‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 210 sur 337 · ÉGLISE DE STE. ÂNASTASIE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE STE. ÂNASTASIE

Cette église fut bÀtie vers l'an 300, près de VAra Maxima, dont nous avons déjà parlé , par ApoUo-

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aie, matrone romaine , pour servir de sépulture à la vierge et martyre romaine, Anastasie. Léon III la restaura depuis les fondemens en 795; elle fut restaurée ensuite par Innocent III , par Sixte IV , et par Urbain VIII, qui, en 1636, en fit refiiire la fa* çade sur les dessins de Louis Arrigucci ; enfin les papes Pie VII et Léon XII la restaurent de noureau. L'intérieur est à trois ne£s, divisées par 12 belles colonnes , dont huit sont de marbre riolet , canne* lées, deux de granit rouge, et deux de marbre a* firicain. Le cardinal Gostaguti, en 1703, restaura la tribune, la décorant de beaux marbres et de fres*

Î[ues de Lazare Baldi: on y voit les tombeaux de la amille Febei. Hercule Ferrata sculpta la statue de la sainte titulaire qui est sur le maltre-autel, sous lequel est son corps. Les peintures des chapelles sont de Mola, de Lazare JKaldi, de Trevisani, et de Dominique Ponti. Le pTafond d^ la grande nef fut fait aux frais du cardinal Gunba ^ portugais, et la peinture du milieu est de Cerruti.

Dans ces lieux, maintenant occupés par des greniers à foin, des jardins potagers et des vi^^s, on admirait, du temps que Rome florissait, de riches et somptueux édifices.

Dans la vallée anciennement appelée Mureia , qui est entre les monts Palatin et Avéntin , derant le palais des Césars, était le

GKÂND CIRQUE.

Ce fut Romulus qui choisit le premier cette vallée pour y célébrer des .jeux magnifiques en l'honneur de Neptune appelé Côtt^u^^ auxquels on donna le nom de Con^uaJta^ lorsqu'arriva renlèvement des Sabines. En mémoire de cet événement , on érigea ensuite dans le cirque l'autel souterrain de Constts; on le déterrait chaque fois avant de commencer les jeuX| pour y sacrifier , et on le cotaiblait ensuite.

Grand Cirque. 379

Dans le même endroit, Tarqain Tancien constraisit ensuite le cirque, qui, à cause de sa grandeur, reçut dans les siècles suivans le surnom de Maxi» mus, c'est-à-dire le plus grand. Le nom de Circus venait des diflérens tours qu' on faisait avec des chars et des chevaux. Les jeu& qu'on donnait dans le cirque s'appelaient Circenses, et c'était le specta* cle que les Romains aimaient le plu^ on connaît la damemrque le bas peuple adressait aux empereurs dans les temps du grand relâchement des mœurs :

{}anem et circenses. Ces jeux consistaient principa-* ement en des courses qu'on faisait avec des chars attelés de deux ou de quatre chevaux; dans la décursion qu'on appelait le jeu de Troye, ladiu Trojaej dans des jeux athlétiques, et autres spectacles de force. On comptait à Rome plusieurs cirques ou^ tre celui-ci, savoir: le Flaminien; ceux de Flora, de Salluste, de Galigula, dit aussi de Néron, d'Adrien, d'Héliogabale ou Varius, d'Alexandre Sévère, et de Romulus , fils de Maxence , sur la voie Appienne. Celui-ci étant le mieux conservé sert à faire connaître les parties et la distribution des autres: nouë en parlerons bientôt.

Denis d'Halicamasse vit le grand cirque après la restauration et l'agrandissement que Jules César y avait faits; il dit qu'il avait 3 stades et demi de longueur , c' est-à-aire un peu moins d' un demimille, et quatre plèthres de largeur, ce qui correspond à 400 pieds. De son temps, il pouvait contenir 150 mille personnes. Auguste érigea dans ce cirque l'obélisque qu'on voit maintenant sur la place du Peuple. L' incendie causé par Néron fit de grands ravages dans ce cirque, puisqu'il commença précisément dans ce quartier. Il parait que Vespasien le restaura et l'agrandit, car Pline dit que, du temps de cet empereur , il pouvait contenir 250 mille personnes. Trajan aussi le restaura et l'agran-

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dit. Il parait qae, sous (Constantin, il fut encore restauré et agrandi , puisque depuis cette époque il pouvait contenir, selon Victor, 380 mille spectateurs, et selon la Notice de T Empire, 405 mille, Constance , son âls , orna ce cirque du plus grand obélisque qui existe, et qu'on voit aujourd'hui sur la place du Latran.

La forme de ce cirque , ainsi que celle des autres, était oblongue; une des extrémités était demi* circulaire, Tautre décrii(ait une courbe presque in* •sensible. Dans le côté demi-circulaire était la gran* de porte d'entrée^ et dans la partie opposée étaient les caroere5, c'est-à-dire les portes d*oti partaient les chars lorsqu'on donnait le signal de la course; dans ce cirque-ci les carceres étaient vers l'ouest, et la partie demi-circulaire vers l'est. Au milieu de Tarône s' étendait la Spina , c est-à-dire, une plateforme longue et étroite, autour de laquelle les chars faisaient leurs courses. De petits autels , des statues, des colonnes, et deux obélisques égyptiens étaient placés sur la Spina; aux deux extrémités se trouvaient les bornes, nommées en latin meiae. Il fallait, pour remporter le prix, faire sept tours dans toute la longueur de la Spina^ en tournant près des bornes.

Arexception du côté où étaient les carceres^ioni l'édifice était environné de trois étages de pôrtir ques, les uns sur les autres. Dans V intérieur il y avait pour les spectateurs plusieurs rangées de gra** dins, comme dans les amphithéâtres et les théâtres. Le/Mxitufn était ici, comme dans les autres édifices pour les spectacles, la place la plus distinguée. An bas du podium était un canal rempli d'eau, de neuf pieds de largeur et autant de profondeur , appelé Euripe; il avait été ajouté par Jules César pour la sûreté des spectateurs, dans les jeux des bêtes féroces; il fut supprimé par Néron pour agrandir l'a-

Thermes de Caracàlla. 381

rêne ; on croit qu* il fat rétabli depuis , peut-être par Commode ou par Garacalia.

Quoique les cirques fussent faitrpour les courses des chars et des chevaux, ils servaient aussi à la lutte, au pugilat et à la course à pied, ainsi qu'à la' chasse des bètos féroces , et aux autres amusemens propres à former la jeunesse romaine à la guerre. G est dans ce même cirque , selon le rapport d'Aulugelle, qu' Androclôs , ayant été exposé aux bètes féroces, liit reconnu par un lion, auquel, en Afrique, il avait arraché une épine du pied , et qui, au lieu de le dévorer, se mit à le lécher, et le défendit contre les autres bètes féroces. Les mai^ sons, les greniers à foin, et les remises, qui occupent aujourd'hui le bas-côté du mont Palatin, sont tous construits sur les restes des corridors et des voûtes qui soutenaient les degrés ,' et pour ce motif la rue a conservé son ancien alignement.

En sortant du cirque on voit à gauche 1* emplacement du Septizomum. C'était un portique de colonnes à trois étages que Septime Sévère fit cons^ truire pour orner cet angle du palais impérial. Il existait encore en grande partie dans le XVI* siè«cle, lorsque Sixte V le fit démolir pour employer les matériaux à la basilique de st. Pierre au Vatican.

En suivant le grand-chemin , après avoir passé sur un petit pont un ruisseau qu'on appelle la Ifarrana, on trouve à droite les restes magnifiques des

THERMES DE GÀRAGÀLLA.

Vers Tannée 212 de 1* ère vulgaire , V empereur Antonin Garacalia fit construire ces thermes; pour cette raison ils furent appelés les Thermes Antoni- .niens, nom que cette contrée conserve encore, quoi- . que un peu altéré,dans celui à*Anlon%ana. Ce même empereur deux ans environ avant sa mort, c'est-à. dire Tan 216 en fit la dédicace en s'y lavant lui«mè.

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me et en j admettant le peuple; mais il semble que cette dédicace aurait eu lieu avant qu'ils ne fussent entièrement achevés, puisqu'on lit dans Lampridius que les portiques furent construits par Héliogabale^ et terminés par Alexandre Sévère.

Spartien, Lampridius, Sextus Victor, Eutrope et Olvmpiodore , sont les écrivains qui en parlent et indiquent leur magnificence ; ce dernier écrivain dit qu'ils contenaient 1600 places pour se baigner. L'époque de leur abandon n'est pas bien connue; mais il est fort probable qu'il eut lieu dans le YI* siècle, pendant la guerre entre lesGotbs et les Grecs sous Justinien , et particulièrement depuis les ra* vages de Vitigès. Dans les fouilles faites au XYI* siècle , on trouva dans les ruines de ces thermes , parmi d'autres objets, le fameux torse de Belvédère, l'Hercule Farnèse, le groupe connu sous le nom de Taureau Farnèse, et la Flora Farnésienne: tous ces objets sont à Naples, à Texception du torse, qui est au musée du Vatican. Dans d'autres fouilles faites pendant le siècle suivant, on a découvert quelques centaines de statues, plus ou moins bien conservées.

Pour avoir une idée de la grandeur et de l'étendue de ces thermes , il faut considérer que ce bâtiment est un carré de 1050 pieds de chaque c6té ou 4200 d'enceinte. Vers le milieu de cet énorme carré s'élève un bâtiment somptueux, carré oblong, qui a 690 pieds de longueur, et 450 dans sa plus grande largeur. Une sorte de rez-de-chaussée , ou premier étage règne partout; il n' en est pas ainsi du second étage , qui ne se trouve qu' automr et dans le bâtiment principal du milieu , de manière que celui-ci était entièrement détaché du reste et isolé par une cour immense qui servait aux différens exercices etamnsemens du peuple: c'est par cette raison qu'il y avait une espèce de théâtre , avec des gradins pour les spectateurs; il était àdos-

Thermo de Caracalla. 383

se à la colline qui domine ces thermes vers le sudouest. La façade était du côté nord-est, où Ton trouve aujourd'hui quantité de chambres séparées Tune de Tautre; elles servaient de logement aux gardes et aux esclaves attachés au service des thermes; ces chambres avaient leur entrée commune dans un corridor ou portique à arcades qui précédait tout le bâtiment des thermes; c'est à tort qu'on les croit des chambres de bain. Une rue large et magnifique 9 appelée Via Nova , rue neuve , ouverte par Garacalla , conduisait à ce portique ; six escaliers placés à différentes distances conduisaient à la cour qiû environnait le grand bâtiment du milieu, comme nous venons de le remarquer.

Des fouilles qui ont été faites dans cette partie ont levé beaucoup de doutes sur l' usi^e des diffé^ rentes pièces qui la composent, et ont aussi apporté une grande lumière sur les autres restes de thermes existant à Rome, tels que ceux de Titus et de Dioclétien. Dans ces fouilles on a reconnu que le pavé de ces différentes pièces, à l'exception de la salle du centre et de celle qui lui est parallèle vers le nord-est, est en mosaïque d'une exécution plus ou moins fine en pierres dures, c'est-à-dire, porphvre , serpentin , jaune antique , porkaanta , lave noirâtre, et marbre blanc; en général, le dessin ne présente que des compartimens de différentes formes,circulaires,elliptiques,quadrangulaires,rhomboïdaux, et en forme d' écailles , dont les couleurs très^vives sont d'un effet admirable. Mais rien n'égale la richesse du pavé des deux grands hexèdres des cours d' exercice , sur lequel on a représenté des gymnasiarquesetdes athlètes en mosaïque trèsfine, qui déterminent l'usage de ces deux cours. On voit aujourd'hui ces mosaïques au palais duLatran.

Parmi les pièces qui composent cette partie, cinq sont plus remarquables , c' est-à-dire : deux cours

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eatoarées de portiques à colonnes de granit gris , servant aux exercices gjmnastiques^one vaste salle centrale à laquelle on donne le iM)m de Pinacothe* ca, et qui , étant sur le même pian que celle des thermes de Dioclélien, était, comme celle-ci| décorée de huit colonnes énormes de granit, dont on voit les places. On sait que la dernière fut transportée à Florence et placée devant le pont ste. Trinité par le duc Gôme de Médicis, dans le XVI® siècle; on la voit encore surmontée de la statue de la Justice. On voit les restes d'une salle ronde, placée au mi* lieu du côté sud-ouest vis-à-vis le théâtre; et enfin la grande piscine , qu'on a cru être la même salle que celle qui est appelée cella solearis par Spartien, qui la décrit comme étant d'une construction merveilleuse , puisque sa. voûte , d* un développement considérable, était retenue par des barres de bronze ou de cuivre; l'étendue àe cette pièce est de 188 pieds de long sur 134 de large: c'est précisément cette étendue qui rendrait la chose extrêmement diflScile. Spartien dit que les ingénieurs de son temps > soutenaient qu'on n'en pouvait pas faire une semblable; mais, d'après les nouvelles découvertes, il est certain que cette pièce n'a jamais eu de voûte.

On remarque encore dans cette piscine les neuf ouvertures par lesquelles l'eau y entrait et en formait un immense hassin ; on voit que pour cette raison la partie inférieure des murs était revêtue de ce mastic qu'on appelait opus signinum^four les rendre impénétrables à l'eau. Des recherches, faites par Piranesi vers la moitié du siècle dernier , avaient fait croire que les bains pour le peuple se trouvaient dans le rez-de-chaussée vers le sudrouest, sous la cour dans laquelle, d'après ce qu'on dit, le peuple s'exerçait; on peut assurer aujourd'hui que ce ne sont que des substructions. Aux deux extrémités de cette cour on voit les restes de deux die-

Vallée d^Egérie. 385

tôt ou salles de forme octogone, dont la mieux eonseryée, qui est celle du côté du sud-est, porte sans aucune raison le nom de temple d'Hercule. Près de cette dernière on trouva, en 1777, les deux belles baignoires en basalte, qui sont aujourd'hui au musée du Vatican.

En retournant sur le grand chemin, un peu plus en avant on trouve à droite T

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