PORTE APPIENNE OU ST. SÉBASTIEN
Cette porte est une de celles qui furent substituées à 1 ancienne porte Capéna , lorsqu'on agrandit l'enceinte de la ville; ayant souffert dans la guer-
390 Sixième Journée.
re gothique , elle fat refaite par Bélisaire , ou par Narsés. On Tappelle aujourd'hui porte st Sébastien, à cause de la basilique de ce saint, qui en est éloignée de deux milles environ. On la nomma porte AppiennCi comme on a déjà remarqué, à cause de la célèbre Toie Appienne qu' Appius Glaudius , le censeur, fit payer de gros blocs de pierre, jusqu'à la rille de Capoue , Tan 442 de Rome. Cette yoie ^ la plus magnitique de toutes celles qui furent construites parles Romains, était bordée de monumens , dont nous verrons des restes considérables, découverts pour la plupart de nos jours , jusqu' à V ancienne Boville. Cette voie fut réparée par Auguste, qui dessécha les marais Pontins.Les empereurs Vespasien, Domitien, Nerva et Trajan la restaurèrent aussi. Les irruptions des barbares et les guerres civiles du moyen-âge ramenèrent les inondations des eaux , et la voie Appienne serait encore ensevelie sous les marais, si le pape PieVI ne les eût nouvellement desséchés. Cette opération a rendu la plus grande partie de ces campagnes à l'agriculture; elle a beaucoup assaini l'air; et le voyage de Naples est aussi devenu plus facile et plus commode.
A un quart de mille hors de la, porte, dans l'endroit nommé Âcquataceioy on passe le petit fleuve appelé Almon , formé par plusieurs sources , dont la plus éloignée est à cinq ou six milles de Rome; il débouche dans le Tibre, à la distance d'environ un demi-mille hors de la porte st. Paul. C est dans ce fleuve, près de son embouchure dans le Tibre, d'après Ovide, que les prêtres de Cybèle avaient l'usage de laver, chaque année, la statue de cette déesse et les ustensiles de son culte.
En continuant le même chemin on trouve à gauche une petite église nommée Domine qao vadis, nom qui lui est venu de la pieuse tradition que st Pierre , en se sauvant des prisons, rencontra son Divin
Porêe Appienne ou st. Sébastien, 391
Maître daos cet endroit, et qu il lui fit cette demande. Cette église eut aussi le nom de ste. Marie delU Fiante, k cause d'une pierre sur laquelle le Sauveur en s' arrêtant laissa 1 empreinte des plantes de ses
Sieds, et qu'on conserve dans la basilique de st. Séastien, et celle qu'on y yoit n'en est qu'une copie. Dans une yigne presqu'enface de la susdite église on peut voir les restes d'un tombeau qui jusqu'en 1780 fut crU| comme nous l'avons déjà dit , celui des Scipions: il est dépouillé de ses ornemens; son soubassement, qui est carré , était revêtu de grosses dalles et renierme une chambre sépulcrale ; le second ordre d' architecture est rond , orné de niches sur le pourtour ; il est d'ouvrage réUculaire. Une inscription trouvée dans ses environs fait croire que c'était le monument sépulcral de PrisciUe, femme d'Abascanthus, mentionné par Stace, comme étant dans ces environs.
Âpres l'église de Domine quo vadisj la route se partage en deux: celle à droite va rejoindre l'ancienne voie Ârdéatine; l'autre est la continuation de la voie Appienne. En suivant cette dernière, on voit sur les côtés beaucoup de ruines de tombeaux anciens. Dans la première vigne a gauche, après la petite rue qui conduit à la Caffarella , on trouve un Columbarium fort grand, mais fort délabré, composé de trois chambres; on croit qu'il a appartenu aux serfs d'Auguste, d'après quelques inscriptions qu'on j a trouvées.
Plus loin, dans la vigne Gasali, en 1826, on découvrit des cippes et des iQscriptions appartenant à la famille Volusia , une des plus distinguées de l'ancienne Rome; ils sont maintenant dans le musée du Vatican. Dans la vigne qui est vis-à-vis on fit aussi beaucoup de découvertes, dont la plus remarquable est le magnifique sarcophage en marbre blanc, qui fait aujoùrd' hui le plus bel ornement de la se-
392 Sioeième Journée.
conde salle du rez-de-chaassée da musée du Capitôle où nous Tayons déjà observé.
Dans l'endroit où y à gauche , une route sort de la voie Appienne^ en 1726, dans la yigne sur la gauche, on découvrit une autre grande chambre sépui- . craie, qui appartenait aux affranchis et aux esclaves de Li vie Auguste; elle renfermait un grand nombre d'urnes et de vases cinéraires, avec leurs inscriptions, qui, pour la plupart, sont conservés dans la galerie du musée du Gapitole. Plusieurs des écrivains modernes croient que le chemin qui prend naissance ici à gauche , est dans la direction de Tancienne voie Latine: il faut avertir que c'est un chemin toutà-fait moderne, agrandi par Pie YI; il va rejoindre la route d'AIbano à 4 milles et demi de la porte st. Jean, et il ne touche jamais la voie Latine , qui se prolonge à gauche de la voie Appienne y en s éloignant toujours , depuis la place de saint Césarée , comme on a indique cinlessus.
Sur la même voie Appienne on trouve, à quelque distance, la basilique de st. Sébastien. Yis-à-vis on observe une colonne que le pape Pie IX fit élever en rhonneur de ce saint martyr: dans son soubassement, du côté qui regarde la voie Appienne , on lit une inscription qui rappelle les fouilles exécutées dans cette voie , et dont nous parlerons bientôt.