dans la troisième chapelle, est le premier ouvrage que fit Pierre de Gortone. Pierleone Ghezzi peignit le tableau de l'autel à droite de la croisée, qui représente st. Emygde et plusieurs autres saints. Le tableau qui est dans la chapelle suivante, représentant st. Pierre^ est l'oiivrage d*Ântiveduto Grammatica.
Aux côtés de l'entrée principale de l'église on voit deux beaux tombeaux au XY* siècle, dont l'un fut érigé à un cardinal espagnol, l'autre au pontife Eugène lY , sur lequel on lit une inscription qui rappelle les vicissitudes du concile de Basilée.
Sur la place principalede cette église, est la maison des irères français, nommés des écoles chrétiennes, qui enseignent gratis à lire, à écrire, et à calculer. Ces écoles furent fondées par le pape Pie YL
La rue qui longe le côté de la maison que nous avons indiquée ci-dessns aboutit en face du
THEATRE d' APOLLON DIT DE TORJ)INONA,
Ce théâtre s'appelle aussi de Tordinona parce que dans le moyen-âge il y avait un grand bâtiment, et une tour qu'on appelait Torre di Nona , et l'une et l'autre servaient de prisons; mais Innocent X ayant fait de nouvelles prisons dans la rue Giulia, peu après on y bâtit un théâtre, qui brûla deux fois, et
Maison de Raphaël 339
foornit la matière da poëme burlesque intitulé ZVnctndio di Tordinona. Le duc Alexandre Torlouia le refit presque entièrement sur les dessins du cher. Valaaier, Tan 1830. La façade est décorée de colonnes et de pilastres de marbre caristien appelé cipollin. Les trois portes d' entrée mènent dans un yestibule^ d^où, par uki escalier commode, on mon^ te dans un salon de réception , décoré de huit sta^- * tués en plâtre. €e théâtre est le plus beau de la ville, et l'on y joue le grand opéra.
En retournant sur la place de S. Salvatore in Lauro , et de là se dirigeant à droite dans la rue contiguë dite des Coronarij l'avant-dernière maison qu'on trouve à gauche, marqnée du N."" 124, appartenait à l'immortel Raphaël d*Urbin,qui y demeura quelque temps, et dont il fit un legs au Panthéon pour y fonder une chapellenie en faveur de l'autel de la Vierge où il fut enterré. Pour honorer la mémoire de ce grand peintre, Charles Maratta, en 1705, fit peindre en clair-obscur son portrait sur la façade de cette maison; il est maintenant entièrement effacé. La maison a été distraite du legs originaire, et appartient au chapitre de sainte Marie Majeure.
La rue des Coronari débouché dans celle de Panicoy d'où Ton voit à droite la place et le pont 5. Angelo, dont nous parlerons en son lieu.
Dans les environs de cette place, était anciennement un arc érigé aux empereurs Gratien^ Yalentinien II et Théodose. Il est probable que les colonnes de vert antique, et les autres marbres qu'on a trouvés lorsqu'on a bâti l'église des saints Celse et Julien, appartenaient à cet arc ,< qu'on sait avoir existé jusqu'au XIIl* siècle.
Près de cette église on trouve le palais Gicciapprci, de l' architecture de Jules Romain, et presque vis-à-vis est le palais Niccolini, bâti sur les dessins de JacSansovino, très-habile archit. florentin.
340 Cinquième Journée.
Le bâtiment qui se présente en face dans le milieu de la bivoie est la banque du saint Esprit, édifiée sur les dessins de Bramante Lazzari. Elle dépend du grand hôpital du st. Esprit, dont les biens sont hypothéqués pour la sûreté de ceux qui y déposent leur argent; mais ces dépôts ne rapportent aucun intérêt.
En suiTant la rue deBanchi Nuovi^qni est à gauche de cette banque, on arrive à la place de VOro^ logio dellaChiesa Nuova, où, au bout de la rue à gauche , on voit le palais jadis Orsini, aujourd'hui Gabrielli, placé sur une élévation artificielle. Depuis le Xlll*siècle, cette élévation s*appelai(f onto6^tor(fano^ du nom de Jourdain Orsini qui y avait son château.
La rue des Filippini^ qui se trouve dans la susdite place, conduit directement à V