‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 229 sur 337 · ÉGLISE DE STE. MARIE IN COSMEDIN · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE STE. MARIE IN COSMEDIN

Cette église fut bâtie sur les restes d' un ancien temple. Quelques-uns ont cru que c'était celui de la Pudicité patricienne, et d'autres celui de la Portane ou de Matuta; mais, d'après l'autorité de Denis d'Halicarnasse , de Yitruve, de Tacite et de Pline, il faut reconnaître que les restes du temple encore visibles , sur lesquels cette église a été bâtie, sont ceux du temple de Cérès et deProserpine> construit dès le IIP siècle de Rome. On voit encore une partie de la célla bâtie en gros blocs de travertin , et huit colonnes du péristyle , qui sont de marbre blanc, d'ordre composite, cannelées, et ont 7 pieds de circonférence. Sept de ces colonnes sont enchâssées dans les murs de l'église^ et l'on reconnaît par le travail de leurs chapiteaux, que ce temple fut rebâti dans le temps où les beaux-arts florissaient, c'est-à-dire sous Tibère, qui, d'après Tacite, le consacra.

Le pape Adrien I rebâtit cette église , en 782 ; il l'orna richement, et ces ornemens lui firent donner le surnom m Cosmeditij mot qui vient de noafJLOç ornement. On l'appelait aussi École grecque, parce qu'une Schola , ou confrérie grecque y était attachée. Aujourd'hui on l'appelle vulgairement la Bouche de la Véritéy à cause d'une grande pièce ronde de marbre veiné , placée sous le portique , et

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faite en forme de masque de Pan ; elle a les yeax et la bouche béante: aussi l'on dit aux enfans qu'en mettant la main dans cette bouche , s'ils n'ont pas dit la vérité, ils ne pourront plus la retirer. L'opinion la plus vraisemblable, est que ce marbre a été fait pour servir d' embouchure à quelque égoût , puisqu'il est concave.

L'intérieur de cette église est partagé en trois nefs par douze colonnes antiques de différons marbres avec des chapiteaux divers entre eux; le pavé est d'une espèce de mosaïque en pierres dures, appelée opus Alexandrinum, On y voit les ambons d'où on lisait anciennement les épitres et les évangiles. Dans la tribune il y a un siège pontifical en marbre , comme on en a vus dans d'autres églises anciennes; et dans le haut on observe une image de la Vierge , de celles qui furent transportées de la Grèce à Rome. Le maître- autel est isolé et surmonté d' un baldaquin soutenu par quatre colonnes de granit: sous cet autel est une précieuse urne antique également de granit, dans laquelle on conserve quelques reliques. Sous la tribune est l'ancienne confession , qui après être restée inconnue pendant environ deux siècles , fut découverte en 1717: alors elle fut mise dans l'état actuel, et ornée de peintures par Jean-Baptiste Brughi. On y conserva jadis le corps de ste. Cyrille, fille de Décius. Dans la sacristie on voit une mosaïque représentant rimage de la ste. Vierge avec l'Ënfant-Jé*^ sus: Jean VII la fit faire vers Tan 705 pour la basilique du Vatican , et elle fut placée ici en 1639.

Dans cette ancienne basilique en lllSGélaselI fut élu pape, et Benoit XII y fut proclamé antipape.

Sur la place de cette église on observe une belle fontaine , construite par le souverain pontife Clément XI, d'après les dessins de Chartes Bizzaeheri: elle est formée d' un grand bassin , au centre du-

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quel est un rocher surmonté de deux sirènes qui soutiennent une coquille, d'où s'ëléve le jet d'eau. D'un côté de cette placé on admire le

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