PALAIS FARNÈSE
Ce palais est sans doute le plus beau et le plus majestueux de Rome, tant par sa magniGcence, que par sa belle architecture. Paul III, étant encore cardinal , le fit commencer sur les dessins d'Antoine Sangallo, par qui il fut élevé jusque sous rentablement; et le cardinal Alexandre Farnèse, neveu de ce pape, l'acheva d'après l'architecture de Ruonarroti. Ensuite il fit construire par le célèbre Yignole la partie où est la galerie peinte par Gàrache , et
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enfin il construisit la façade qui donne sur la rue Giulia sous la direction de Jacques della Porta. Les pierres de travertin, dont ce palais est composé, furent tirées du Cotisée. Ce grand palais appartient au roi de Naples, ainsi que tous les autres biens que les Farnèse possédaient dans les étals romains.
Le.plan de ce palais est presque carré : chaque façade a trois rangs de fenêtres , et dans le milieu de celle qui regarde la rue GiuUa s'ouvre une double galerie. Ea porte principale introduit à un vestibule décoré de 12 colonnes doriques de granit, placée^ sur des socles: rarchilecture de ce vestibule est fort estimée par les hommes de l'art. Il conduit à une cour carrée, somptueusement décorée de trois ordres architectoniques posés l'un sur Fautre. Les deux premiers sont composés d'arcades , décorées de demi-colonnes doriques dans le premier , ïoniaues dans le second: les arcades du premier ordre, étant ouvertes, forment un magnifique portique carré, et dans chaque arc du second ordre s'ouvre une belle et vaste fenêtre ; le troisième ordre est décoré de pilastres corinthiens, entre lesquels sont de petites fenêtres. Cette cour était autrefois décorée de statues, parmi lesquelles on admirait le fameux Hercule, de Glycon-T Athénien, et la Flore, qui sont aujourd'hui à Naples ainsi que les autres marbres antiques et rares que renfermait ce palais, et particulièrement le groupe de Dircé, connu sous le nom du Taureau Farnèse , qui était placé dans la seconde cour. Dans la cour principale il ne reste que le sarcophage de Cécilia Métella, trouvé dans son tombeau, à Capo di Bove.
En montant au premier étage par le grand escalier on trouve en face la porte du grand salon, où l'on observe plusieurs marbres antiques, la plupart trouvés dans le palais des Césars sur le mont Palatin, et les antres aux thermes de Garacalia, par-
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mi ceux-ci, la statae éqacstre de Caligula. Dans ce salon on voit aussi le modèle en plâtre de la dite statue d'Hercule, et aux c6tés de la cheminée, il y a deux figures couchées représentant la Charité et r Abondance : ces statues furent sculptées par Guillaume délia Porta pour le tombeau de Paul III érigé dans la basilique du Vatican; mais elles n*j furent pas placées parce que le monument ne fut pas isolé comme il avait été projeté d'abord.
La salle conliguë fut peinte à fresque par François Salviati, par Thadée Zuccari et par Georges Vasari: la fresque sur le mur où est la porte d'entrée, représente la drîx signée entre Charles V et François I, roi de France; on aperçoit aussi Martin Luther discutant avec mons. Caëtani. Les autres peintures sont allusives aux faits d'armes desFarnôse.
Dans une salle attenante on observe trois fresques duDominiquin,qui représentent Narcisse qui se mire dans les eaux limpides , Apollon et Hyacinthe, et Vénus qui retrouve Adonis déchiré par le sanglier.
En sortant de ces salles on passe dans la superbe galerie de 62 pieds de longueur sur 19 de largeur, qui a été peinte à fresque par Annibal Carache; c'est le plus bel ouvrage de ce maitre célèbre, et on le place à juste titre parmi les ouvrages classiques de la peinture. Les fresques de la voûte de celte galerie sont partagées en onze tableaux de différentes grandeurs et en huit petits ronds, tous entourés de termes, de figures académiques^etd'ornemens d'architecture imitant les stucs.
Le grand tableau du milieu représente le triom-
Fbe de Bacchus et d' Arianne. On les voit l' un et autre placés sur des chars diff'érens, marchant de front: le char de Bacchus, qui est d'or, est tiré par deux tigres ; celui d'Ârianne qui est d' argent est traîné par deux boucs blancs. Autour d'eux» sont
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des Faunes, des Satyres, des Bacchantes; et Silène qui les précède sur sa monture , est an des plus beaux épisodes du tableau.
L*ttn des deux tableaux qui sont à c6té de celui dont je viens de parler, représente le dieu Pan offrant à Diane la laine de ses chèvres; et l'autre Mercure qui donne la pomme d'or à Paris.
L'un des quatre grands tableaux qui sont autour de ceux du milieu de la voûte, représente Galathée,qai,au milieu d'une troupe de Nymphes, d'Amours et de Tritons, parcoi^rt la mer sur un monstre marin, pendant que l'un des Amours lui décoche une flèche. Le tableau qui est vis-à-vis représente l'Aurore sur son char, enlevant Géphale. Dans le troisième on voit Polyphème qui joue de la musette pour charmer Galathée. Le quatrième représente le même Gyclope, lançant un morceau de rocher sur Acis, qui fuit avec Galathée.
Le premier des quatre tableaux carrés, c'est-à^ dire celui qui est à gauche en face des fenêtres , représente Jupiter qui reçoit Junon dans son lit nuptial. Dans te second on voit Diane caressant Endymion,et deux petits Amours cachés dans un buisson; ils semblent jouir de leur victoire sur Diane« Le troisième , qui est vis-à-vis , a pour sujet Hercule et lole: Hercule, vêtu de la robe d'Iole, joue du tambour de basque pour l'amuser; lole, au contraire, est revêtue de la peau du lion de Nèmée et appuyée sur la massue d Hercule. Dans le quatrième est représenté Ànchise qui détache un cothurne du pied de Vénus.
Des deux petits tableaux qui sont au dessus des figures de Poljphème, l'un représente Apollon qui enlève Hyacinthe, l'autre Ganimède enlevé par X upitér, sous la forme d'un aigle.
En examinant les huit médaillons peints à l'imitation de bronze, et commençant par celui qui est
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à gaache da tablcaa représentant Hercale et lole, on voit Léandre qai se noie dans l'Hellespont; Syrinx métamorphosée en roseau; Hermaphrodite sur-' pris par Salmacis ; 1* Amour attachant un Satyre à un arbre; Apollon écorchanl Marsyas; Borée enlevant Orithve; Eurydice rappelée aux enfers^et l'enlévement d'Europe.
Les huit petits tableaux qui sont au dessus des niches et des fenêtres , représentent Arion monté sur un dauphin; Prométhée animant sa statue; Hercule tuant le Dragon qui gardait le jardin des Hespérides; le même héros délivrant Prométhée, perçant d'une flèche le vautour qui lui dévorait le foie; la chute d* Icare dans la mer ; la grossesse de Gallisto, découverte dans le bain ;'la même nymphe changée en ourse ; et Phébus recevant la lyre de Mercure. Dans les quatre petite ovales sont peintes quatre Vertus.
Le tableau qu'on voit au dessus de la porte d*en- XréQj a été peint à fresque par le Dominiquin, sur le carton d'Annibal Carache; il représente une jeune fille qui caresse une licorne y devise de la maison Faraèse.
Enfin, des deux grandes fresques qui sont aux . extrémités de la galerie, l'une représente Andromède attachée sur le rocher, Persée combattant la monstre, et les parens de la princesse qui se désolent : r autre fresque représente Persée pétrifiant Phinée et ses compagnons, en leur montrant la tète de Méduse.
Dans un petit appartement, on trouve un cabinet peint aussi par Annibal Carache : dans un tableau à l'huile , placé sur la Yoûte , il représenta Hercule entre le vice et la vertu : l'original a été transporté ailleurs: celui qu'on voit aujourd'hui en est une copie. Le même artiste a représenté sur la paroi vis-à-vis des fenêtres Hercule soutenant le
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globe céleste; Persée tranchant la tête à Méduse, et Anapus et Anaphinomus emportant leur père el leur roère pour les sauver des flammes du mont Etna. Dans un tableau sur la paroi en face il peignit Hercule combattant contre le lion de Némée; et sur les parois latérales il représenta Ulysse, qui se faisant attacher au màt de son vaisseau, passe ]*tle des Sirènes, et le même héros délivrant ses compagnons des pièges de Circèe et des Sirènes.
Le célèbre Carache, aidé par son frère Augustin, par te Dominiquin, el par quelque autre de ses élèves, termina ces grands ouvrages dans l'espace de neuf ans; et sur les insinuations perfides d*un méchant courtisan. Don Jean de Castro, espagnol, il ne reçut du card. Farnèse, qui les lui avait commandés, que la modique somme de 500 écus. Ce procédé fut cause que le grand artiste se livra à une noire mélancolie et résolut de ne plus toucher aux pinceaux; mais cette résolution fut sans effet.
En sortant de ce palais et en se dirigeant à droite, c'est-à-dire par la rue des Venti, on trouve immédiatement, du même côté, le