PALAIS SPADA
Ce palais fut bâti sous le pontificat de Paul III, par le cardinal Jérôme Capo di Ferro, d'où dériva le nom de la petite place sur laquelle il est situé. Jules Ma^zoni, élève de Daniel de Volterre, en fut l'architecte. La façade est décorée de statues et d ornemens entremêlés à des bas^reliefs, le tout en stuc; et les quatre façades de la cour sont décorées de la même manière. Ce palais passa ensuite dans la famille Mignanelli, et de celle-ci, sous Urbain YIII, au cardinal Bernardin Spada, qui le fit remettre à neuf par le Borromini, lequel en reconstruisit le bel escalier.
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En montant an premier étage on observe dans la première antichambre la statue colossale de Pom« pée-le-Grand. Cette célèbre statue en iparbre fut trouvée du temps de Jules II , en 1552 ou 1553 ^ dans la rue des Leulari, prés de la Gbancellerie: on croit que c'est la même qui était dans la Guria près du théâtre de Pompée , aux pieds de laquelle César tomba sous le ler des conjurés.
Cette statue fut découverte couchée , sous les fondemens de deux maisons, car le mur de séparation se trouvait précisément sur le cou de la statue. De là s'éleva une contestation entre les propriétaires, qui, à ce qu'il parait, attachaient du prix aux objets d'antiquité: mais les juges devant
3ui fut traitée la cause, peu versés probablement ans ce qui regarde Pompée et l'antiquité, décrétèrent qu'on sciât la statue, et que chacun des propriétaires prit le morceau qui était sous sa maison. Le cardinal Capo di Ferro ayant eu connaissance d'un arrêt si étrange, en fit immédiatement rapport au pape , qui achetant la statue pour la somme de 500 écus, empêcha que le grand Pompée ne fût décapité môme dans son simulacre, et en fit présent au susdit cardinal : celui-ci fit placer cette superbe statue dans son palais où on l'admire à présent*
Dans la seconde antichambre on observe dix belles fresques de l'école de Jules Romain, et de là on passe à la visite des quatre salles, qui renferment une collection de tableaux. .
Première salle. Sur l'angle à gauche «n entrant on voit deux demi-figures, dont l'une, ayant sur la tète un bonnet avec des plumes, est de Michel-Ange de Caravage, et l'autre d'Annibal Carache; le retour de l'enfant prodigue, au dessus, est du Bassano, et le susdit Carache peignit la Charité Romaine. Entre les fenêtres de cette paroi, dans le haut, on voit le sacrifice d'Abraham, ouvrage d'une conception assez bizarre de Luc Jourdain.
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La ste. Vierge ayec Y ËofaDt-Jésas , sar Tangle de la paroi qai sait , fut peinte par André Verroc* chio, et le David, au dessus de la porte, est duGuerchîn. Suivent: une Vierge avec I* Enfant- Jésus, de Guide Gagnacci,et uu grand tableau avec des fruits de Gastiglioni: le portrait du card. Nero Patrizi, au dessous, est Touvrage de Gamuccint.
Sur l'autre paroi, le grand tableau qui représente Caïn tuant Âbel, est de Lanfranc: à ffaucbe de ce tableau, on observe une demi-figure^dc femme tenant un compas, du Garavage,et le portrait à droite, qu'on croît celui du card. Jérôme Gapo di Ferro, est attribué au Dominiquin: le portrait au dessus de la porte est de Bubens , et la mort de Gléopâtre est de Somanelli.
Le grand tableau avec des fruits, sur la dernière paroi , fut peint par Gastiglioni. Au dessous on doit remarquer un beau portrait de Jules II, peinture à fresque, transportée sur toile, d*auteur inconnu : les deux batailles latérales sont Touvragc du Bourguignon.
Deuxième salle. A gauche en entrant on observe la Visitation de ste. Elisabeth, d'André del Sarto. Aux côtés de la fenêtre sont deux beaux tableaux de Michel-Ange dit délie bambocciate; l'un représente le soulèvement de la population de Naples suscité par Masaniello, l'autre, le marché de cette ville.
Sur la paroi suivante, le- tableau avec deux de^ mi'figures en caricature, est du Gara va ge. Le grand tableau entre les fenêtres, représentant Lucrèce,fut peint par Guido Béni : saint Jérôme est l'ouvrage de Salviati, et la demi-figure vue par derrière, re-
r présentant ste. Lucie , fut peinte par le Guerchin ; 'effigie de Sénèque,dans le haut, est de Salvator Bosa. Après la fenêtre on voit un beau portrait de femme , que l'on croit du Giorgione , et un st. Jean Évangéliste, de Mr. Valentin*
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Le premier tableau qui suit sur l'autre paroi est de rAIbane, et celui de l'autre côté de la porte, re=présentant Jacob et Rachel,est attribué au Poussin.
Sur ia dernière paroi , Jésus disputant avec les docteurs est du style de Léonard de Vinci: on croit que le beau portrait du cardinal Bernardin Spada est du Guerchin: Judith est l'ouvrage du Guide dans sa manière forte, et les deux beaux paysages qu'on voit sur les côtés, sont deBreughel; dans l'un est représenté un pillage , dans l'autre la prédication de st. Jean^Baptiste.
Troisième salle dite la Galerie. D'un côté de l'entrée est un tableau du Garavage, représentant ste. Anne et la Vierge, et de l'autre la prise de Jésos- Ghrist, de Gherard délie NoHi; le st. Jean-Baptiste au dessus est attribué à Jules Romain.
La Magdelaine qui suit, en haut sur l'autre paroi, est de Guido Gagnacci. Le grand tableau représentant le festin de Marc-Antoine avec Gléopàtre e&t l'ouvragé de Treyisani: des cinq petits tableaux au dessous , celui du milieu est de Breughel , les quatre autres sont de Vernet. Didon sur le bûcher, est un ouvrage fort estimé du Guerchin: d'un côté est David avec la tète de Goliath, du Garavage, et de l'autre la petite ébauche faite par Baciccio pour la peinture qu'il exécuta sur la voûte de l'église du Jésus: après la fenêtre, on voit un petit pavsage de Salvator Rosa ; un beau portrait de vieillard , du Moroni; et le portrait d'un astronome, que l'on croit du Titien.
Les deux portraits, au bas des côtés de la fenêtre de la troisième paroi, sont attribués également au Titien; les deux autres , dans le haut» sont du Tintoretto.
Sur la quatrième paroi on observe tout de suite un
(>etlt paysage de Salvator Rosa ; Wandyck peignit e portrait au dessus , el celui dans le haut est du
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Tintoretto. Après la feoétre on doit remarquer un st. Jérôme, du Spagnoletto; suit un tableau du Manlégua représentant Jésus-.Ghrist portant la croix^et au dessus est le Père-Eternel, du même auteur. Après l'autre fenêtre on doit observer un st. Jérôme d'Albert Durer, et une bataille, par Bourguignon : le massacre des Innocens, dans l'angle, est de Pierre Testa.
OiMiriéme salle. Les deux tableaux dans l' angU prés de la porte d'entrée sont de François Ghiari , et représentent la naissance de Diane , Arianne et Bacchus. De l'antre côté de la même porte est digne de remarque un fort beau tableau d'Annibal Garache, où il représenta, avec beaucoup d'art, Jésus-Ghrist en raccourci; la femme adultère est d'école française; le sacriGcé de la vestale est de Pierre Testa; et le petit tableau avec deux tètes de Sé« raphins est attribué au Gorrège.
Sur l'autre paroi nous ferons remarquer un beau portrait dç Paul III Farnèse, du Titien; le portrait du cardinal Bernardin Spada, bel ouvrage du Guide; un surprenant effet ae neige de l'écc^e flamande, et une petite tète, par Garache.
Le sacrince d' Iphygénie, sur la paroi suivante , est de Pierre Testa, et les deux tableaux après la fenêtre, représentant la naissance de Baccnus, et Apollon et Daphné, sont de François Ghiari.
Sur la dernière paroi, une Magdelaine, du Guerchin , une musicienne du Garavage , et deux dessins du susdit Guerchin , méritent l' attention des amateurs.
Dans deux chambres du rez-de-chaussée on observe plusieurs sculptures antiques, parmi lesquelles on doit remarquer une statue assise d'Aristote, et les huit bas-reliefs qu'on découvrit à ste. Agnès hors des murs du temps de Paul Y. Ges superbes bas-reliefs représentent Paris berger avec Amour
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à c6té: Bellërophon le héros, qui abreuve le cheral Pégase: Apollon avec Mercure: le jeune Archémore déyoré par le serpent : Péris et Hélène sur le point de s'embarquer: Ulysse et Diomèdé qui en* lèvent le Palladium: Méléagre, fameux chasseur et guerrier: Pasiphaé et Dédale.
Dans une petite cour de ce palais on voit un por-* tique soutenu par des colonnes doriques,dont la gradation est telle, qu*il semble beaucoup plus long qu'il ne Test en effet; il fut exécuté sur les dessins de Borromini , et on croit que le Bemin en conçut V idée de l'escalier royal qu'il construisit au Vatican.
En retournant vers le palais Farnèse et prenant la première rue à gauche, dite du MascAerone à cause du grand masque qui sert de fontaine au fond de la rue, on voit à gauche 1'
ÉGLISE DES SS. JEAN l'ÉVANGÉLISTE ET PÉTRONE
DES BOLOGNAIS.
Cette église était jadis dédiée à st. Thomas sous la dénomination de la Chaîne , et fut possédée par les Espagnols. En 1575 le pape Grégoire XIII la donna aux Bolognais, qui la rebâtirent et la dédièrent aux SS. Jean l' évangéliste et Pétrone. Sur le maltre-autelon voyait un fameux tableau du Dominiquin, représentant la Vierge avec ces deux saints: ce tableau fut transporté à Milan ; c' est pourquoi on en 6t une copie pour le remplacer. La ste. Catherine de Bologne est de Joseph del Sole , «et la mort de st. Joseph est de François Gessi , élève du Guide. Sur l'autel de l'oratoire annexé à cette église on voit le Christ mort, ouvrage d'Emile Savonanzi, aussi élève du Guide.
En sortant de l'église et en s'avançant vers La fontaine du Jfa5cAerone,on entre dans la rue Giulia^ qui est une des plus belles de Bome. Elle fut ouverte au commencement du XVI* siècle par le pape Ju-
Église de $te. Marie de V Oraison. Vèl
les \\j qui voulait la rendre la plus magnifique de Rome, et qui lui donna son nom. Elle est traversée par un arc qui devait mettre en communication le palais Farnèse avec la Famèsina de l'autre côté du Tibre, en traversant la rivière en bateau.
Après avoir passé Tare du palais Farnèse, est 1*
ÉGLISE DE STE. MARIE DE l'oHAISON y DE LA CONFRERIE DE LA MQRT.
Elle fut bâtie en 1575 par une confrérie dont le l)ut est de rendre les derniers devoirs à ceux qui meurent abandonnés dans les campagnes autour de Borne, et dont ils vont recueillir les corps où ils se trouvent. La Vierge à qui elle est dédiée s'appelle de rOraison à cause des prières qu'on j.fait devant le st. Sacrement exposé pendant 40 heures chaque premier dimanche du mois; exercice pieux qui de^ puis s'est propagé dans toutes les autres églises de Kome ,. alternativement tous les jouris de l'année. Cette église fut bâtie sous Clément XII d'après les dessins de l'architecte Fuga.
La ste. Famille sur le premier autel, est de Laurent Massucci. Sur le second autel on voit une copie du célèbre st. Michel de Guido Reni, que nous avons déjà observé dans l'église des Capucins. Sur le maltre-autel est un beau tableau de Ciro Ferri , représentant le Crucifiement. La ste. Julienne Falconieri , sur le premier autel de l'autre c6té , est du Ghezzi. Les deux fresques peintes sur les murs entre les chapelles , ainsi que celle au dessus de la grande porte, sont de Lanfranc, qui a fait aussi la fresque que l'on voit au dessus de la porte de l'oratoire annexé à l'église. Dans cette église est enseveli l'architecte Fuga, ainsi que le Ceruso, qui le premier à Rome recueillit les enfans pauvres, et leur procura une éducation religieuse et morale.
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A côté de cette église ^sl le palais Falconieri rebâti dans le XVII* siècle par le Borromini. Il fut habité par le card. Fesch, qui y avait formé une gale^ rie de tableaux si considérable , que pour les œuyres flancMindes elle était certainement la première de Rome.
La rue de la Carità^ située vis-à-yis de ce palais, conduit à la petite place de Téglise de ste. Catherine délia Roia , dépendant du chapitre de st. Pierre au Vatican. Sur le premier autel à gauche on admire un très-beau tableau de Jean-ÀnloineGalli,dit le Spadarino, qui représente st. Martial et ste. Valérie. Les fresques de la chapelle suivante, dédiée à st. Antoine de Padoue , sont de Jacques Goppi. Le tableau du maltre-autel, où l'on voit une gloire de saints , est de Jacques Zucca.Le susdit Coppi peignit à fres- <|ue la chapelle suivante , et y représenta quciquet traits de la vie de st. Charles. Les fresques de la der« nière chapelle, où Ton observe le repos en Egypte, sont du Mutien.
En sortant on voit à droite V