‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 267 sur 337 · MO · texte numérisé non relu

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11 ne reste plus qae le quartier du Vatican pour achever le tour des curiosités de Borne.' L'origine la plus probable du nom de Vatican qu'on a donné au mont qui se détache de la chaîne du Janicule 9 est tirée des vaticinia , c' est-à*dire des prédictions , à cause des oracles qu'on y rendait , dès Tépoque où il était au pouvoir des Étrusques*Veïen$, auxquels il fut ôté par Romulus. Dans les temps anciens il resta néanmoins hors de V enceinte de Rome ainsi que la plaine qui est entre le mont et le Tibre. Comme on Ta déjà dit, ce fut le pontife st. Léon IV qui vers Tannée 848 , pour garantir la basili<]|ue de st. Pierre des incursions desSarrazins, l'environna de murs : ce qui fit appeler cette partie de la ville du nom de Cité Léonine. Cependant il fut toujours regardé comme une partie séparée de la ville de Rome 9 proprement dite, jusqu' à la fin du XV* siècle, lorsque Alexandre VI9 démolissant les murs de séparation, le réunit au reste. Cependant il a retenu le nom de Bourg , et depuis le temps de Sixte V il forme sous ce nom le XIV* quartier de Rome. Pour Y arriver on passe le Tibre sur le

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PONT JBUUS , aujourd'hui ST. ANGE.

Ce pont fat construit ycrs Tan 136 de Tére chrétienne par l'empereur Publlus iElius Trajaû Adrien, pour donner une entrée magnifique à son mausolée et aux jardins impériaux qui y étaient attenans, où il fit aussi bâtir un cirque. Ce pont reçut le nom d'iEliuS) mais dans la décadence il fut appelé Pons Trajani, Pons Adriani, puis Pons 5. Pétri à cause de sa proximité de la basilique de st. Pierre, et enfin au XY* siècle il reçut le nom de Pont st. Ange, du château de ce nom qui le domine.

Dans son origine ce pont était composé de cinq arches , avec des contre-forts qui servaient à soutenir des statues de la même manière qu' on les y Toit aujourd'hui. On distingue en effet ces cinq arches antiques par une corniche qui décore le iront de Tarchivol te, puisque la sixième arche, celle qui es t du côté du château, a été ouverte postérieurement. Ainsi ce pont, si l'on en excepte cette dernière arche, les parapets et quelques réparations modernes, est tout-à-fait antique.

Une restauration du pont saint Ange eut lieu en 1450, sous le pontificat de Nicolas Y. Un grand malheur arriva à cette époque. Le peuple reyenait en foule de la basilique du Yatican où l'on avait exposé le saint Suaire et où le pape avait donné la bénédiction. La foule sur le pont était si pressée que les parapets cédèrent (ils étaient sanis doute en roauyais état ), et 172 personnes périrent dans le fleuve. Le pape alors ordonna cette réparation , ainsi qu'on peut en voir le souvenir sur l'un des piliers, où on Ht N. PP. Y. ; et afin d' éviter à l' avenir un semblable malheur^ il fit abattre plusieurs maisons qui obstruaient la tète du pont , et forma ainsi la place, dite de pont st. Ange. Ensuite Clément Yll fit placer de ce côté les statues de st. Pierre et de st.

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Paul, doDt la première fut sculptée par Lorenzetto, r autre par Paul Romain. Enfin dans le XVII» siè^ cle Clément IX , sous la direction du Bernin , fit mettre ce pont dans l'état actuel, en y faisant faire la balustrade en travertin, garnie de grilles de fer, et en plaçant de nouveau sur les contre-forts les statues en marbre qu'on voit aujourd'hui. Elles représentent dix anges tenant les instrumens de Ik Passion, et furent sculptées par les élèves du Bernin , à r exception de celle qui porte le titre de la croix, ouvrage de cet artiste.

Le pont st. Ange, ainsi décoré, est sans contredit le plus beau de tous ceux qui existent à Rome.

Vis-à-vis s'élève le

MAUSOLÉE d' ADRIEN.

L'empereur Adrien, en même temps qu'il fit construire le pont que nous venons de décrire , fit ériger ce magnifique mausolée à l' imitation de celui d'Auguste pour lui servir de tombeau , ainsi qu' à ses successeurs.

Ce monument.se composait d' un soubassement de 275 pieds de chaque côté , sur lequel reposait r immense rotonde , qui se rétrécissant à mesure qu'elle s'élevait terminait en autant de rangées de gradins. Le noyau de cette rotonde, bien que sensi-* Elément diminué aujourd'hui , a encore 20U pieds de diamètre, et forme le donjon du château. Selon Procope, la partie extérieure de ce monument était revêtue de grandes plaques carrées de marbre de Pares; le soubassement était orné de festons et de bu* crânes, et au milieu de ces ornemens étaient placées les inscriptions en l'honneur des empereurs qui y étaient ensevelis. Aux quatre angles du soubassement étaient autant de groupes d'hommes avec des chevaux, le tout en bronze aoré et d'une dimension peutêtre plus colossale que celle des groupes qu'on voit sur la place du Quirinal.

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Selon le même écrivain, la rotonde était décorée de pilastres qui soutenaient leur entablement, surmonté tout autour de statues du plus beau travail, et pour se faire une idée de leur sublimité, il suffit de savoir que le fameux Faune de Barberini, ac* tuellement en Bavière , faisait partie de ces belles statues , et il fut trouvé près de là du temps d'Ur* bain YlII. Sur le sommet s'élevait la statue colossale d'Adrien, dont la tète, qu'on voit aujourd'hui dans la grande salle ronde du musée du Vatican, fut trouvée aussi près du fort^ sous le règne d'Alexan^ dre VI.La porte était en bronze, percée dans le son* bassement, vis-à-vis du pont.

En 1825, cette porte fut jetée à bas , puis murée de nouveau; et après avoir déblayé le corridor auquel elle donnait accès , on parvint directement h une grande niche , près de laquelle est l' entrée d' un large chemin en spirale , qui par une pente douce, conduit d'abord à la salle sépulcrale divisée en quatre nichés, et puis jusqu'au sommet. On reconnut que les parois du susdit corridor et celles de la première partie du chemin en spirale furent jadis revêtues de marbres choisis, et que le pavé était en mosaïque. La première partie de ce chemin , qui recevait la lumière par quatre lucarnes en pyramide , fermées aujouiîl'hui , servit de prison dans le bas-àge, et c'était par les Incames que les prisonniers y étaient descendus. Benvenuto Gellini d'après la description détaillée qu' il donne de cet affreux souterrain , fait présumer qç'il y fut lui-même enfermé Tan 1539.

Le monument dont nous parlons était entouré d'une grille en bronze avec des pilastres du même métal, au dessus desquels étaient des paons en bronze doré, dont les deux seuls qui nous soient restés sont dans le jardin du Vatican. Il y avait aussi un taureau en bronze; et quelques-uns prétendent que les

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24 belles colonnes de marbre violet qui décoraient la basilique de st« Pau! sur la voie Ostîense, provenaient de ce mausolée; mais cette opinion est tacitement rejetée par st. Léon et par Procope, qui nous a laissé des détails de cet édifice. D'ailleurs la pro^ portion de ces colonnes ne se trouvait pas enharmonie a?ec r immensité du monument.

Il garda son état primitif de conservation jusqu'au temps d'Honorius, et il est probable que cet empereur, en traçant la nouvelle enceinte de Borne, pro* fita de ce tombeau pour l'employer à la défense de la ville. Toutefois nous savons d'après Procope, que jusqu'en 537 le mausolée se conserva intact dans sa décoration extérieure; mais ayant été attaqué cette même année par les troupes de Vitigès qui ne pu-' rent s'en emparer, les grecs quille défendaient,ayant épuisé tous les moyens de défense , brisèrent les statues pour en lancer les morceaux contre les assiégeans. Ce fut là le premier dommage apporté à ce monument , qui pendant le VI* siècle devint un point permanent de défense. Durant les Vll% Vlll* et IX* siècles^bien qu'il continuât à faire partie des fortifications de Rome, il semble que cet édifice ne fut employé ni comme forteresse, ni comme prison, et cela peut-être à cause de la vénération qu'inspirait une chapelle érigée sur le donjon par Boniface IV, et dédiée à st. Michcl-\rchange, en mémoire de son apparition miraculeuse à Grégoire I , pendant que ce saint pontife passait sur le pont ( appelé depuis st. Ange ) , se rendant processionnellement à la basilique du Vatican pour implorer de Dieu la cessation du fléau de la peste qui ravageait la ville de Bome-

Mais dans le siècle suivant cet état de choses fut changé, puisqu'en 923 ce château fut occupé par la célèbre Marozia et par son mari Albéricset depuis cette époque jusqu'à la fin du XIV* siècle, il tut pres^

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1 ne toujours altcrnativemeiit Tasile des factions qui ésoièreot la ville de Rome. En 974 il était au pouvoir de Grescenzio j nobk romain , et fut appelé alors Castel Crescenzio.Le monument fut donc entièrement démantelé et presque ruiné, et s'il fut préservé d'une destruction complète, il le dut à son extrême solidité et à Tépaisseur extraordinaire de ses murailles.

Dans la suite il fut presque toujours au pouvoir des papes. Boniface IX fit restaurer la partie circu* laire telle qu'on la voit aujourd'hui. En 1499, Alexandre VI en augmenta les fortifications , et le fit communiquer avec le Vatican moyennant un passage pratiqué dans la partie septentrionale des mubs de la Cité Léonine. G*est par ce passage qu'en 1527^ Clément VU put se réfugier dans le fort, lorsque lîome fut saccagée par les hordes du connétable de Bourbon. Sous Paul 111 le châtelain Tibère Grispo, depuis cardinal, fit peindre par Piérin del Yaga quelques chambres et le salon , dans lequel il retraça quelques traits de l'histoire romaine. C'est à cette époque que fut placée au faite de l'édifice la statue en marbre de saint Michel-Archange, exécutée par Raphaël de Monlelupo. En 16S£ , Urbain Vlll fil ajouter au château les ouvrages extérieurs, sous la direction de Marc-Antoine de Rossi, y fit creuser les fossés qui l' environnent , et V édifice prit dès lors l'aspect qu'il a aujourd'hui. Enfin Benoit XIV fit en*lever la statue en marbre dontupus avons parlé plus haut, et la remplaça par celle qu'on y voit aujourd'hui , coulée en bronze' par François Girardini , d'après le modèle de Pierre VerschaS^lt , flamand. C'est dans ce château que Guido, second mari de la susdite Marozia, fit transporter par ses satellites le pape Jean X, qui y mourut peu de temps après, étouffé , dit-on , par l'application d'un coussin sur la bouche.

Hôpital du si. BsprtU 5 i3

Sur ce château , le soir du lundi de Paqaes et à Toccasion de la fête de st. Pierre et de st. Paul, à la fin de juin , on avait coutume de faire un surprenant (eu d'artifice appelé Girandola, On n'aurait pu certes trouver un endroit plus favorable pour un spectacle de ce genre , qui pouvait être aperçu de tous les points élevés de la ville; mais depuis 1850 il a lieu sur le mont Pincio. Ce qui fait surtout U singularité de ce feu d'artifice, inventé par Michel- Ange pour être exécuté sur le château st. Ange, ce sont les deux magnifiques voléesde 4500 fusées cha*- * cune, qui partant toutes à la fois offrent un apecta*^ de vraiment unique dans $on genre, et donnent l'idée des éruptions effrayantes du Vésuve et de TEtna.

Derrière ce mausolée était, ainsi que nous l'avons dit, le cirque d'Adrien. Sous le pontificat de Benoit XIV on en déterra une partie du côté des carceres^ et à la profondeur de iO pieds on trouva les ambu* lacres ou corridors, et les yoûtes qui supportaient les gradins sur lesquels s'asseyaient les spectateurs.

Après avoir dépassé les rempartsdu château, on trouve de face deux rues, l'une Bargo Nuovo^ l'autre Borgo Vecchioj qui aboutissent à la place de st. Pierre au Vatican: la troisième à gauche, Botgo s* Spirito, conduit à 1'

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